^ DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. ^.84/3.7 AiSABi DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DUON, SEANCE PUBLIQUE DU 1 7 DECEMBRE 1827. FRANTIN, IMPRIMEUR DU ROI ET DE L'ACADEMIE. 1827. ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. SEANCE PUBLIQUE DU I7 DjdCEMBRE 1827. ^(»(»(»(»9<^ iVl» Barbier DE Reulle, President a la Cour royale de Dijon , Chevalier de la Legion d'honneur, President de TAcademie , ouvre la seance et dit : Messieurs, Pour la seconde fois dans cetie enceinte , j'implore Findulgence dont vons avez dcja dai- gne ni'honorcr. EUe seule pent me soutenir quand j'ose essayer de trailer devant vous le snjet important de I'instruction sous ses divers rapports. Dans mon precedent discours , parcourant rapidenicnt les champs de la lilleralure; j'enj^a- (6) geois mes jennes conciloyens a preferer nos fleursindij^enes aces fleurs exoliqnes el irop sou- vent inodores que nous allows cherclier dans des cluiiats nioins ainies des nuises. Des considera- tions plus graves se sont depuis presentees a luon esprit , et je desire , Messieurs , les sou- meltre a vos meditations. Mon dessein aujour- d'hui est de vous faire reconnoitre les fruits qui iiaissent sur I'arbre de la science, de vous les montrer pleins d'une saveur vivifiante, lorsque, sur les rameaux sains et viijoureux de cet arbre , nous les cueillons avec discernemcnt et sagesse; inais tonjours amers et niortels, lorsque, d'une main iniprudente ou coupable, nous osons les detacher de ses branches viciees. Eloignes de la nature , parvenus an dernier degre de la civilisation , les lettres et les sciences ont sur nous une influence Irop manifeste pour etrecontestee, tropiniportante pour ne pas atliier nos plus serieuses reflexions. Ellesagissent avec une force sou vent irresistible sur toules nos fa- cultes intellectuelles et morales et les asservissent sous leur em[»ire. Les sciences cntrainent notre conviction et quelquefois cependant egarent notre jugement ; les lettres habilesasaisir toutes les formes, exerccnt sur nous une seduction qui n'est pas toujours sans danger. Des unes et des aulrcs, ne nous le dissimulons point, se coni' ( 7 ) pose la pliilosophie du siecle ou leurs doctrines et leurs opinions ont pre'valii, se sont popula- risees et ont acquis le droit de cite, si je puis me servir de cette expression. L'experience nous demontre combien sont mobiles et flexibles les opinions liumaines, et combien a de force sur elles la philosopbie dominante. Quelle est done la magie altacliee a ce titre si rarement legitime , si souvent usurpe ? Qu'est-ce done que la pliilosophie, si ses pre- ceptes varient avec les temps qu'elle pretend eclairer, avec les liommes qu'elle aspire a guider ; et si chacune de ses diverses ecoles, avec des doctrines ^pposecs, se targue ccpendant d'ea etre rinfaillible interprete ? Sans vouloir par- courir ces diverses ecolcs , fixons-nous un ins- tant sur des epoques rapprochees. Nous avons vu sous Louis XIV la pbilosopliie appuyee sur les veritcs elernelles , animer tout de son esprit , inspirer Bossuet, Fenelon , Pascal, nos ora- teurs , nos moralistes, nos poetes, et marquer pour la France une ere de gloire et d'immorla- lile. Une autre pbilosopliie s'est presentee de- puis, dedaigneuse de marcher sur les traces de celle qui I'avoit dcvancee , amoiu'cuse de nou- veautes, affeclant le mepris de la plupart des verites reconnucs, irrcsolue dans ses systemes , mais absolue dans ses volontes , capricieuse et ( 8 ) violente dans lenr application ; et c'cst sons sa banniere qne noire siecle s'est range. Y auroil-il done plnsienrs philosophies? Non, Messieurs, il n'en est qn'nne, organe de la sa- ^esse eternelle. Fille dn ciel , elle eloit descend ue snr la France et I'eclairoit de son flambeau ; maisdevenuel'objet de rindilference ou du me- pris, elle a quilte uue terre ingrale en n'y lais- sant que son nianteau dont le sophisme s*est convert. Places en ire les deux extremes du Hen et du mal, libres de faire un choix dansle vastedepot des connoissances hnmaines, sachons dislingner nos modeles parmi tant de verites »nblimes et de funestes erreursqnis*y trouvent rassemblees. Si les letlres sont devenues une puissance , ne nous y soumetlons qu'apres en avoir reconnu les avanta^es ou les dangers. Nous offrent-elles la paix dn coeur, le repos de la vie et Tcspe- rance de Tavenir; nous inspirenl-elles I'aniour de la vertu et de la palrie ; reunissent-elles les hommes par les liens d'une muluelle affection; nous font-elles cherir et observer nos devoirs, et lenrs inspirations viennent-elles feconderle genie ? ah ! cullivons ces leltres bienfaisantes : que la chaire, la tribune, les academies, les lycees reienlissent de leurs jusles eloges; propa- (9) geons-les par tons les nioyens, afin qn*elles de- \iennent le type de nos lois, la regie de nos niceurs et les principes de noire instruction. Mais s'il en est qui subslituent I'erreur a la ve- rite, le systeme a I'experience, le scepticisme ou I'indifference a la foi, et I'agitation au repos ; si par elles nos passions sont irriteesj si elles flattent etexcitent nos dangereux penclians 5 si les bonnes lettres enfin penvent en rccevoir quelqu'atteinte , ah ! rejetons loin de nous des maximes tout a la fois inciviques et impies ; et sur les bases qu'un grand siecle avoit si glorieu- sementpose'es, hatons-nous de relever le temple de I'instruclion. En vous annoncant, Messieurs, le dessein de vous enlretenir sur rinstruclion , si nous ne nous sommes pas occupe plutot de vous la de- finir , c'est dans la persuasion que vous ne la confondriez point avec renseignenient; ces deux expressions , quoique vulgairement syno- nynies, ayant cependant entre elles une dif- ference sensible. Mais pour niieux preciser cette difference, nous croyons pouvoir dire que I'en- seignement est a I'instruction ce qu*est I'adoles- cence a la viiilite. L'enseiijnement en effet a^it plus sur la raemoire que sur le jugenient, tandis que raciionde I'instruction s'etendantgenerale- ( 10 ) mcnt surioulesnos fiiculiesuilellectnelles et rao- rales, determine leljon ou le niauvais emploi Je ce dont renseignement a em ichi la niemoire. Si nous avions a vous entrelcnir de rensei- gnement , notre lache seroit fiicile et douce. La justice que nous nous plaisons a rendre aux utiles et constans efforts de rUniversite , la rempliroit tout entiere. Toujours et plus que jamais fille ainee des Rois ires-chretiens , I'tJ- iiiversite justifie ce noble litre par ses lalens dis- tingues , par ses principes religleux et monar- cliiques. La sagesse chez elle est la compagne du savoir. Foyer de lumiere, I'eclat s'en re- flecliit sur lous les corps qui en font par tie. L'illustre prelat qui la dirige , les membres qui la composent, rivalisent de zele et de lalens ; tons egalement meritent notre confiance et exci- tent notre gratitude. Mais la puissance de I'Uni- versite, renfermee dans son sein, ne s'etend point au-dela. Sur ses parvis attend I'esprit du siecle pret a s'emparcr d'une jeunesse encore irrefle- cbie et totalement etrangere au monde qu'elle va habiter. C'est alors que quittant, comme jn9 ) pouf opposer tine resistance a iios passions j n'avons-nous pas la conscience , ce juge in- corruptible doiit nous ne pouvons etouffer la voix sans entendre anssitot celle dechirante du remords? L'ignorant et le savant, le panvre comnie le riclie , sont egalement pourvus de ce sens de I'anie atlentif'a toutes nos pensees, con- tre-poids si necessaire a la liberte noire plus bel apanage , trait caracteristique de notre haute origine et qui seul pent donner de la valeur a nos actions. Nous parlous de la liberte. Est-il un etre pins librequelepliilosophe chretien? Les lois divines sont ecrites dans son coenr , il se plait a les ob- server. II est libre , parce qu'il gouverne les pas- sions dont le niecbant se laisse niaitriser. II sait qu'un bant prix est attache a cette resistance , il y croit, il I'attend et combat ses penchans pour obtenir ce prix de sa victoire et de son obeissance. Considerez le chreiien sous les rap- ports civils, les lois humaines ne lui offrent que protection , car il ne pense point a les enfreindre. Egalement eloigne de rindependance et de la servilite , il respecte le pouvoir et ne le flatte ja- mais. II dedaigne la plainte importune et laisse a rambilieux la basse adulation. Est-il appele aux conseils de la nation ? vous distinguez sa \oix , vous le voyez eiubrasser le parti le plus ( 20 ) sagej et son opposition dcvieut-elle necessaire , toujours egalement fermeetniesuree^elle saura concilicr a la fois le respect du an ponvoir, la paix interienre et les liberte's pnLliqnes. Liberte ! don precieux ^ toi qne nous con- noissons encore si pen , toi dont on a tanl de fois profane le noni et le caractere, dis-nous si jamais tii peux etre plus forte qu'en t'appnyant sur la loi divine. Le chietien seul, nous venous de le voir , te possede tout entiere. Voudrois-tu done que la sociele , de discordes en discordes , de secousses en secousses, s'ebranlat chaque jour et s'abimat sous ses mines pour te placer sur des debris ? Non , tes pensees sont plus nobles, tes jugemens plus sains, tes desseins plus eleves. Tu ne pretends regner que sur des lioninies reunis. Tu crains et tu nieprises Tal- liance des passions , auxiliaires interesses el perfidcs 5 niais tu te con Ties dans la loi divine , dans cette loi qui, en abolissant I'esclavage et en rendant les liommes egaux devant elle, a voulu cependant qu'ils fussent soumis aux puis- sances etablies pour les conduire et les gouverner. Tu te confies dans cette loi, qui, « egalement cc obligatoire , nous dit vm auteur , pour cclui « qui commande, et pour celui qui obeit, det- cc vient ainsi le seul joug que puissent subir les ( 21 ) cc Rois et la source des seules et vraies liberies cc du pen pie. ^j C'est ainsi que la philosopliie de la revelalion nous elevant jusqu'au ciel pour y confoudre noire admiration dans un senlimenl d'amour pour I'auleurdu monde, descend jusqu'auxpro- fondeurs de noire ame, jusqu'aux abimes de noire cceur, pour nous faire connoitre a nous- memes. C'est ainsi qu'en nous faisant aimer nos semblableset reglant sur unemuluelle affeclion nos rapports avec eux, elle etablit dans les so- cietes humaines eel ordre qui, semblable acelui de I'univers, assure aux nations et leur prospe- rile et leur duree. Pourquoi fant-il que les limitcs que je dois m'imposer, et plus encore la foiblesse de mon talent, nuisent a de plus amples developpemens sur I'immense bienfail de la revelation , de cet evangile que Guillaume de Tyr appelle « un cc traile solennel entreDieu etlesliommes, 35 de cette loi divine qui, ainsi que le dit Massillon , cc n'ordonne aucune vertu qui ne soil conforme cc a nos interets? » Yoyons cependant encore si cette science de I'ame ue nous conduit pas plus surement que toule autre aux sciences humaines et ne nous en facilite pas I'etude. Et d'abord, Messieurs._, (22) disons-le,{lcnxor(lresdislinctsrenfermenltonle5 les connoissances que nons poiivons acquc'Tir : I'un absolu don I nous venous de vons entre- tenir, I'autre physique qui comprend lout ce qui pendant celie vie peut nous etre utile ou nous procurer des jouissances. Or, ces deux ordres, sortant d'une seuleet nieme source, doivent ne- cessairement y remonler et s'y reunir. Le se- cond de ces ordres, si nous somnies de bonne foi , nous ramenera toujours au premier , conime celui-ci nous conduit au second. C'est du ciel que descend jusqu'a nous la chaine des verites, toutes s'y lient enlre elles, les sciences liumaines plus rapprochees de notre sphere en formenl les anneaux inferieurs.Leurs verites ne peuvent acquerir de la certitude qu'en se rattachant a des verites superieures. L'or- gueil, en brisant ces anneaux, en interrompant cette chainc, ne peut qu'enfauter dessystenies, rendre ainsi la science incertaine, ou nous jeter dans I'erreur. Qui ne concoit d'ailleurs que notre intelli- gence eclairee par la science divine ne soil plus apte a saisir les sciences physiques ? Elles se de- velopperont d'elles-nienies aux yeux du philo- sophe chretien, etla rectitude de son jugenient exerce sur des matieres elevees le sauvera (\es ecarts de son imagination. Telsfurent NcAVton, ( 23 ) Descartes , Leibnitz , Pascal , MalleLranclie , et tant d'autres savans qui ont ouvert ou explore la mineinepuisable des connoissances liumaines et facilite ces sciences a leiirs successeurs. Ne craignez point que de tels homnies abusent ja- mais de leur genie pour tenter de rendre proble- iiiatiques les verites d'un ordre superieur , les ve- ri tesabsolues. II n'appartientqu'al a fausse science de tourner le bienfait contre le bienfaileur. Apres avoir demontre I'heureuse influence de la religion sur les sciences, vous parlerai-je des tresors de Tanliquile qu'elle a sauvt's de la bar- baric et de I'oubli ? Vous rappellerai-je les tra- vaux de ces Cenobites, objets aujourd'liui de nos dedains ? cctte reproduction, fruit de leurs veilles , si lente alors et si faslidieuse, des ou- vrages des anciens ? la conservation des langues savantes que ng^s devons a leur sollicitude ? Enfin, Messieurs , si avos sentimens de recon- noissance pour la religion revelee, je voulois ajouter la conviction de sa necessite pour les let- ires, je vous dirois, Tournez vos regards sur rOrient , ce berceau de riioninie et de la civi- lisation; voyez ces belles conlrees et rappelez lous vos souvenirs. Le sabre de Mabomet en a banni le Clirislianisnie. Considerez-les aujour- d'liui ecrasees sous le plus aff'reux despolisnic et rongees par la rouille de la barbaric. Pour ces (24) iiialheurenses conlrces , le temps y paroil de- po\irvu (le ses ailcs et n'elre arnie que de sa faux : il ne niarche que pour la destruclion. Une seule nation heroiqne , fidele a la foi de ses peres et sons I'etendard de la croix, combat con Ire nne indigne oppression. Seule an milieu de ces hordes feroces et stupides, elle a conserve quelques etincelles du beau fen qui animoit ses ancetres. Vous ne trouvez que tenebres par-lout ou ne luit point le flambeau du Christianisme. Jelez les yeux sar I'Europe, et dites-nous a qui elle est redevable de la civilisation , des sciences et des beaux-arts. O vous que je viens de nommer! vous qui, comme les fleurs qui parent la nature, semblez etre ncs d'un sourire du Crcateur, vous qui appartenez tout a la fois au genie, a I'imagi- nalion et au gout, delassemens||^u sage, cbarme de la vie, orncment des nations, beaux-arts, je vous salue ! vous qui n'oubliales jamais voire heureuse origine et qui, tels que ces fleurs aux- quelles nous vous comparions , dont les pre- miers parfums s'exlialent vers le ciel , consa- crates loujours vos premiers hommages a la re- ligion. La poesie , nous le savons , colebra la Divinile avanl de chanter les heros; I'archi lec- ture eleva des temples avant de construirc des palais5 les premiers sonsdelalyre, unis aux ac- ( =5 ) tens de la voix , retentirent dans le sanctuaire ; le ciseaii des Phidias et des Praxitele ne fit naitre du niarbre que les Dienx de la palrie ; et lorsqiie,dansdes temps plus pies de nous, Tart de la peinture eut acquis sa perfection , ce fut pour suspendre ses chefs-d'oeuvre sous les voutes de nos basiliqucs. De iiieme que, depuis le cedre du Lihan jus- qu'au lys de la vallee, nous devons toutau Crea- teur; ainsi , depuis la science de Tame jusqu'aux connoissances humaines et aux talens, nous de- vons tout a la Religion. Pouri ions-nous trop le redire ? La philosophic chretienne embrasse et remplit le cercle entier de nos connoissances : toutes lui doivent leur conservation et leur perfectionnenient , toutes s'y rapportent et s'accordent avec elle. La geo- logic ,1a physique, I'astronomie, sciences portees aujourd'hui a un si haut degre, ont fait justice des arguties de la mauvaise foi et des chicanes de I'irreligion. Yous presenter, Messieurs, dans toute rini- parlialile de notre caractere et sous la protection d'autorites irrecusables , le contraste des deux philosophies, c'est vous rendre les juges de celle qui meiite la preference. Et si nous avons su vous convaincre que rinstruction s'appuie ne- cessairement et loujours sur la philosophic do- minaiite , vous en aurez conclu rimportancc trim clioix qui influe si puissamment sur nos iuterets les plus cliers. Sans doute on nous dira, Dans un siecle lei que le noire , quel besoin de choisir un aulre mode d'inslruction ? Contemplcz ravaucement del'espiil humain : n'eles-vous pasfrappesd'ad- iiiiralion a I'aspect du progres des lumieres ? ue vous elonnez-vous point de Telan qu'elles out donne a la pen see , de celle conimolion elec- trique qui de la France s'est communlquee a toules les nalions et leur a donne une nouvelle energie ? Ah ! la philosophie moderne nous eut- elle quelquefois egares, convenez au moins des avanlages que nous en avons retires. Oui , je I'avouerai, Messieurs , aux yeux d'un ©bservaleursuperficieljrienn'eslbrillantcomnie noire surface : leplus sage,lenieilleur, lemieux aime des Rois; les niembres de son augusle fa- niille, conime autant de vertus, lui servant de cortege; Tenfant du miracle croissant aux picds du trone comme un jeune lys qui doit fleurir un jour; une constitution sagement combinee , I'elite de la nation gardienne de nos liberies, la justice imparlialement retribuee, desfuiances prosperes, une armee fidele et brave, un com- merce florissant; Tindustrie et les arts, accruset perfeciionncspar les sciences, produisantchaque (=7,) jour dcs protliges crulilite on d'agrement : que de 1 ichesses ! Mais sur quoi reposenl-elles, et qui nous en garantit la possession? Qu'importe que les champs de la Sicile soient fertiles et parfumes, 61 les volcans fermentent sous leur sol ? Quel conlrasle entre ces dehors et notre situation morale! Faut-il done vous la signaler cette dis- semblance ? Ah ! vous la connoissez commemoi. Je ne veux point ici exciter vos alarmes 5 mais j*appelle la sagesse a notre aide pour assurer la duree de tous ces hiens dont je me suis plu a \ous offiir le tableau. Que de fois geoiissant sur les attaques sans cesse portees contre la digue la plus puissante a opposer aux passions , que de fois indignes des principes subversifs de la mo- rale et de la societe repandus avec profusion , que de fois enfin effrayes de la division dans les esprits et des entreprises d'une liberte mal en- tendue, nous rappelanl le naufrage ou lout a failli perir, n'avous-nous pas cru entendre de nouveaules ventsdelatempete, et n'enn'avons- nous point apprehende le relour ! Hatons-nous done de fixer notre situation en donnant une bonne direction a Tesprit pu- blic 5 abjurons les principes qui nous out egares, et sur-tout regenerons rinstruclion. Quels en peuvent etre les moyens ? II ne nous appartient point de les indiquer, et nous dcvons (28) ies abaudoniier a la sagesse du Gouvernement. Peul-elre pense-l-il a donner un autre cours aux idees en enconrageanl I'etude des sciences mo- rales, en diniinuant rimportance altacliee pres- qu'exclusivement de nos jours aux sciences phy- siques. II ramenera sans doute le gout des produc- tions d'un siecle qui svit reunir a la saine philo- sopliie, Ies beautes de Tanlique, Ies charmes de la diction et la purete du style. Un choix sage, egalement eloigne de I'exage- ralion qui proscril et de la foiblesse qui iran- sige , conservera dans Ies successeurs du grand siecle tout ce qui peut etre utile aux sciences, agreable sans danger et favorable an bon gout. Ce choix seroit digue de nos savans et de nos hommes de lettres. Qu'on leur fasse un appel , ils se hateront d'y repondre. Combien en est-il d'estimables par leur science profonde , leurs saines opinions et leurs \eritables talens \ C'est ainsi que Ies nations qui d'abord furent initiees au Christianisme par des hommes depourvus de science et par I'autorite seule d'une doctrine su- blime, retrouveront dans Ies savans de nouveaux apotres et des regenerateurs,etque remplissant I'augure de M. de Bonald, ces savans recommeu- ceront la religion que Ies peuples avoient com- mencee^ et alors noire existence politique el ( ^9 ) morale sera soutenue et defendue , iios sciences- et DOS lettres coiiserveront celte preeminence que toutes les nations s'empressent de recon- noitre. Gardons-nous, pourarriver a ce but, d'irriter les passions et moins encore Tamour propre. La polemique a ses dangers. Dans ces sortes de luttes ou Ton se bat corps a corps , ou rareraent on terrasse son adversaire, on ne se retire que mutucllenient blesses et plus aigrisque jamais. Faire aimer ce qu'on doit aimer, eviter ce que nous devons eviter 5 telle doit etre Tessence de rinstruction , et la vraie pliilosopliie pent seule nous indiquer avec certitude ce qu'il faut rechercher ou fuir. Penetrons la jeunesse de la necessite de cette science divine, elle la de- tournerade tons penchans indignesde riiomme, II en est un sur lequel on ne peut se taire, nous voulons parler de cette soif des ricliesses qui chaque jour devient plus vive. Abjurons cette passion nouvelle 5 ne I'entretenons plus par ces chances de fortune qui lui sont trop souvent of- fertes. Cette passion , Messieurs , avilit et mate- rialise Fame; elle eteint en elle les sentimens genereux, absorbe la pensee , la detourne de toute noble occupation et renforceregoisme. Le culte du veau d'or fut tou jours etranger a la France, cessons d'y encenser ses autels. ( 3o ) Je crois vous avoir denionlre que lovis Ics sys- lemes, loutesles iheoiies, doivent ceder a la ve- ritable sai^esse, et que la philosophic qui en eniane peut seule retreniper Tesprit public. Lorsque sur Taulel de Yesta , le fen sacre , ce palladium de la ville eternelle, venoit malheu- reusenient a s'eleindrc , Rome n'empinntoit rien a la terre pour en rallumer la flammej c'eloit aux rayons d'un soleil pur qu'elle etoit ravivee. Toutefois dans voire juste impatience voulez- voushalervotre regeneration ? II est uue seconde providence sur la terre , celledesRois. Portez au iiotre nos voeux , croyez que son noble caur s'empressera de les remplir, et que bientol vous en ressentirez les heureux effets, car rien n'ac- live le bicn comme une volonle royale. cc Si cc nous etionsassez heureux, dit Leibnitz, pour cc qu'un grand monarqne voulut un jour prendre cc a coeur d'elendre Tempire de la religion et de cc la charite, on avanceroit plus en dix ans pour cc la gloire de Dien et le bonheur du genre hn- cc main,qu'on ne feroit autrement en plusieurs 7., p. Q.'d a la note)^ par la pluie qui amollit Tecorce, et par le soleil qui, en lui succedant, fait cuire le liber et ledesorganise. Cette explication n'a pas paru satisfaisante a la Commission. Aussi, d'a- pres les details qui lui ont ete fournis, elle a reconnu que les pretendus coups de soleil n'etoienl que la Gelivure que Duhamel et Buffon {Act. Paris. I'j'dj) ont demontre dependre de la gelee qui atleint I'arbre lorsque son ecorce est penetree d'humidile , ce qui a lieu lorsqu'apres la pluie par un vent d'ouest, le vent tourne au nord, apres le soleil couclie, comme cela arrive assez frcquemment au prin- temps. C'est a cette cause qu'il faut attribuer la gelivure que les tilleuls dc nos remparts of- frent du cote du sud-ouest {Act. Divion. 1820, pag. 55-56) , gelivure qui occasionne la carie de leurs troncs, dans la cavite de plusieurs des- quels on remarque des stalactites noires, lui- isantes, formees par de I'ulmine combinee avec ( 45 ) de la potasse : aussi se dissolvent-elles tres bieij dans I'eau froide. Depuis quelques annees plusieurs savans se sont occupes des nioisissures qui croissent a la surface des substances fermentescibles exposees au contact de I'air atmospherique. Sans entrer dans les explications, peut-etre hypothetiques, de I'origine de CCS productions, dont MM. Bory- Saiut-Yincent et Desmazieres se sont occupes, la Commission s'est bornee a preciser les faits. Elle donne , avec Persoon , le nom de JMy co- derma a cette membrane plus ou moins epaisse qui forme une pellicule souvent tres etendue a la surface de divers fluides vegelaux, et re- couverte d'une poussiere tres fme {Propagulesy que le souffle disse'mine dans I'air. Cette pellicule, designee sousle nom de Fleur, se presente a la surface du vin , sous deux etats. Si le vase est ferme et contient cependant une certaine quantile d'air, la pellicule est blanche^ mince , fragile , comme on I'observe dans les bouteilles et les tonneaux mal bouches : c'est i'etat rudimentaire, indiis c\Ao\e,d.\iMycoderm.e du vin. Si la pellicule se developpe dans I'air atmos- pherique , comme on I'observe autour des en- droils des tonneaux, a travers lesquels il se fait une filtration de vin , elle se presente sous (4<5) la forme d'une masse miicilaj:5ineiisc, qni , lant qu'elle est humide , of'fre uii grand volume , el qui, par ladcssiccalion, se reduitpresqu'a rien; plienomene analogue a celui que prcsentent la gomme adraganl, le salep, etc., etc. C'est dans ce Mycodej^me que se developpent les larves de \Ips ceilaris , que leur lete ecailleuse fait disiinguer facilemcnt de celles de la mouche des colliers, Musca cellar is ^ Linn. Cette pcl- licule est conniie depuis long-temps, et notre confrere le D. Tournon I'a decrite en 179^? sous le nom de T apier viiiaire fM.[x*^i\s, Encycl. 1798. Tom. 6, pag. 387. Lorsque la pellicule se developpe a la sur- face de I'encre , ou elle prend les noms de JMoislssure , Fleurs , Champignons y etc., elle se presente d'abord sous la forme de points blancs, qui s'elargissent peu a pen, couvrent toule la surface de I'encre et fornient une pel- licule gris de souris, chargee d'un duvet court anqucl tiennent des propagules nom})reux que la plus Icgere sccousse dissemine dans Talmos- pliere. Elle est due a la decoction do noix de galle enqiloyee dans la fabrication de I'encre, Sa production dans les encriers est fort incom- mode. On a consedle, pour la prevenir , I'oxide rouge de mercurej mais ce nioyen n'est pas (47) ^ sans danger. On a recommande le campllre qui reussit a la ve'iite, mais qui alteie I'cncre. On a prescrit Taddition de quelques clous de gi- rofle dans Tencrier^ niais il faut les renouveler souvent pour s'opposer au developpement du M^coderme de I'encre , qui pourroit Lien n'elre qu'une variele du My coder me du vin. 11 en est de nierae de ce Mycoderme des mets , qui dans nos cuisines se developpe sur le court- bouillon abandonne a lui-meme, sur les substances alimentaires conservees trop long- lenips , malgre les substances aromatiques em- ployees pour les assaisonner. On sait aussi que cette pellicule s'observe sur certaines confitures, malgre le sucre qui entre dans leur compo- sition et malgre I'eau-de-^ie dont les mena- geres impregnent le papier qui les couvre im- mediatement, M. le comte Cliarbonnel a adresse a la Com- mission des epis d'une cereale qu'il avoit cul- tivee en grand, sous le nom de Riz sec , et qu'il avoit reconnu ne pas offrir les grands avan- tages qui lui avoient ete attribues. La Commis-* sion n'a nullement ete surprise du jugement porte par M. le comte Charbonnel sur cette ce- reale , quel'identitedesonnom tire du mot latiu brlzaj avoit fiiit confondre avec le riz. Les epis ( 48 ) _ tiivoyes cloient ceux de la petite epeaulre, fro- nient locular , Triticum uionococcuni ^ Linn, "vante a outrance par les journalisies. M. Chasle dc la Touche , dans son Essai sur La culture du chanvre dans les DSpar- temens de I'ouest, dit que , par une bizarrerie inexplicable, la tigequiporte les etaniinesestap- pelee F erne lie , et que celle quiportel'ovaireest appelee Mdle. Cette bizarrerie s'expliquera faci- lenient si Tonse rappelle que I'existencedes sexes dans lesplantes, enlrevue par Theophrasle, n'a pas ete connue generalement avant les ira- vaux de Vaillant el sur-tout ceux de Linne. Cependant si M. Chasle de la Touche eul ki I'excellente monographic derherbeP<2«r^^rz/ooo est 4^?ooo qui est le nombre des fa- gots de perches employes chaque an nee a cet usage. Total des perches et paisseaux 192,000 fagots 'y le prix comniun des uns et des autres est de 80 centimes le fagot , ce qui donne la sorame de 1 53, 600 fr., depense's annuellement pour les echalasdeces 9,000 journauxde vignes. Comme les benefices du marchand de bois et ceux du fendeur se trouvent necessairement compris dans cette evaluation , cet autre calcul apprend avec plus de precision ce que ce genre de culture coute aux forets. i44>°oo Fagots de paisseaux a 5o paisseaux par fagot 5o donneut 7,200,000 paisseaux, lesquels a 5 paC- biiche donueut 5 1,440,000 buclies. 48,000 Fagots de perches a 25 perches par fagot ^5 doimeut 1,200,000 perches, lesquelles a 6 par buche, douueut 6 200,000 buches. Ainsi , pour le seul service des vignes , les forets des trois cantons de Semur , Montbard et (62) Flnvigny, onta fournircliaqae an nee, i,44^>OQ^ buches de 4 pouces de dianielre sur 4 pieds de hauleur , et 200,000 Liiches dii nienie dia- nielre , sur 8 pieds de longuear. Ces calculs parlent d'eux-memes. L'auteur du Memoire termine en presentant la cullure en treille, conmie aussi conlraire anx ■vignes dorairondissement de Semnr, que rui- iiense ponr ses forets. EUe s'opposc a la ma- turile du raisin 5 et, offrant plus de prise aux venlsinipetueuxqiii regnentdansces monla^ncs, elle est souvent la cause des de'j^ats qu'ils y occasionnent. MEDECIiVE. Diverses observations de niedecine ont ele transraises a rAcaderaie. L'une, envoyee par M. Andriot, medccin a Fonlainc-Francaise, est relative a un IVclus liy- drocephale, dont la tete, niesuree circulaire- menl des bosses frontales a la protuberance occipitale exlerne, avoit 35 pouces de circon- ference. Le corps de ce foetus etoit sorti dc- puis trois jours, et la tete, retenue au-dessus du detroit superieur, par son volume extraor- dinaire, ne fut rendue qu'apres une ponclion praliquee a l'une des fontanelles posterienres. M. le docteur Andriot , par le secours d'un entonnoir, remplit d'eau la cavile du crane ct (63) put ainsl s'assurer des dimensions dont nous avons park'. Une note relative a des portions de foetus rendues par les selles , a etc lue a rAcadcmie par M. Y allot. Ce fait a ete observe chez une femme Lien constituee en apparence , mais dont les accoucliemens etoient tres laborieux. A I'age de 4o ans, cette femme devint grosse pour la quatrieme fois, et au mois d'aout 182.4 elle eut une perte uterine tresabondante et res- sentit des doulenrs comme pour accoucher^ce- pendant il n'en fut rien ; le ventre diminua de volume , et les regies se retablirent comme dans I'etat ordinaire. La malade, continuellement souffrante, et ressentant toujours dans le ventre une tnmeur incommode, se crut atteinte d'ua squirre. Au mois d'octobre 182.6, cette mal- heurense femme eprouva dans le rectum une douleur Ires vive produite par la presence d'uu corps etranger dont elle se debarrassa et que I'on reconnut etre un os de foetus. Cette decouverte apprit que la malade, attein te d'une grossesse extra-uterine, rendroit encore quelques portions osseuses du foetus, mais que I'etat d'affoiblissement dans lequelelle se trou- voit ne lui permettroit pas de supporter les suites de cette anomalie. Effectivement la ma- lade ne tarda pas a succomber, et la dissec- (64) tion fit connoitre rcrosion de rintestin clans lequel s'engageoient les porlions osseuses dont la presence flusoit resseudr a la nialadede si vives donleurs. Le nieme meniLre a lii nne Notice sur des pepins de f raise s pris pour des concretions muqueuses et biliaires. II a signale ce fait pour premunir les medecins contre les erreiirs qui son t la suite d'un jugement Irop precipite, etdonlles recueils de niedecine fournissent de frequens exemples. L'auteur, dans celte no- tine , a rappele les doutes que de savans hcl- 2iiindiologistes ont eleves sur le Ditrachyceros j^udis de Sulzer , qu'il seroit tenle de soup- conner etre des graines de Cumin , Cuminunt cyminum , si fort employe en Alsace pour aromatiserle pain 5 il a ensuite parle des grains de ble y d'orge ^ d'avoine, et des ^pis de ble rendus par certains malades ; il examine les recilsde Lycoslhenes , repetes par Aldrovande , et celui de Kerkringius 5 il fait remarquer les differences qui se Irouvent entre les faits rap- porles par ces auteurs , et ceux signalcs pay de bons observateurs qui ont effectivement vu sortir de quelques abces des epis de gra- niinees, pourvussurleurs barbesd'epines retro- grades , et il fait observer que les recils de Ly- costhenesjde Kerkringius J etc.^ sont fondcs suj" (65) la denomination iS! Atfierome , donnee a des ttt-» men rs , de ronverlure desquelles sort nne maliere pullacee , melee de petits grains opaques , blancs y micaces, a surface lisse , formes par cette meme substance devenue concrete. En effet, le mot Atherome yVVi^ du greca9i^ca,espece de bonillie, derive d'ct9>?/>, epi de ble , explique convena- blement la source du recit de Lycosthenes qui, pour faire connoitre I'histoire d'une femme, rendant une vomique, I'a representee reje- tant par le nez et par la bouche des epis de ble. II est en effet une foule de recits anciens qui paroissent extraordinaires , parce que les autenrs qui les rapportent ne se sont nuUement attaches a les preciser, mais se sont bornes a les repeter pour dire quelque cliose d'extraor- dinaire* Dans la saison ou les grandes clialeurs sug- gerent a I'Autorite I'emploi de mesures propres a prevenir les accidens que la rage occasionne dans Tanimal , compagnon fidele de Thomme , il est necessaire de faire connoitre ce que I'ex- perience apprend de plusieurs medicamens van- tes a ou trance contre la rage. Laisser dans une securite trompeuse sur leur effet seroit ne pas favoriser les progres de la science. Les sommiles fleuries du Genista tinctoria , Linn. J ont ele vantees contre la rage. En i825j 5 (.66) au niols tie jnillet , on amena a I'liopital de Dijou sept individiis qui avoient ete niordus par nil cliien presume enrage. On les soumit an iraitenicnt de la cauterisation , et Ton en- Iretint la suppuration de leurs plaies pendant quaraute jours. Dans le cours de ce traiiement, on administra a ces nialades de la deeoetion de genet , preparee avec une once de genet pour nne bouteille et demie d'eau. L'effet de ce medicament fut telqn'il f'allut I'abandonner apres le premier jour d' usage. Cctte decoction produisit cliez tons une agitation excessive j Je sommeil , qui ctoit habiluellement calme et tranquille , fut prodigieusementagitej des reves fatigans tourmentoient lesmalades^ ilscroyoient loujours etre attaques par le chien qui les avoit mordus. L'agitation se prolongea meme dans la journee du lendemain 5 elle se manif'esta par des menaces et des imprecations contre le proprietaire du chien. La cessation du remede ramena le calme chez les malades qui, apres six scmaines de traitement, sortirent de I'lio- pital, tons Lien gueris. Get efiet de la decoc- tion du genet ( Genista tbictoria, Linn.), ob- serve a I'hopital de Dijon , est enlicrement pareil a cebii observe a Vailly par M. Deslrez, doclcur-medecin, et doit consequemment fixer ratteniion des medecins praliciens. IIISTOIRE NATIRELLE. Depuis pins d'lin siecle et demi, l*eUKle de riiistoire nalurelle de la Bourgogne a allire I'attention de plusienrs de nos compalriotes. Les notices qu'ils nous ont laissees de leurs tra- vaux piesentent des recherches cui ieuses ; niais le pen de precision avec laqnelle ils les ont rediijees - les rendent d'une intelliiience diffi- cile. C'est ponr ramener a I'etat actuel de la science les liavaux de ceux qui nous ont pre- cedes dans la carriere, que M. Yallot , docteur- niedecin , s'est livre a des recherches qu'il s'est empresse de conimuniquer a I'Academie. Apres avoir rappele les details donncs par Buffon (i) sur la Montague de Langres , dont le prolongement, qui nous borne a Test, se- pare le Lassin du Rhone , des hassins de la Seine et de la Loire , il fait observer que I'ele- valion du departement de la Cote-d'Or elant la meme que celle du departement de la Haute- Marue (2), c'est la contre'e calcairela plus elevee (1) Histoire nat. Suppl. , torn. V, p. 149-160. Journ. de pliys. , torn. XXX, 1787. Pag. 20, tabl. 1. Navigat. inter, de la France, 1820, pag. 63. (2) Descript. de la France. Bourgogne , pag. 235 , note. Journ. depliys., torn. XXIII, 1783, sept, j pag. \()5, (68) de la France (i). II rappelle Ic travail de feu Lcsclievin snr la Constitution gdologique de la C6te-d^ Or , et fait remarqucr que la chaine du Morvant {grand mont ^ grand rocher), est iin rameaii des nioutagnes graniliqiies du centre de la France, qu'elle se prolonge sous le calcaire et reparoit aux environs des com- munes de Malain, Mcmont (^ Aledius mons) et Remilly. C'est de ce dernier endroit que se lirelePsamniite quarzeux(Arkose commune), employe sous le nom de granite pour paver les chaussees (^A^haussees , dont Vh est pro- nonce ch conimedans inichi, nichil \)Owv mihi, nihil)', il est bien different des cailloux sili- ceux roules, iransporles jadis a grands frais , a Dijon, du Rhone ou de la Saone^ cailloux que Guettard {Act, Paris. 1^63, pag. i4t)> regardoit a tort conime calcaires , et qu'en- suiie ( Mem. torn, i, pag. 36o ) il appela jus- tenient granites roules, parce qu'ils sont effec- livenient des portions desagregees du granite des Vosges ( et non de Bourgogne comme il est dit a tort , Diet. se. nat. torn. ^6 , p. 5oi), entrainees dans Ic Rhone par la Saone. Ces cailloux roules ont ele confondus par Desnia- rets {Ene^cl. ineth. geogr. physique ^ torn. 3, (1) Journal des Mines, torn. XII, pag. 291. (69) p^ig' 49^)? sons le iiom de Cos , avecle Psam- mite calcaire qui forme des bancs assez etendns a Test et a I'onest de Dijon , et dont on ne s'est jamais servi pour paver. Ces memes cail- lonx routes en ont aussi impose a M. Bosc qui {Nouv. Cours comply d'agric. 1822, torn. 11, pcig. 168) sous le nom de P/^/Zi-^^ ( entiere- ment inconnu a Dijon ), les a confondus avec les rognons de Psammite calcaire ; ces rognons sont unis par un cimenl, dans lequel on aper- coit souvent des cristaux de Cliaux carbonatee meles quelquefois avec une substance terreuse ; et colore, suivant Guyton Morveau,par Toxide de Manganese, de la menie manicre que les portions bleues des pierres de nos carrieres. M. Vallot parle ensnite des diverses variele's de Cliaux carbonatee que nous offrent nosmon- tagnes. II parle du calcaire grossier, dur, fis- sile, employe journellement pour couvrir des edifices, et connu vulgairement sous le nom de Lave. II fait remarquer que ce nom, iden- tique a celui employe pour designer une pro- duction volcanique , a une autre etymologic. II est en effet lire du mot Lastrum , dont le radical iL^/^r sign i fie brique, tuile : c'est dela que derivent les mots Losas (castillan), Laouzo (languedocien), employes pour designer les larges pierres plates. ( 7° ) L'autenr rappellc que le Torphyrede Flxbiy decrit par Biifron,appelti par d'Argcnvllle Vor- phyrlte de Fixin , a loiites les propiicUcs clii carbonate de chaiix , et qu'il est surprenant qu'un autiquaire , arrivant de Rome ( 'J^ablett. de BoiiJ'gogne y 1768, pag. 1B9 , par I'abbc Richard) , ait pris,poiir da plus beau porpliyre, la table ovale sur laquelle est inscrit : Salle de la Coniedie, lyi'o- L'auteur fait connoitre que le Sparz (^Sic) jauiie, transparent , a aiguilles, du terriloire de Premeaux ( De script, du Due he de Bour- gogne J torn. 1, pag. 4^4)? appele par Be- guillet Natron spathique jaune ^ et Pierre de Tremeaux (Descript.de la France. Bour- gogne, pa«. 1.6'j^^ est nientionne dans Ics re- gistres de 1' Academic, ( i '](i'^<, v. /^,fol. 26) , sous le nom de Cristal opaque et jaune de la montagJie de Premeaux ; c'estla Chaux car" bonatee spiculaire y d'Hauy. Le 12 aout 1778, M. Guyton de Morveau a fait connoitre a I'Academie le Schiste bitunii- TJeuxde Sombernon ; maisdepuis, feu Lesclievin, avant decrit ce schiste bituminiferc qui forme une couche tres etendue , a reconnu qu'il ne pouvoit eire d'aucun usage, tant que Ton ne trouvera pas de veines pures. M. Vallot passe ensuilc a quclques pclrifl- _ ( 70 cations Irouvees dans le departementdelaCote- d'Or. Le fameux Sanmon petrifie, Irouve en 1747 9 a Grammont, el depose aujourd'hui au cabinet dii Museum d'hisloire naturelle de Paris, est VElops macropterus ^ Blainv., don t on a re- trouve d'autres echanlillons dans les loehes des Vach es n oires ^ e n No r m a n d ie . Les grains de ble ^ le niousseron el le cra- paud petrifies, trouves aLamotte Ternant, sont des Camerines , un Cajyophyllo'ide ^ et une Geode ou nne pierre pseudomorplie. Les Fuseaux de Sainte-Reine sont des Be- lemnites. Dans un MS. intitule : Histoire de Bour- gogne et conserve a la Bibliolhequedela vilie, il est parle, page 2.64 , d'une petite source dans le voisinage de Chalillon , qui de temps a autre jette de petils coquillages. Ces coquillages sont la Paludine verte, Bu- limus viridis y Poiret , Helix cinerea , Gmel. pag. 3667, n** 2,1 5 , qvii, des 179B, Irouvee dans les fontaines de Champmol , avant que M. Cretet les eut renfermees dans sa propriele, avoit ete appelee Turbo griseus ,\i\\\. Les petils poissons de la belle Fontaine de Vermanton , cites par Pazumot, JNouv. Mem. Acad, de Dijon, i7(32, 2^ semestre^p. 114? ( 7M sont le Vairon ou Vdron , Cyprlnus pho- acinus 3 Linn. Le Termes radicuTn, qui ravageoit en Bour- gogne les confitures tie M. Bosc (JSIagasia en- cyclop. 1796, torn. 6 , pag. 440 - 44^ ) 7 ^st la Fourmi dinar ginee si connue par son ini- porlunite dans les offices et par I'odeur nius- quee qu'elle exhale. Ijespetites Tortues ^ de la largeur d'nn sou marque, ecloses par force de la chaleur du so- leil dans le sable, Irouvees a Coulernon, par M. Delamare (1) , etoienl le Monoculus apiis , Linn., ou \ Apus cancrif'orme , Lat. Les chenilles donl le P. Yernisy a lu, le 22 avril 1779 , les descriptions, etoient, I'unecelle de la noctuelle de I'aune, Phalaena Noclua alni^ Linn. , et I'autre celle du sphinx de la vij^ne, Sphinx elpenor. La nouvelle espece de soie, signalee dans une lettre datec de Beaune et puhliee dans le Journal Scononiique, 1755, decembre,p. 72, n'est que la boule fabriquee par les larves de richneumon a coton jaune, Ichneumon glo- meratus , Linn. La maladie de la vigne , causee par une che- (1) Memoires commences en \6'j6^tom. II, x'^^part., p. 7. MS. couserve a la Bibliolliecjue de Dijon. (73) iiille qui amoncele les petales , les unit avec dela soie, etdont Pazuniot fit parta rAcademie le 7 juillet 1769 , est produite par la larve de la teigne dela grappe , Alucita uvella , Vail, Le nid d'une mouche dans une tige d'oi- guon percee, et nionlre a rAcademie le 3 aout i775,eloitceluid'uneabeillecoupeusedefeuilles, Apis centuncularis y Linn. Celui d'un insecto, donne par M. Lardillon le 7 aoUt 1777 , etoit une reunion des ceufs pedicelles du lion des pucerons, Hemerobius perla , Linn., insecte neuroptere , aussi gracieux a la vue que de- sagreable a I'odorat. Les vers dans un roc, mentionnes dans les Mem. de VAcademie de Dijon ^ torn. 1 , 1769. Hist. pag. Ixij , sont les uns le Lum- bj^icus gordioid^s ^ et les autres le Gordius aquations y connu sous les noms de chan- treUe , criii de cheval ^Jievre ^ eic,^ appele JDragonneau par les naturalistes. La monstruosile des prunes, dont la disserta- tion de M. Lardillon , ecuyer a Dijon , a ete in- seree dans le Journal economique du niois de mai 1756, pag. 35-38, est connue sous le nom de Calebasse. Indiquee par C. Bauhin, Vvn, pag. 444 > sous le nom. de TurcSf a I'ar- ticle Vrunus sylvestris ; elle a ete donnee par Aldrovande (JSIonstror. Hist,, pag. yid. Den- (74) drolog.j pcig. 4^2 ) , sous le nom de Pyrus sjlvestrls monstrijica. II en est quesllon clans les Ephem. natur. cui^losor. 1691. Decade 3, ann. x, p. 21 5, obs. cxxij 1701 - 1706, dec. 3,ann. ix, x. p. 137, obs. lxxii, sous le litre de Pruna damascena subventanea ^ et de Fructibus prunorum monstrosis , Turcae Ita- lorum. Reaumur a parle, Act. Paris. , 1713, hist.} pag. 43 > d^ prunellier sauvage charge de fruits monstrueux. Defay, Observ.,p. ^4^9 Rozier, Observ. d'hist. nat. , torn. 2 , part. 1, pog. 202 , et Buclioz, Diet, iiniv. des plantes y torn. 3, p. 95, ont parle de ces Primes soiif- jflees jAonlXdi cause jusqu'ace jour n'est point parfaitemcnt connue. Apres s'etre livre aux reclierclies qui inte- ressent specialement notre localile , I'auteur a communique a 1' Academic d'autres eclaircisse- mens sur divers objets d'liistoire naturelle en general. II a fait connoitre, 1° que le petit arbusle de rtle dcKenn, dans le golfe Persique, si es- time des Arabes qui en mangent les jeunes pousses cuites , comme nous mangeons celles des asperges, mele dans les bottes d'asperges cliez les Montenegrins , est la Salsepareille pi- quante, SmiLax aspera y Linn. 2.^ Que la figure inlitulee, dans les anciens ( 75 ) ouvrages de botanique, sous le nom de JR.hu-' bai^be de Mathiole , est une grossiere repre- sentation de la plante fleurie du Cynoglos- sum ojjicinale , Linn., sans doute transposee par I'ignorance ou le peu de soins des premiers copistes, et subsequemment par les editeurs. Raj lui-meme, dans ^oxi Hist, plant. ^ toni.i y pag. 1077? lib. XIX, cap. xv, a admis et de- crit cette pretendue Rhubarbe de Mathiole , sonsieVilYcde Rhubarb arum lanuginosumsxsQ Lapathum chinense longifolium,. Beaucoup de transpositions de figures ont donne lieu a beaucoup d'equivoques. On pent indiqaer V Heliotropium europceum ^ Linn., place par Dalecbamp, Hist, des plant., torn. 2, pag,, 233, en tete du chapitre de la Cepaea; le Trachelium ccsruleum place par le nieme torn. 2, pag. 2o5 , dans le chapitre de I'Orpin ; la Centaurea collina, Linn. , placee , ( Dale- champ ytom. 2., p. 366, liv. XIV, chap. 32), au- dessus de la description du Carduus eriopho- rus y Linn. 5 la figure du Filago leontopo- dium , Linn., placee torn. ^ f pag. 8o3, sous la rubrique Autre Nardus celtique de Pena, etc., etc. Plusieurs plantes , regardees comme re'cem- nient decouvertes , sont cependanl connues de- puis long-temps. C'est ainsi que Dalecbamp , (76) Hist, des plant. y torn, i , P^S- 9^^ ? Jeciit et cloniie la figure de THeliotrope d'hiver , Tus^ silago fragrans , Vill. , sous la rubrique : Fleur de petasites odorant. Ce menie au- teur, ti'jn. 2,, p^g- ^88, sous la rubrique : jlconit V ardaliaJicJies premier de JSIatldole , donne unc niauvaise figure de cellememe planle, a laquelle il atlribue une racine de fanlaisie d'apres celle de son JDoronicum , page. 100. A \di pag. 2o3, torn. 1 , Dalecbamp figure, sous la rubrique : Autre Ltunaire petite bleue de Dalechamp ^ la SoLdanella alpina^\Awxi. 5 et Caspard Bauhin , I* in., pag. 355, tz^ v , cite une Lunaria magorum arabiun , qui est le Runiex lunaria , Linn. Dalecbamp, torn. 2, pag. 10 , sous le nom (^ Onosma de Mathioley et p. i56 sous celui de Cynoglosse de Ma- thiole , donne la figure d'une jeunc Yiperine, c'est-a-dire , de la viperine en lierbe, vantee conlre la peste sous le nom de Cynoglosse , ainsi que I'avoil dit le premier Delbrissc {Me- thodede la peste , pog. a 3 et3o). Sous la ru- brique Aizoon de montagne , Dalecbamp , torn. 2., pag. 33, donne la figure et la descrip- tion du Sempervivuni montanuni , Linn. II existe dansles anciens ouvrages de bola- nique iin certain nombre de dessins, extrails du Codex coesaraus , et assez difficiles a re- ( 11 ) coniioitre a cause de leur grosslerele; cepeii- dant avec un peu d'altenlion on pai vient a les rapporter a leur vrai type. Ainsi par exemple , Dalechnmp, {^Hist. desplant.^tom.i^ p. 363, sous le litre de Hippophaes prins en I'exeni- plaire de PEmpereu7\ de Dodori), donne une figure que ni Bauliin,ni Morison ni Raj, n'ont reconnue. C'est a la ve'rite une figure faite d'idee d'apres une description confuse de Rhamnus et ^ Apios , niais qui a du rapport avec V Eupho?'" bia apios , Linn., dont Dalechanip a parle torn, ^L^pag. 463 , sousle titre (V Apios de Mathiole , etpag. 5i5 , sous celui de Tithymale a oignon, Caspard Bauhin , {Pin., p. 198, n^ 5, sous la rubrique :^/r/zz//7i excod .Coesar . ,Z)o<^.^jLz/^flf.), deniande ce que peut etre cette plante, figuree par Dalecliamp , torn. 2 , pag, 197 , Jig. inf. Avec la plus legere attention on reconnoit une figure detestable du JDipsacus fullonum ^ ct Sjylvestris , Linn. Sous le titre T elite Hemionitis , de Pena, Dalechanip , torn. 1, pag. 114? donne la figure d'un jeune pied de P hyteuma spicata , Linn , dont on n'a dessine que les feuilles radicales. De meme, sous le litre de Coix , Dalecliamp, Hist, des plant., torn. 2, pag. 491 , donne une detestable figure de V A vena latiorf^, Linn . , Avenabidbosa, Dec, sibien representee pour (7») la premiere foispar C. Bauhin, Vrodrom.^p, 3, fs- 2- Dalechamp, torn, i , pog. 812 , sons le lilre Hyssope commun ^elc.^ reprodnillM dcleslable figure de X Origanum vulgare , Linn., donnee par le M. S. de la bibliolheqne imperialej et , pcLg. SgSdii meme volume, sous le litre d'^^co/zz^ tue-loup de T)odon , suivant Vexeniplaire de I'Empereur y il donne une mauvaise iif^ure d'ailliaire, Erysimum alliaria , a luquelle il a suppose des racines de fantaisie j a moins que le dessinateurn'aitvoulu represenler une Dentaire ailee dont les feuilles ont ete failes de fantaisie d'apreslescinqfoliolesdela feuille de la Dentaire. Jusqu'a present les botanistes n'avoient point reconnu la plantequeDalecliampdecritetligiire torn. 3 , P^g' 43^ ? sous le nom de Satyrion erythronion, deMatthioLe, rappelee avecdouie par C. Bauliin, et rapportee a tort par Latou- rette au Lycoperdon truncatum , Linn., Ve- zize noire ^ Bull. En examinant la description et la figure, on reconnoit qu'ellesse rapportent a un echantillon de Phallus esculentus , Linn ., dont le cliapeau , sans pedicule , offre une sur- face sillonneeet rugueuse ; il est represen te ouvert dans les deux figures infeiieures. On ignoroit egalement la plante a laquclle on clevoil rapporter la figuredonnee par Dalechamp, ( 19 ) Hist, des plant. , torn, 2 j p^g- 4^9 , sous la rubrique Satyrion premier de Mathiole .Ayec un peu cle reflexion on reconnoit dans ce dessin une niauvaise figure de \ HeLvella mitra, Linn . ^ planle dont une variete se fait reniarquer par les Irois lobes reflecbis de son cbapeau. Le pe- dicule lacuneux , donirinterieur , forme de lames lortueuses comme les routes d'un labyrinlhe , est indique grossierement sur la section qu'offre la figure de Dalecliamp. IL^Jig. S de la tab. ^ ^u. Nov. gen. plant, deMicheli, a ete indiquee comme une variete ^eJuTigermanniafurcata sur laquelle seroient fixes des oeufs pedicelles d'Hemerobe. II suffit d'examiner la figure pour reconnoitre un mau- "vais dessin de Jungermannia furcata donne par Petiver qui en a figure grossierement la cap- sule pedicellee, et qui I'a representee fourchue, parce qu'il I'a examinee au moment ou elle s'ouvre et ou deux branches sont accolees I'une a I'autre. Depuis long-temps les voyageurs se copiant mu- tuellement out parle des pommes de Sodome, sur lesquelles se trouve dans le Compte rendu de 1819, une note qui prouvoit que ces pre'ten- dues pommes n'etoient pas un fruit. Effective- ment depuis cette epoque , un voyageur italien, M. Brocclii, qui est alle en Palestine, a demonlre ( 8o ) que les galles vesiculeuses , produiies sur le le- rebinthe par la piqiire de pucerons , etoieiit rorif^ine de la fable des pommcs de Sodome. La publication du V^oyage de Marc Pol , par la Sociele de geographie, a donne lieu adi- verses recherches dont le resnllat a eie conimu^ iiique a rAcademie : plusieurs sont relatives a des expressions surannees, dont le sens n'avoit pas ete saisi jusqu'a ce moment 5 et d'autres por- tent sur des observations et des recits regardes comme fabuleux , parce qu'on n'avoit pas re- trouve les faits qui y avoient donne lieu. Nous citeronsquelques-uns de ces derniers. Dans le cliapitre XXIII , Marc Pol raconte , comme une merveille, que le lac de Saint-Leo- nard offre des poissons seulement depuis le pre- mier jour de careme jusqu'au samedi-saint. Ce recit estfonde sur la peched'une espece de pois- son du lac de Van en Armenie, laquelle com- mence le 20 mars et finit au 3oavril, et ne pent se faire dans aucun autre temps , le poisson dis- paroissant lout-a-fait au fond des eaux. Ce poisson , appele da^ns le pays Tdrlch, res- semble a la Sardine ; mais il est plus gros. M. Amedee Jaubert I'a retrouve sur les cotes de la mer Noire, a Trcbizonde. Cependant les na- luralistes ne I'ont point encore portc sur leurs catalogues systematiques , de sorle qu'il est in- _ ( 8i ) certain si le Tdricli est le m^iiie que le Scii^ ra/izza des Monleiiei^rins, qui remonte ordi- nairement du lac de Scutari, deux fois I'annee, en nonibre infini. Ce poisson est appele Sco-- ranze sur le lac de Scatari, C'est \ Agono on la pretendue Sardine du lac de Come , c'est-a- dire une jeune Alose* BocoRANz... seniblent teles de I'ui d'Arens: Marc Pol designe , de cetle nianiere , une etoCfe semblable a la toile des fils d'araignee. A ce ca- raclereon reconnoilla/zzoz/^^^/i/z^^ ainsi appelee parce qu'ellefuld'abord fabriquee a Moussul, Ercllin , Ercolin. C'est ainsi que Marc Pol appelle le Glouton, Mustela (9///o^Linn.,dont la fourrure etoittresrecberclice, Le Glouton est encore designe par d'anciens voyageurs sous les norasdeiS'6V^///6>/z^ Chulo7i,Chelason, Liu^ etc. Dans le cliapitre XXX, Marc Pol raconte I'evenenient de la niontagne qui se nieut. Get efTet , resultat d'une mine que firent jouer les Chretiens , prouve de la nianiere la plus incon- testable que la poudre a canon etoit connue en Asie , long- temps avant I'epoque ou les Euro- peens en onl eu connoissance. Le rabbin Jechiel de Paris avoit trouve , par le secoursdela magie, au XIIP siecle, le secret de faire bruler une lampe sans huile pendant une semaine. 6 (82) Ainsi tlonCjlcs lampcs a gnz hydrogene, et Ires corlaincmcnt Ics lampes a esprit cle vin , out etc connnes an XlIP siecle. Dans (livers endroits de sou voyage , raiUcur parlc d'unc substance nietalliqne qu'il dcsii^ne sous le noni iM Ondajiique^Ondanque, Unda- jiique y Andajiiiic. Ducange a cru a tort que c'cloit du fer. Rulandus et Johnston disent que VAridena est un acier, apporle d'Oiient , sus- ceptible de se liquefierau feu, et de se couler en moule. En se rappelant que ces deux derniers cliimistes ont donne ie noui de Feru a Tetain , on ne tardera pas a reeonnoitreque la similitude de Ferrum et de Feru a aniene la conliisioii d'apres laquelleon a legarde ri!,V<2z/zcommeune sorle de fer j et Ton aura la certitude que X On- danique estl'iiY^i/zdonton trouveeffeclivement des mines assez abondantes dans les con trees orien tales. Tout le monde connolt la fable de la Sala- mandre que Francois P^' avoit adoptee dans plu- sieurs circonstances. Les details fournis par Marc Pol dans le cha[)itre LX , sur la Sala- mandre , indiquent la source de cette fable, basee sur le noui d'nn reptile saurien , noui attribue a ramiante , substance minerale appelee aussi lin incombustible. Duns Ic cliapitrc LXXY, Marc Pol decrit (8:5) le palaisdu grand Kan. Dans sa principale salle est nne table, sur laqiielle les vases pleinsde vin , de lalt, on d'antres boissons, vienuent se placer, par le pouvoir des encbantenrs. Ce recit , qni a parn incroyable a |)lnsienrs savans, n'offre ricu de snrprenant d'apres les prestiges de nos pro- fessenrs de pbysique aniusante , et depuisla con- fection du palais de V Ermitage a Tsarkoe-Selo« line salle dn premier etage de ce palais offre vine table, snr laqnelle, a I'aide d'nn niecanisme ingenieux , tousles objets necessaires au service niontent et se rangent d'eux-niemes a la portee des convives. Nons bornerons aces citations , les recbercbeS bien pins multipliees dont nous avons parle, et qui ont pour bnt de venger Marc Pol de I'ac- cusation decredulite, qui lui a ele adressee, et qu'il ne nieiite point du toutj car il a raconte ce qii'il a vu, on ce qu'il a appris. Lesanciensnavigatenrsontparledelapierrede coco, c'est-a-dire d'un corps ovalaire-oblong, res- semblant parfaitement par la forme, a un petit ceuf de lezard qni seroit Ironque a sa petite ex- tremile. Sa couleur est d'un blanc bleuatre de porcelaine. Onelqnes uatnralistes modernes rciiardent cette pierrede coco,commemine'rale,etcomme de la silice pure, transportee par le mouvcnient (84) de la sh\e el dcpost'e sous foYme ovee an milieu dii liquide emulsif dc ramande de la noix de coco. Mais en y reflcchissant un peu , on verra que celte pierre de coco , decrile par TV ormius sous le noni de Gemma nucis maldivensis , et par Rumph sons celui de Meslique, est ires esli- iiiee dans les Indes, oii on lui allribne les plus grandes vertus. Celle production n'est qu'uu fragment faconne de I'aniande, dure conime dc la corne , de la noix dn coco double des Mal- dives, fruit du Rondier des iles Se'clielles, Lo- doicea SecheUaruin , Labill. Designees aussl sous le nonideil/^5/zV///^^^ ces productions sont tres recbercliees dans les Indes orientales. Ce qui contribue encore a conQrnier celte determi- nation, c'est ridentite des proprieles atlribuees a la pierre de coco , et an coco rouble des Mal- dives. De plus, c'est seulementsurle rapport des indigenes ignorans etlrompeurs, ou plutot dont lelangagen'etoilpascompris, que des navigateurs out annonce que ces jolies pierres se trouvoient au centre des cocos. Aucun naturaliste ne les y a vues 5 et I'analjse, que devoit en fairc un ce- lebre cliimiste , n'ayant point paru , on peut presumer qu'il n'a rien trouve de mineral dans cette substance qu'il jQ\ul bien distinguer du Coco jnineral ow. OEuf du soldi y dont Nie- icmbcrg J Barba, et Henkel on t park*. Ces cocos ( B5 ) ^ fossiles sont reellement des geodes slliceuses , que Ton troiive dans le sein de la tcire, dans I'Anierique meridionale, et sur lesquelJes on a base des recits plus on moins mei veillenx. Du Tertre, Rochefort, Sloane , etc., en irai- tant des Antilles, ont parle d'nne produclion qu'ils ont designee sons le noni de Tetes de JSf^gres ; ils la regardent conime la demeure des poux de bois ^ et disent que les liabilans s'en servent pour cuire leurs vases de terre, et que quelques chirnrgiens ont gueri des hydro- piques en les exposant a la fumee de ccs mottes ou Tetes de Negres , tres eslimees par les Es- pagnols des Indes occiden tales, qnilesappellent JSIakimaki. Celte substance, connne a Cayenne sons le iiom de Nld de fourmis , de Pain de foiirmis , est employee avec un succes incroyable pour etancher le sang dans les plus fortes bemorra- gies et parol t aussi tres propre a former nn ex- cellent amadou. Si Ton rapproclie les divers pas- sages relates par les auteurs , on ne tarde pas a reconnoitre que les mottes appelees Tetes de Negres^ Maklmaki^NidsdeJourmi, Tainde fourmif sont le resultatdutravaild'uneespecede fourmi , designee d'abord sous le nom de For^ mica/iingosa ^ex. ensuite sous celui de Fourmi bi-epineuse, Cette fourmi faitentrcr, dans la ( «6 ) coniposllion Jc son nilissees daus I'etude de rhistoire naturelle ct se trou- vent encore admises,malgre leur opposition aux faits reels. Des preuves bien convaincantcs en ont ete donnees daus le Compte rendu des tra- vaux pour 1826, aToccasion des pretendus cra- pauds (1), trouves vivaus , dit-on , dans les pierres ; a I'occasion de la licorne qui a ete ba- see , soil sur une antilope vue de profil , soit pki- lot surle rhinoceros d'Asie, ainsi que Ton pent s'en assurer dans le curieux voyaj^e de Marc Pol. M. Spix a publie des details fort etendus sur (1) Le Crapaud , retire vivant d'un puUs comble de- puis i5o ans, ne prouve rien, malgre ce qui en a ete lu dernierement a I'Acadeinie des sciences j lo parce que rien ne prouve qu'il ait ete enfoui a I't-poque oii le puits a ete comble 5 20 parce que ce Crapaud n'etoit pas ren- ferme dans un corps dur, comme on le dit des autres. De plus, onn'indique pas a quelle prolondeuron I'a trou- yk dans les deblais , ni lY'poque de I'annee i.\ laquclle on J'a Irouve. («9) nn nouveaii genre de limacon terrestre, trou- V€ a AmnieilanJsurles borcls du lac de Staren- berg en Baviere. Get animal, qu'il appelle ScU' teiUgera Ammerlandia , habile I'inlerienr des •vieilles sonches , deja ponrries , des clienes et des pins qui ont ete abatlus, et se Irouve tou- jours acconipagne des Formica herculanea et rufa , avec lesquelles il semble vivre en fa- niille. La lecture attentive de la description anato- mique de cet animal , de ses moeurs, de ses ha- bitudes, a fait penser que le docteur Spix aura donne le nom de ScuteUigera a des larves de celoine , qui vivent habitnellement dans les nidsde fourmis. C'estce que Ton est force de con- clure de la comparaison que Ton a faite des de- tails donnes par le docteur Spix , avec ceux don- nes par Swammerdam et Roesel , sur la larve du scarabee nasicorne , dont I'organisalion dif- fere peu de celle des larves de cetoine. L'etude des moeurs des insectes a tonjours ele regardeecomme une des parlies les plus interes- sanles de I'histoire naturelle, qui ne consiste pas,commecerlaines gens affectenl de le croire, dans la connoissance sechedu nom desindividus, niais dans la connoissance de leurs moeurs , de Icurs habitudes elde leurs rapports avec lesdiffe- reusobjels dc la creation. Aussi accueille-t-on avec ( 90 ) le plus grand cmprcsscincnl louslcscletallsrclalifs' auxdiversclatspailesriufls los insectcs passcnt. Ainsi la larve iiiconniio ( D. Sc. Jiat. , t. 23, jC7. 617) de rips cellcricr a etc trouvec ; el on est assure de la renconlrer dans la pellicide bysso- mucoroide qui enlourc Ics bondons des ton- iieaux el les aulrcs endroils par oii fillre Ic vin. Les coclienilles dont les nioeiirs ont ete si bien decriles par Reaumur, devieuneni la prole de plusieurs insectes, parnii lesquels on n'avolt signale jusqu'a cc jour que des JSTisocajnpes. Le liasard a fiiit dt'eouvrir un autre ennenii dans la larve de \ Antjibe jjiarhre , Geoff. , Macro- cephalus scabrosus , Oliv. Enavrili825,onremarquasurlestigesdeSpiree a feuilles de sorbier, 1 ^ des Coclienilles iniilan tdes lubercules de la grosseur de lanioilied'un pois, d'une couleur demarronclair,d'une durete fort considerable,d'unluisantassez marque, el offrant sur leur convexile vine espece de sillon pen pro- fond y 2° de peliles coques blanches formees par le dessecliemenl de Fepidcrme de la larve de la cochenille male, qui ne tarda pas a s'echapper. Destuberculesindiquesci-dcssus, el don l plu- sieurs fractures avoient offert, soil une larve, soit une chrysalide, suivanll'epoque de I'inves- tigaliou, sortirentaumois de juillet des Antribes marbles. Ceite decouverieexpllquc I'abondance (91 ) du Alacrocephaliis scabrosus sur les ormes^ tlontlesrameauxsontquelquefoiscoiiveilsd'une telle quail tite de cochenilles, qu'ils ressemblent a des i^rappes. Les coclienilles alors servent de loiienient et de nomrilure aux lai ves d'Antiibe. Plusieuis niois apres avoir fait cetle decoii- veite, son aiiteur apprit que M. Dalman avoit dcja trouve I'Antribe minime , Geoff. , Antrl- bus varius ^ dans la coque d'un Coccus , qu'il propose d'appeler Coccus cypraeola ^ a cause de sa resscmblance avec une cypree. Mais quel- que caracLeristique que soil cetle denomination, elle ne pent etre adoptee, puisqu'elle n'est fon- dee que sur un etat accidentel des coclienilles. II seroit , il est vrai , bien satisfaisant de con- iioitre la seriedes cliangemens qui s'operentdans la peau de la coclienille pour acquerir une du- rete presque ligneuse , un sillon dorsal et une apparence de petite porcelaine, Cypraea; mais, jusqu'a ce jour, nuUe reclierclie n'a encore ete lenlee sur cet objet curieux. Les insectes out, conimeleprouverexamenle plus superficiel^ un rapport direct avec les sub- stances qui leur servent de nourriture jetlesalle'- rations que presentenl ces substances sonttelie- nienlfrappantesqu'ellesinspirenttou jours ledesir d'en connoitre la cause speciale. Ainsi, en jetant un coup d'oeil, aux mois de mai et de juin, sur ( 92 ) les feullles du Reseda sauvage, Reseda liitea^ Linn., on y remarque des cspaces circnlaires blancs , siiilc de la deslrucUon du paienchyme qui separe les deux surfaces de la feuille. Si Ton examine la surface inferieure , elle offre de pe- tites ouverlures circnlaires, fornices par la larve d'une pelite teigne, enferiuee dans un fourreau roule en spirale, coninie la coquille d'une he- lice. Reaumur, [Ins. t. 3, tab. iS,Jig. 10-11) ^ avoit parle de ce fourreau, rappele sous le noiu de Tinea helicdidella , Vail. , dans le Compte rendu de 1818, pag. 665 mais il ignoroit sur quelle plante vivoil la larve , dont il n'a pas ele possible jusqu'a ce jour de se procurer I'insecle parfait. Si, pendant I'ete et I'automne, on s'arretede- vantun pied de Bouillon blanc cbargedefleurs, on remarquera une mullitude de boutons fort gros, qui ne doivent jamais s'epanouir. Celle al- teration est produite par une larve dont la pre- sence epaissit la corolle, deforme leselamincset detruit le pisld. Reaumur a parle vngucment , torn. V, pag. iv , de cettc larve, dont la clirysa- lide armee anterieurcment d'une pointes'en sert pour percer la paroi de sa prison, dans I'ouver- ture de laquelle I'insecte parfait laisse engagee sa depouille. Get insecte est la Cecidomyie dit Bouillon blanc, Cecidoni^'iaverbasci 3 Yall., ( 9^ ) espece tres remarquable par la grosseur de ses balanclers , par sa taille et par la couleur gri- saire de son corps. La larve de celte cecidomyle qui vit solitaire- ment dans la fleur, devient la proie de irois a six larves pins pelites , desquelles provient ua peiilinsecie appelc £iilojj/ius vei'dascijY aW, Depuis le mois de mai jnsqn'au mois d'oc- tobre , la Yeronique cbenetle , Veronica cha- maedr^s , Linn., offre des petites galles bar- bues , resultat de la piqure d'un insecle , dont la larve trouve le logement etla nourriture dans ceite petite luberosite. Scopoli , Ent. Carn, , p. 2^4 ? croyoit a tortqu'il en sortoit iin cynips. Reaumur, Ins., torn. 2, pag. 2,43, avoit indi- que la larve, sans avoir connu I'insecte parfaic qui est une Cecidomyie, Cecidomyia veronicaey Yall., de couleur jaune avec les yeux noirs, et Foviscapte trcs saiilant dans la femelle. Depuis le mois de juillet jusqu'au mois de seplembre, la Lampette, Lichiiis dio'ica , Linn . , offre des fausses galles velues dont Aldrovandi a parle , T)e monstr., pag. 676, 1 , sans en si- gnaler la cause. Mouffet, Insect, theatr,, 'P'j'Jy copie par Jonston , Hist. nat. ins., p. 67, col.o.y avoit indique, sous la rubrique Ben album, la larve que Ton trouve dans ces galles. Ccs larves y vivent en societe, et s'y fdent des coques- (94) soyeuses, blanclies, danslesquellesellcsse Irans- forment en chrysalides. Au boutdecniinze jonis, on envoitsordr rinsecte parfaitqniest uneCeci- domyie, Cecidomyia l/ychnidis y Yall., don lies larves sonl souvent la proie de celles du Cynips fjLiiscaruni, Tonrnefort avoit regarde comnie especes , Ics eclianlillons d^ Euphorbia cyparissias, Linn., terniines par dc fausses galles produites par les larvesde la Cecidoniyia Euphorhlae ^ AX.^AowX. il a e'te qneslion dans le Coniple rendu de i8i(;, pacr. 43-44. Les fausses galles qui se trouvent sur les liges de la petite coronille, CorojiilLa inin'iniay Linn., a I'inserliondes feuiiles, et celles qiii,danslaca- rolte sanvage, Daucus sylvestris, Linn., occu- pentrovaire ets'opposent au developpenienl du fruit, sont egalement produites par des larves donlil n'a pas encore ete possible de suivre les developpeniens. II n'est personne qui n'ait reniarque pendant Tele des tacbes rouges tres apparentes sur les feuillesduLaiterondes jardins, SoncJius olera- ceus , Linn.; elles ont ete parfaitenient decrites et figurees par Malpigbi, Anat. plcuit,, pars alt., p. i\ ,Jig. 10. Ces fausses galles sont pro- duites par la larve de la Cecidomyie du laiteron, Cecidoniyia sonchi. Vail. Celte larve apode. _ _ ( 95 ) sous-ciitanee, vit aux depens clu parencliymc, €t par sa presence fait se'parer les deux surfaces de la feuille. Eile se fde nne coque Llauche , soyeuse , danslaquelle elle se trausforme en chry- salide , d'ou, apres quinze jours , elle s'echappe sous forme d'insecte parfail. Cette larve , ainsi que celles de beaucoup d'autres insectes, a pour ennemie une larve de Misocampe , qui vit a ses depeus. Les fleurs de la Viperine presentent quelque- fois en juillet des boutons fort gonfles, niaisqui no s'epanouissent pas. Cette disposition est le rcisultat de la presence des larves sociales du Cy- nips sauteur de la viperine, Cjnips £chii,Ya\l, L'insecte parfait a le corps jaune, tachele de noir 5 les pattes jaunes sont terniinees par des crochets noirs. En exaniinantles feuillesdela grande Eclaire, Chelidonlum majus ^ Linn., dans les mois d*aout et de septenibre, on reniarque fi equeni- nienta Taisselledesnervuresdeleur surface infe- rieurede petitescoques, blanches, soyeuses, con- tenant une chrysalide, d'ou s'echappe une Ceci- domyie, Cedomyia acarisuga y Yall., ainsi ap- pelee parce que sa larve apode a tete arme'e d'un crochet, se nourrit des cirons, Acarus, si com- niuns sur les plantes : elle les suce de la meme nianiercque les larves des mouchcs aphidivores. Syrp/iuSj snceiit les pucerons. On ironve Je pa- reilles coques sous les fcuilles de rosier. II seroit possible que la Cecidoniyie suce-cirons lut la meme que la Cecido/nyie de V Amioise ^ Ma- quart. S'il est inleressaut de conuoitre les nicx3urs des insecleSj ilest aussibien important de s'entendre sur les noms qu'on leur donue , et de preciser leur synonyniie, de iiianiere a ne laisser aucun doute sur eux. Pendant I'liivcr , les biielies de nos foyers sont quelquefois rongees par une larve qui les perce de trous circulaires desquels s'echappe une ver- nioulure exlreniemenl fine. Aux uiois de juin et de juillet paroit I'insecte parfait designe par Herbst ^ sous le noni de T)erniestes longl- corriis ; par Olivier, sous celui d^Ips oblong ; par Latreille , sous celui de Lyctiis obLongus ; et enfin par Dejean, sous celui de Lyctus ca- nallculatus. Olivier pensoitque sou Ips oblong etoitle Dermeste levrier a str'ies de Geoffroy, Mais ce dernier eutomologiste , dont les des- criptious sont si exactes, u'ayant point parle de la depression lineairedu corselet, qui caracterise et sert a designer le Lyctus canallculatus , Dejean, il est sur que le Dermeste de Geoffroy appartieut a une autre espcce. BeancoiipcrouvrageSjircsestimessnrrHistoire paliirelle, se font reniaiquer par cles figures nombreuseSjtlonllacomparaison avec les objels sufiit pour faire reconnoitre ces derniers 5 mais lorsque les auteurs n'ont point impose de noms teclmiques aux objets qu'ils ont representes 5 lorsqn'ils se sonl contenles de les designer, soit par des nonis vulgaires, soit par des denomina- tions insignifiantesj les onvrages dont nous ve- nous de parler ne sont d'aucun secours pour rctrouver les veritables noms , sous lesquels ces objets sont connus dans la science. Ce grave inconvenient a cte senti par Linne , qni n'a pas dedaigne de faire sur V Herbariunt Amboinense f un travail insere dans \esAmceni- tat. Academic, Jean Burniann a repris le tra"* vail de Linne, I'a continue pour \ Hortus Ma- labaricus. Dans les Memoires de la Societd Liinneenne de Londres ^ vol. i3 et i4j Francis Hamilton a public un travail encore plus complet sur V Hortus Malabaricus. Giseke, en 1779, a public un tableau dans le- quel les noms Linneens sont appliques aux plantes dont Plukenet et Dillen ont donne les figures. MM. Leturquier et Levieux ont public une concordance des figures de plantes crypto- (98) sames de Dilleii , Michcli, Tournefort, Vaillant etBiilliard,avec la nomenclature deDecandoUe, Sinidi, Achaid et Persoon. M^ Syonnesl s'est occupe d'un travail analo- gue sur les coqudles vivantes et fossiles. M^ Kulil a public une concordance pour les oiseaux enluniine's de Buffon et Daubenlon. Ces travaus, cjui sont extremement utiles, out I'avantage de rendre usuels des ouvrages precieux qui, sans ce secours, ne pre'senteroient qu'un foible avaiitage , puisque, faule de clef, on ne pourroit s'en servir. C'est ce motif qui a determine M. Vallot a rcdiger de pareilles concordances sur differens ouvrages. Parmi ces concordances, celle re- lative aux magniliques planches de Seba est de la plus grande elendue. Par son secours , cliaque objet represenle sur les planches, est immediatement reconnu sous le nom dont les naturalistes se servent actuellement pour ie CIIIMIE. isiiiner. M. Colin , associe non residant, a adresse' * I'Academie une note sur les caracteres distinc- tifs de V Alizarine y ou principe colorant, que, concurrenmient avec M. Robiquet , il est par- venu a isolcr de la racine de garance. II expose ( 99 ) les caracteres de ceUe substance qui se presente en crislaux aiguilles, iransparens, groupes eii eloiles rayonnanles. Insoluble dans I'eau froide, pen soluble dans I'eau bouillante a laquelle elle donne nne belle leinte rose , elle est tres soluble dans I'alcool qu'elle colore en rouge pur, dans Telher, dans les alkalis, etc. Pour extraire Y Alizarine ( ^ AUzari , nom sous lequel est connue dans le commerce la ga- rance du Levant ), on fait infuser a froid , pen- dant buit a dix minutes, dans I'eau dislillee, la garance nioulue 5 I'eau etant exprimee et passee y se prend en une gelee d'un rouge brun 5 cette gelce, legerement dessechee, est iraitee par I'al- cool a 40"? 01^ y ajoute ensnile une petite quan- tite d'acide sulfurique pour faire tout rentrer en dissolution. L'addition de I'eau distillee faitpre- cipiter de nombreux flocons jaunes, que Ton lave jusqu'a ce que I'bydrocblorate de baryte n'offre plus de precipite dans les lavages. Du re'- sidusecbe, puis distille a une cbaleur douce et long-temps continuee, on obtient les cristaux di Alizarbie. Ce travail , que MM. Colin et Robiquet ont communique a plusieurs Societes savantes de Paris, a depuis recu la plus grande publicitepar une insertion dans divers journauxscientifiques. M. Tilloy a communique a 1' Academic ui\ ( 100 ) proccJe propre a reconiioilre en fort pen de temps les quinquinas neufs et les quinquinas, icssive's. Prenez une once dc quinquina grossicrement pulverise : nietlez-la dans douze onces environ d'aleool a 3o". Sounietlez a une lemperalure de 40" — 5o^ environ une demi-lieure , decantez : ajoulez de nouvel alcool avec les memes condi- tions. Reunissez les lein lures dans lesquelles il faut Jeter suffisanle quantile d'acetate on de sous-acetate de plomb, pour precipiter la cou- leur et I'acide quinique 5 illlrez : versez dans la liqueur suflisante quantile d'acide sulfurique pour separcr le plomb de racetate qui pourroit etre en exces , fillrez et disliliez : le residu con- tient de Tacetale on du sulfate de quinine , selon la quanlile d'acide sulfurique employe , plus une matiere grasse qui adhere an vase. On de- cante, et on verse de rammoniaque qui preci- pite arinslant la quinine. Trop d'ammoniaque en reliendroit en dissolution , mais alors I'addi- tion de quelques gouttes d'acide sulfurique la feroit precipiter. La quinine, lavee a I'eau tiede et traitee par I'eau et I'acide sulfurique , puis un peu de noir animal, donne du sulfate de quinine Ires Wane. M. Tilloy a oblenu ainsi,enune demi-journe'e^ ncuf grains de sulfate de quinine d'uue once dc ( 101 ) quinquina , ce qui est beaucoup, vu les pertes occasionnees par le noir, les filties, et ce qui resle dans les eaux-meres. Si I'operation faite avec soin ne produit point, en resultat, de sulfate de quinine, on pent en conclure que le quinquina sur lequel on a opere est de mauvaise qualite. M. Tilloy a fait a rAcade'mied'aulres commu- nications ; I'une sur un procede economique pour se procurer I'huile de fougere ', et I'autre, pour extraire avanlageusement des groseilles I'a- cide citrique contenu dans ces baies. M. Tilloy, apres avoir rappelc le procede em- ploye par M. Peschier , cliimiste distingue de Geneve , pour extraire I'buile de fougere , en pro- pose uu bien plus economique. Ce procede con- siste a traiter la racine par I'alcool j a ajouter, danslateinture alcoolique filtree, de I'acetatede plomb pour en precipiter Tacide gallique et la partiecolorante. Apres I'avoir filtree , on y ajoute de I'acide sulfurique pour precipiter I'exces de plomb. Apres une nouvelle fdtralion , on dis- tille ; il reste un iiquide rougeatre dont la sur- fliceest rccouverte de beaucoup d'buile, que I'ad- ditiond'etberdissoutcompletement.Ilsufiitalors de distiller pour evaporerl'etheretobtenirrhuile de fougere. M. Tilloy a communique le proce'dc suivant ( 102 ) ponr exlralre Tacide cilriqiie des groseilles ron- ges. II prit clnquatile klloi^ranmies de ^roseilles rouges mures, qii'il fit rernieiiler; il les soiimit a la presse et distdla ponr relirer Talcool dii fluide fermeiUc : il projcla dans le rc'sidu a demi refroidi de la dislillalion, snffisante qnanlile de carbonate de chaux pour saturer les acides. II decanta la liqueur eelaircie, lava le depot et le souniit a la presse. Ce premier prccipile est du citrate de chaux , encore charge de matiere co- loranle , mais re tenant pen d'acide malique : il le delava dans snftisanle quanlito d'eau pour en former une bouillie claire dans laquelle il versa suffisante quantile' d'acide sulfuriqne alYoibli par un volume egal d'eau , et souniit le melange a Taction du calorique pour faciliter la decom- position du citrate de chaux : il ajoutal'eau ne- cessaireeten separa I'acide citrique,commecela se pratique pour I'acidc tartrique. II evapora a moitie le liquide obtenu , le traita par le car- bonate de chaux et I'acide sulfurique, comme dans I'operation precedente. II iit ensuile eva- porer la liqueur; et lorsqu'elle fut convenable- menl rapprochce j il y ajoula du charbon ani- mal et fdtra. II fitconcenlrer la liqueur, et lors- qu'elle eut la consistance de sirop pen cuit , il la fdlra pour en scparer le sulfate de chaux qui sc precipila pendant Fcvaporation. II ill crislalli- ( io3 ) ser a uiie temperature de 2,5° environ 5 raclde citriqne qu'il a ainsi obtenu, est encore colore , mais exempt d'antres acides. Et en repetant une fois de plus la saturation de I'acide cilrl([ue par le carbonate de chaux , et la decomposition par i'acide sulfurique , I'acide citrique seroit bien pi u lot a I'etat de blancheur desire. M. Tilloy fait observer que I'emploi de la cbaux n'auroit pas le meme avantage que celui du carbonate de chaux , parce que les acides ci- trique et malique scroient precipiics, et la cou- leur seroit plus intense ; tandis que, par le pro- cede indique, il se forme un surmalate qui reste en dissolution dans la liqueur, ce qui donnc la facilite de le separer du citrate de chaux inso- luble : il est indispensable de me tire ton jours un exces d'acide sulfurique pour prccipiter la chaux qui s'opposeroit a la cristallisation de I'a- cide citrique. Lecharbon animal estnecessalre pour amener a Tetat de blancheur I'acide citrique 5 et comme il seroit trop long de purifier ce charbon par I'acide hydrochlorique, M. Tilloy a trouve plus expedilif d'ajouter a la liqueur assez d'acide sul- furique pour saturer la chaux que con lien t te noir animal. Sans cette precaution, non-seule- ment on perdroit beaucoup d'acide cilrique, mais encore on n'obticndroit point de crislaux. ( '°i ) Pour amener rackle cilriqne a iin grand c'tat de blancheur, M. Tilloy le met cgouUer dans uu entonnoir, puis Ic lasse et Ic icrie. Telle est la serie des operations raisonnees,eni- ployees parl'anteur pour obtenir,dela nianiere la plus avanlageuse etla nioins conipliquee , I'acide citrlque d'un de uos fruits indiijjencs , si comniun qu'on peut se le procurer avec la plus grande facilite. M. le docteur Bouree , de Chatillon , a en- voy e a rAcademiel'analvse qu'il a faite des eaux de la fontaine de la Douix, pres celte ville. Ce iiiedecin s'est assure que ces eaux blancliissoient tres legerement par I'addition de la solution de nitrate d'argent, ce qui annonce la presence d'une petite quantite d'un muriate , peut-etre celui de chaux ; qu'elles fournissoient un pre- cipite blanc, pulverulent, d'une apparence na- cree , par I'acide oxalique j que le nitrate de ba- ryte et I'acetate neutre de plomb y produisoient nn precipite blanc , ce qui denote la presence du sulfate de cbaux, dont la quantite n'est point assez considerable pour decomposer le savon. Lcs autres reactifs employes n'ont fait con- noitre dans ces eaux aucune autre substance etrangere. Seulcment I'eau , puisee le 29 aout, conservee jusqu'au 5 septcmbrc suivant dans uuc ( ,o5 ) bovilcllle de verre tres propre et Loucliee avec tin liege , a acquis une odeur et une saveur tres desagi cables. Ce derniep effet depend de ce que le sulfate de chaux passe a I'ctat d'hydiosul{\\te par Taction des niatieres vegelales ; car il croit dans la source beaucoup de plantes aquatiques. ARTS. Dcpuis quelques annees les artistes dirigent leurs efforts vers la de'couverte d*un instrunicnt propre a tracer des perspectives. M' Boscary en a presenle un a rAcademie des Sciences de Paris , sous le titre de Graphom^tre de perspective. Le CoordoTiographe ou instrument de pers- pective a ete presente a la Societc d'encourage- nient. M. Lalanne a fliit connoitre un instrument qu'il nomnie Secateur perspectif. A ces diffcrens instrumens nous ajouterons celui que M. Fevret de Saint-Mesniin annonce, par une lettre a notre Academic ( 21 yz/i/z 182.6), avoir invente, et qu'il designe sous le noni d'ins- trument^ro^r^ a dessiner les 06 jets en pers- pective. II suffira, dit-il, de faire le plan hori- zontal et Tclevalion verticale de I'objet a repre- senter, et de conduire une poiule sur les lignes ( 'o6 ) ^eterminees, pour qu'un crayon, fixe a nne autre branclie de rinstrument , trace la projec- tion visuelle de I'oLjet sur le tableau. L' Academic n'ayant point vu rinstrument, se borne , d'apres le desir de I'auteur, a consta- ler la date de son invention. RAPPORT SURLAMACHIIVE A TEILLERDEM. LORILLIARD (l). oeatice Dit i a ()eccui^to 4 8 a 7 ♦ Messieurs, Vous avez voulu qu'une Commission vous presentat un Rapport sur la machine a teilier de M. Lorilliardj voici le resultat de ses obser- vations. Cette machine doit etre consideree sous deux points de vue : celui de son raecanisme , celui de ses produits. Et d'abord son mecanisme : il est de la plus S^rande simplicitej cet instrument sc compose d'un levier brise , ou, pour me scrvir d'une (1) Ce second rapport, plus etendu que 1(? premier men- tlonne pag. 52, porte princlpalement sur les perfecliou- iiemens que M. Lorilliard a fails a sa machine, d'a- pres les avis qui lui ont ete donnes 5 il I'a soumise de nouveau a I'examen de 1' Academic , qui s'empresse d'eo faire connoitre le perfegtionnement. ( 1^7 ) expression vulgaire, de la reunion en biais dc deux pieces de bois par I'line de leurs extre- mite's. Ce coude repose sur un plan , et s'y meut par un mouvement de bascule determine par un treuil 5 les exlremites opposees sont ele- vees au-dessus du plan d'appui, sous un angle cVa peu-pres trenle degres. Pres du point dc jonclion et en-dessous sont fixees trois lames metalliques paralleles, sepa- rees d'a pen pres deux pouces, et correspon- dantes a des lames semblables , mais disposees de nianiere a s'engager dans leurs intervalles et fixees sur le plateau. C'est sur cet appareil que Ton applique d'a- bord les ^isceaux de clianvre ; la macbine niise en mouvement les ecrase, mais d'une maniere laclie et imparJQiite 5 sous les extremites du le- "vier, se trouve dispose un appareil semblable au premier, admettant ce pendant une lame de plus, et les distances sont moindres. C'est la que la partie ligneuse est brisee a un tel point, qu'il suffit d'un leger mouvement pour la degager. Les filamens sont alors dans le menie elat que s'ils etoient prodiiits par le teillage ordi- naire et obtenus du clianvre roui, c'est-a-dire en rubans larges et plats j mais ils conservent encore quelques parcellcs de ligneux. Aussi Icur fail-on sidjir alors une seconde ( io8 ) ©pcralioii , qui consiste a les broyer enire deux plateaux d'un Lois dur et crcnele ; les par- cellcs de ligneux , et de plus , une panic dc la substance an-alutinante sq\.\o\xsq.\\X, reduitcs en poussiere, et par la les fibres dcvienuent plus libres et plus tenues que par le teillage ordi- naire , et il a nieme etc prouve que chaque fibre a plus de force et de teuacile que celles des filamens rouis. Nous vous prions dc remarquer que comma ici Ton emploie la tigc entiere, c'est-a-dire la tige plus la raciue, les filamens out au moins quatre a cinq ponces de plus en longueur. Ainsi consideree comme simple machine a teiller, les avantages de celle-ci sont^d'abreger de beaucoup cette operation et dc donner des filamens plus longs et plus forts 5 mais, Mes- sieurs, celte machine est destinee, non-seu- lement a teiller le chanvre roui , mais aussi Ic chanvre tel qu'il vient d'etre rccolte, et seu- lement seche, et par-la se trouveroit remplacee d'une maniere brillanle roperation du rouis- sage, operation couteuse , au moins par le temps employejCtdangereuse paries fa Ligues^parTodcur infecte et les einanalions malfaisantes 5 nous devons ajouter que le teillage ordinaire expose a de grands dangers; il a lieu pendant les lon- gues soirees d'auiomne el d'hivcr. En aLUomuc, ( 109 ) lorsqne la temperature est douce , on teille avb milieu des rues des villages , et I'liiver dans I'in- teriear des habitations. Dans Fun et I'autre cas, les ouvriers ne sont eclaires que par la partie ligneuse ou chenevotte ; et qui povuToit ne pas etre effraye des suites de cet usage, lorsque Ton reflechit a I'iusouciance et a rimprevoyance des "villageois? Nous pouvons done affirmer que, consideree comme simple machine a leiller, celle de M. Lorilliard I'emporte de beaueoup, i° sur elle- meme au moment ou. elle vous a eLe presente'e pour la premiere fois ; car il falloit alors, pour la^ me lire en mouvement, deux hommes robustes, et qui, au bout d'une demi-heure, ctoient ha- letans et converts de sueur, tandis que mainte- nant elle est mise en mouvement pendant una journee enticre, et parun vieillard de soixante- onze ans^ 2^ sur celle de M. Laforet qui vous a ete soumise et qui est gene'ralement jugee et rejetee j 3^ sur les machoires en hois employees en Allemagne, en Suisse et dans quelques de^ partemens francais , comme moins fatigante et plus expeditivej 4^ sur celles preconisees en An-^ gleterre, qui, n'etant que des especes de beliers, brisent par leurs chocs la partie ligneuse et les fdamens. Cetie machine doit done fixer d'une maniere ( >'o ) tonle parliculiere rallention dcs ciiluvatctirs. Mais les procluits en sonl-ils aussl purs, aiissi favorables aux eniplois divers, que cenx donnes par les procedes ordinaires ; c'est ce que vos comniissaires n'oseroicnt affirmer. lis se sont assures que les filaraens du chanvre nou roui sont plus roifles et plus cessans, qu'ils conser- vent leur maliere agi^lulinaute, qu'ils se iilent plus difficilement, et que les tissusqui en resul- tent nianquent de souplesse; quelques expe- riences menie tcntees par la marine paroissent lui etre contraires. Ainsi vos comniissaires, tout disposes qu'ils sont a vous recommander cct ingenieux procede , ne peuvent cependant vous en dissimuler les inconveniens. Mais Us out voulu s'assurer s'il ne seroit pas possible de lui donner la perfection qui lui manque, en essayant de remplacer le rouissage par deslixivialionseconomiques(i). Ilsontdonc tente quelques essais dont ils vous souinettent ( 1 ) M. Nicolas , de I'Academie de Caen , propose la li- queur dont voici la formule : Pour joo liv. de filasse, l^. 5o pintes d'eau de fon- taine, — a liv. potasse^ — apres la dissolution , ajoulez 4 liv. d'lmile commune j — faites chauffer a. 20" , laissez reposer ; — deux jours apres faites chauffer a 35° , et ver- sez la liqueur sur la filasse ; — laissez secher , et travaillea la filasse a I'ordinaire. ( »1 ) le resullat, et ce resultat pronve que deja les filamens ont acquis plus de souplesse, plus de douceur au toucher, qu'lls semblenldebarrasses de leur maliere aggluliuante; niais resisterout- ils d'uue maniere favorable au peiguage? c'est ce que vos commissaires n'osent encore affirmer , I'experience seule le leur apprendra. Celle ex- perience est le complement de leur examen ,, niais ne pouvan I encore vous lasoumettre, ilsont au moins voulu que vous fussieza meme de don- iier une reponse a Taulorile qui la demande. Vous pouvez done, Messieurs, declarer que, comme simple machine a teiller, celle de M. Lo- rilliard est la meilleure connue jusqu'a ce jour; que pour I'usage ordinaire, c'est-a-dire pour le chanvre roui, elle offre des avantages posilifs, et que si les experiences que Ton suit et qui pa- roissent heureuses se souliennent, cette machine seroit un cadeau precieux fait a nos campagnes* ( ii2 ) INOTES Ablatives a l'histoire de la botanique en bourgogne, SCIVIES DE LA. DETERMINATION EXACTE OE TOl'TES tES Pf.ANTES DONT IL A. ETE QOESTION DANS LES CATALOGUES ET LES FLURES UE CEXTE provimce; PAR J.-IV. VALLOT, D. JM.,MEMBREDEPLUS. SOCIET. SAV., NATION. ET ETRANG. oeauce Da a 8 DeceuiGto i 8 a 5 . JLes reclierclies auxqnelles je me siiis livre pour eclaircir differens points de I'lilstoire na- Imclle des environs de Dijon, ni'onl fourni des resultats assez salisfaisans, dont la puLlicatioii rattacliera aux connoissances acluelles lout ce que nous onl laisse nosdevanciers^ en el'fel leurs iravauxj quoique surannes, ne sont nullemeut a rejeter. Philibert Coj^i^TLT ^ dont les ouvrages sont mentionnespar Halier (^Blbl. Botan, torn. i,p, 691 ), s'est le premier occupe de I'histoire na- turelle de la Bourj^o^ne , et son travail a elc copie, tant bien que mal, par ses successenrs. II donnoit le nom d'histoire naturelle a quelques observations faites snr des mineraux , des fos- siles ct des planies, et cclte denomination a tcl- (U3) Icment pre vain qvi'aojonrd'hui on appelle en- core a Dijon Cabinet d' Histoire nature lleX^^ plus minces collections de niineraux , de co- qnilles, etc. 5 voyezGuellard i^Act. Paris. ^ 17^3, p. 142) et BegLiillet i^Descrip, du Duche de Bourgogne y torn. 1, p. 4^7? et Descript. gener. de la France. Bourgogne ^ p, 248, ^ la note). Ayantpu consulter tons les anciens ouvrages, ayant suivi les conrs du celebre Guyton-Mor- veau, ceux du D^'. Dnrande, et m'etant tenu an couraut des cliangeniens que la science a eprou- "ves depuis ime qnarantaine d'annees , je me trouve place entre les anciens et les modernes , et je puis lier leurs observations. Philibert Collet soutenoit ( Entretiens sur les diocmes y i6p3, in-\2. ^ p. 160), que les nionlagnes de Sainte Reine, de Sombernon , et plusieurs autres de la Bourgogne, surpassoient les Alpes en hauteur. Cette opinion a ele adop* tee el repetee par Michaultj dans sai^/rr^^ M. Briojs sur la situation de la Bourgogne par rapport a la Botanique (1) j par Beguillet son (1) Celte lettre , citee par Haller ( BLbl. Botan. , torn. 2 , p. 3oi ) , est tres rare 5 I'exemplaire que j'en possede occupoit les p. 97-io5, signature G, d'un vol. in-80 impr. en 1738, dontje n'ai pu retrouver ni le titre ni Fobjet, 8 (»4) copiste, qirisignaloillescliannicscrAnvenel(i) et le mont Afriquecoinmc plus hauls queles Aipes. ( Descript. clii Due he de Bourg. , torn, i ,/?. 390 , pxDesev'ipt. gener. de la France. Bourg, p. 220. ) Jc roppelle celte opinion extraordinaire, parce qu'cllc a ele la source de nonibreuses erreurs dans nos Flores , ainsi que je le demon irerai plus has. Le perc David Anlhelme de Bardonanche , oraloricn a Beaune, des 1764 avoit envoye a r Academic (^/^janv. 1764 , Bcglstres , torn. I, fol. 95 ) , une Tyissertadoji geograpliique sur reLevatioii du ierrabi du Duche de Bour- goqne, Mais jc ne sais quelle eloit son opinion. J'ignore egalement cclle du D^'. Durande, qui donna a notre Academic ( \*6 aoilL 17*35, Be^ gistres , vol. XIV, fol. 4^0 , verso ) uno Notice sur V elevation du sol par rapport it la botanlque. Ces deux niemoircs ne se sont II m'a ete donne par le respectable abbe Le Prince , an- cieii cliauoine cle la Sainte-Cliapelle. Je crois que cette lettre n'a jamais ete tiree a part , et qu'elle a toujours fait partie du volume dont j'ai parle. (1) Dom R-uinart dit , qu'on appelle Cliaumes, les Tastes plaines dont les arbres sont abattus, et qui sout appropriees a Teducation du betail. ( Journ. Socitte des Scicnccsdu dcpartem. du Bas-Rhin, 1826 j no 2j p. 14^.) ( »5 ) , }K)int Ironvus clans les archives , et les re^lslres n'eii out, point conserve I'extrait. La belle carte bolaniqiie de la France, don- nee par Decandolle dans la Flore fVancaise, in- diqne 4^00 metres ponr Felevalion du depar- lenient de la Cote-d'Or au-dessus du niveau de la nier. C'est en effet le terme nioyen j d'apres Jcs mesures barometriques, Dijon est a 235 uielres, et le sonmiet de nos plus liautes mon- lagnes est a 617 metres : cette difference ne nous procure pasFavantagedont parleM. Pariset en disant ( Observations sur La fwvre jaiuie ^ jj. "j^"^ ) : cc II y a pres de Dijon une monlagne cc appelee le Mont Asrique ( pour Mont « Jifrique ) , ou, apres un sejour d'une semaine, cc plus ou moins, les lievres intermittentes , 9 - 3oi. ) Desl'an 1687, dcBlcgny avoitlniprimc qu'uii geutillionime des environs de Dijon culiivoit, depuis plusieurs annees , du cafe dans sa terre. J'ai demontre ( V elites afjiches de Dijon , 1824? P' 261-254 ) J que ce cafe etoit le lupin. L'erreur venoit du n\ol , f eve de cafe , employe pour designer ce grain : dela quelques curieux ignorans out conclu que les graines de plusieurs leguniineuses, designees sous le noni de feves, etoient du cafe ; et le savant D' . Balbis a vu culiiver sous le noiii de cafe le Lotus tctra- fympli3ea... de Geurcy, ( de Gevrey. Potamogeton... portes d'Auche et ] portes d'Ouche et. P. 227. Martagon... Flevigneret, | Flavignerot. Ellebore hlanc... etang de Geurcy, | etang de Gevrey. (Saulon.) Sigillum Salomonis... Geurcy. | Gevrey* Ornithogalum... d'Ormoy. j de Domois, Tiiia...daiJsLavauaupres de Geurcy, j laVauaupres de Gevrey* Angelica Sativa... aupves de Vontoux, j aupres de Vantoiix. P. 228. Anthemis folio Tauaceti... bois Cautenet, | bois de Lantenay. Gcntiaua minima., etang de Gourcy, | etang de Gevrey. Ornithogalum... aupi'es de Dormey, | aupres de Domois. Charaaepithys... ia route de Sully, | la rente de Sully. Bistorta aupres du mouliu d'Afrique , | au pied du Mont Afrique. (i) Sans doute M. Rauch a eu en vue les plantations de M. Rast Maupas, dont il est question dans les Ann. d'Agric. 1825, t. 3i. On lit en effet, p. 64, sous le n° 32 : «Le Noyer Pacanier a crii tres « bica dans les jardins de M. Rast Maupas, a Lyon, dans Ic cliuiat « duquel M. Madiot le dit naturalise, » ( 122 ) « est deja Ires repandu dans Ic dcparlcment dc cc la Cote-d'or : son amande est delicate comme « celle des noisettes 5 on en fait des pralines ex- ec cellentes. :>:> {^Aiinales Eiiropeennes , torn. 2, p. 432. ) Si le Pacanier de laLonisianeexisle dans le departenicnt de la Cote-d'Or , ce n'est qne comme rarete dans (pielqnes jardins. Apies Collet, d'Hnissier d'Argencour dressa un Catalogue alphabetique des pLantes de la Bourgognc , [Ualler^ Bibl, hotan. , torn* ^, P' 2o3 ). Ce travail, qni est reste MS., passa entre les mains de Michanlt, qui, au lien de le publier, comme il sc le proposoit ( J\Iel. histor, et philolog. y torn. "2.^ p. 92 ) , le mit en venle cliez un libraire, a Clialon-sur-Saone, en 1766. ( Act, Divlo/i, y 1820 , jr7. 21 1 . ) Ce MS. passa entre les mains de Begnillet, ( Descript. de la France. Bourg. , p. 296 (1) ) 5 et a la mort de ce dernier, le MS. Fut acliete par THerilicr qni le conserva dans sa bibliotlieqne ( Catal. de la bihL de I' Heritier ^ loobyp. 12B, n'^ 1 197 ), on il fut vendu 12 fr. J'ignore qnel en est le proprietaire actncl. MM. Van Praet et Beu- cbol, auxqnels je me suis adresse pour le de- convrir, n'onl pu me I'jndiquer. Be«uillet, aide du. secours de I'ouvrajie de d'lluissier d'Argencour; ctdela Flore du mont ( ,23 ) Pilat, donnee par Latourette (i), publia dans le premier volume , p. 099-403, de la DescriptioTi generate et particidiere du Due he de Bour- gogne , rcdigeepar liii, d'apres les mauuscritsde Micharilt {^AJfiches de Dijon , 1778 , yt?. 1 1), et par Courlepee, les noms de qiielques plantes de cette province,donlilaensuhedoiinela Flore pen exacte, quoiqu'en adoptant le systeme deLinne , dans la Description gendrale de la France. Departement du Rhone. Bourgogne. Paris ^ 3781 , in-foL An niois de jiiin 1770 , J.J. Rousseau , ac- compagne de Be'guillet, lierborlsa aux environs de Dijon , dans le cours duParc {^Descript.y p. 359 ^^ 411 ), OLi il crut irouver VEiyngiunt planum et X Eryngium pusillum. Mais il s^w. laissa imposer par des feuilles radicales de \E^ ryngiuni canipestre. C'est de ces botanistesque (1) Le botaniste Lyonnais annonce que les montagnes du Haut Bugey possedent a-peu-pres les meines plantes quale montPilat : de-la, Beguillet regardant nos montagnes comme aussi elevees que celles du Haut Bugey , a porte, sans scrupule , dans son catalogue, des plantes du mont Pilat. V oila pourquoi il gratifie la flore de Bourgogne du Meuniy dej Valeriana 2'ripteris-Pyre7iaica ^ el de plu- sieurs autres plantes. Veut parlerle D^". Diiraiide dans ses Caractcres des genres y p. xxxviii (i). M. Pignot , cliirurgien a Nuils , a explore avec soil! les cUverses locallles autour de celle ville : il a laisse un MS. procieux , dont pliisieurs parlies out etc eonimuni(piL'es dans le temps a ]\I. Durande, qui probablenient en anra fait usage, ainsi que des travaux de Collet, de d'Huis- sier d'Argencour, etc. , pour composer sa Fiore de Bourgogjie , dans laquelle il distribua les plantes d'apres le systeme de Tournefort , qu'il a moditie de la maniere la plus avantagcuse et la plus propre a faciliter I'elude de la botaniquc aux commencans. Le D^. Durande n'a pas ve- rifie par lui-mcme toutes les plantes dont il a parle j il s'en est rapporte, dil-il , (3o decemb* 1784 ? Registres Academ, , torn, XIV ^ fol. 246 ) , a des correspondans qui out pu le trom- per^ il faut peut-etre excepterde ces correspon- dans, MM. Guyette, cure de Quincey, Dumou- lin, medecin a Cluny , Buly, apolhicaire a Cha- lon , Merat, apotliicaire a Auxerre , cites par ]V1. Durande , a la seance puhliquedu mois de mai 1776, ( Re gist. Acad. ^ v. V III ^ fol. 70 vers. ) Get aveu de M. Durande apprend qn'il avoit reconnu des erreurs dans son ouvrage, et (]u'il avoit le projet de les rectilier. G'est pour remplir les intentions de I'ataeur, que j'ai enlrepris le ( 1^5 ) travail que je soumets acluellement a I'AcaJe- niie. II est (.rautant plus important cpi'il sii^nale la source de toutes les erreurs contenues dans la Flore de Bourgogne , et d'une on deux conte- nues dansleSupplement a cette Flore, parM. le D'* Vallot , inserc dans les Mem. de I' Acad, de T)ijon,pour xZio^p. 64-263. Pourreussir, il a fidlu comparer, I'ouvrage de Collet^ Ic Catalogue de d'Huissier d'Argencour, dont il existe une copie a la bibliollieque de la ville; la Flore publiee par Beguilletj celle du D^. Durande, avec lesplantes elles-memes, dans les localites indiquees. C'est ce que j'ai fait, et ce que cliaque botaniste pourra repeter. D'Huissier d'Argencour employoit les phrases de Tournefort pour designer les plantes qu'il rencontroit; mais adoptant I'opinion de Collet sur I'elevalion de nos montagnes, et s*appuyant de I'expression vulgaire : la niontagne et le payS'bas f il ajoutoit Tepitliete alpina au noni des echanlillons qu'il cueilloit sur nos mon- tagnes 5 il les regardoit comme differens de ceux recoltes dans la plaine aulour de Dijon , soit dans le bouquet du bois de Domois, sur le clie- min desRomains, soit dans le bassin ,alors si ma- recageux,desTilles. Cette mesure tendoit a faire confondre, par la suite, ces plantes avec celles Veritablementalpines, et c'est ce qui est arrive., ( »26 ) Lorsque le syslciue ile Liniic cul fait coil- noilie Tavanlage de sa nomenclature, les Lota- iiistes de Dijon s'empresscrent de I'adopter 5 ct pour en profiter , lis se contcnterent de placer le noni Linnden a coledecliafpie^/zr<75^(leTour- nefort, rapporlee par d'Hnissier d'Argenconr , sans cliercher a reconnoitre sirapplicalion eloit juste et convenable a la plante deslj^nce par cc dernier auteur. M. Durande s*estcontente de copier la phrase de Linne alasnile dechaque noniLinneen place surlecataloguede d'Huissierd'Argcncour. Telle est une des raisons pour lesquelles se irouvcnt portees dans la FloredeBourgognebeaucoup de plantes qui ne lui appartiennent pas. Une autre raison depend de ce que M. Durande regardoit des ecliantillons plus hauls on plus nourris, plus petits ou plus niaigres, comnie des especes dis- tinctes, et les consignoit comnie lelles dans sa Flore. Parnii lespreuves,je citerairO/zo^or^/o/i ill/yricujity le Vastiiiaca opopoiiax , etc. , etc. D'autresfois,il s'en rapporloit aux notes de per- son nes qui prenoicnt le Kanunculus arvejisis pour le Tribulus terresU^is, etc., etc., V Hydro- char is morsus ranae pour le Stratlotes alol- dcs , la Dentaj^ia pbinata \)0\\v\cPoh'gonu7}i blstorta. C'est cependanl u une autre cause qu'il faut ( 1^7 ) attribuer la note insere'e par Lamarck, dans sa Flore francaise , torn, 2 , p. 62.4 , a Toccasion de V Epimede des Alpes. cc Cette plante, dit-il , a ete observee an mont «c Afriqne, procbe Dijon en Bourgogne , par cc Doni Fourniault." Cette assertion est repctee par T^Q.Q.d^wAi:i\\Q,^ Flore Jranraise , torn, 4? p* 628 , dans Ics ternies suivans : cc Cette plante a jou le de sa main , sur I'e liquette de V Epimediunp alpinum : cc Doni Fourmault m'a dit qu'on le trouvoit sur le mont Afrique. »De la je conclus que Dom Fourmault a induit en erreur I'abbe Guyette , en confondant le mont Afrique, avec les Alpes. Peut-elre celadepend-il de I'ancieune , ( '28 ) reputation attfibuee a ceiie montajjjne, doilt iin point a recu un ties signaux que Cassiui a places autour de Dijon. Ce signal sc lioit vers I'oiient a la tour de Tahnay , et au clocher d'Auxoune j un autre triangle du premier ordre lioit le niont Af'rique a Citeaux et a Auxonne. Le sommet de cette montagne n'est qu'a 3i4 loises ou 611 metres au-des5us du niveau de la mer, d'apres le pere Andre de Gy. Son nom a provoque les recherches de uos antiquaires. {^AJfiches de Dijon ^ ^ZP^j /?• 197. Act, JDh'ion. y 1819, p. 146 (1). ) Ne viendroit-il pas de la situation de cette montagne par rap- port a Dijon ? C'est en effet du point qu'elle occupe, que part le S. O. appele .z^7c«j par les Anciens. Cette montagne a ete rendue celebre par les excursions botaniques qu'y out faites P. Collet et son eleved'Huissierd'Argencourqui I'avoient'^ cboisie pour un des buls de leurs promenades y loujours par suite de I'opinion ou ils etoient do sa grande elevation. L'opinion s'ea etoit lelle- ment maintenue, qu'a I'epoque des cours dc botanlque faits par le D^". Durande , la course du mont Afrique etoit encore regardee comme une des plus inleressantes. Desreclierclies posterieures, fort exacles, on I determinesa veritable liauteur, etapprisqueccltc; ( 1^9 ) localite n'offiOlt quedes plautesqneron i etronve ailleuis, soil dans la plaiue aulour de Dijon, soil sur les coteaux. Le but de mon travail est done de retabllr I'ordre et Inexactitude, en signalant Jes denomi- nations inexactesdcBeguillel, cellesde Durande, et en determinant les plantes dont a parle Col- let. Je les rapporterai toutes aux noms imposes par DecandoUe et adoptes dans le Catalogue al- pliabetique de MM. Lorey et Duret , publie eii juin xhnS , catalogue dans lequel ces auteurs n'ont parle que des plantes qu'ils ont recokees eux-niemes. Afin de fliciliter la comparaison , je suivrai I'ordre adopte par leD^. Durande dans sa Flore de Bourgogne. 3. EcJiium italicum. Ce nom d^signe un ecliantlllon vlgoureux ^Echiuin vulgare. 7. Pulmonaria officinalis. C'est iin doutle emploi de la Pulmonaria angustifolia, 8, designee par Collet, Cat., paq. 10, sous le nom de Veritable Piilmonaire. i4« Anchusa officinalis. i5. AncJiusa angustifolia* Double emploi pour designer V Anchusa italica, petite Buglosse a fleurs. Beguillet, Descript., pag. 343. 18. Cynoglossum apenninuni , a.u lieu de Cynoglossum montanum. Voy. Act. Div., 1820, p. 72, no j8. Le doct. Durande, pour determiner les plantes des environs de Dijon, qu'il rencontroit , faisolt usage de la Flore fran<^aise de Lamarck j uiais il n'en adoptoit 9 ( i3o ) point les denoininallons : 11 prenolt le nom Hnneen rappele dans la synonymie. Lamarck , ayant rapporte y par equivoque, a son Cyjioglossum montanuniy Cyno- j;losse des monlagnes, Beguillet, Dascript. gener. de la France , p. 344 y ^^ Cynoglossum apemiiiium , Linn., qui est une plante entierenient differente, a, de cette maniere , induit en erreur I'uuleur de la Flore de Bour- gogne. 24. LisimacJiia tcnella , aujourd'Lui Anagallis fe- nella^ dans les environs de Saiilieu. 27. Primula lactea , indiquee en Bourgogne par La- marck, Fl. franc., torn. 2 , jd. 25o, n'est portee sur au- ciine de nos Floresj aussi M. Decaudolle n''indique-t-£l plus , Flor. franc., tonin 3, pag. 44^ ? ^'-^ 236 1 , I'An- drosace laclce conime appartenant a notre pays. cc D'Huissier d'Arijencoiir a trouve au Mont-Afri- cc que, a N. D. d'Etan, la Piimula veris jnontanaf cc seroit-ce XnPriinula auricula? ^^ f}i'i\. Beguillet, Descript, de la France , pag. 345. Ce passage est une des preuves des foibles connois- sances de Beguillet en Lotanique : s'il fut alle dans les lieux indiqiies , il y auroit trouve, comme d'Huissier d'Argencour , la Primula clatior, espece que Ton ren- contre a la fontaine de Joiivence, oii elle est frequente sur ladroite, tandis que la Primevere officinale ne se trouve que sur la gauclie 5 car ces deux especes ne crois- s'ent point ensemble. 27.* Androsace carnea , indiquee , Caract. des genres, p. iij (1) entre la Noue et Chenove (ou on ne la trouve plus) , est \! Androsace maxima, trouvee dans les champs de Pouilly-lcz-Dijon. Cette plante est iinc de celles mul- ( i3i ) liplices aux environs de Dijon , par les graines qu'y r^- pandoit M. Tartelin, dans ses excursions botaniques. 29. Cyclamen europceum. M. de la Tourette a trouv^ cette plante dans les montagnes du Bugey, etc., DeS" cript. de la France) pag. 345, n^ 785 mais elle ne croit point dans la Cote-d'Or. Le Cyclamen a ete porl6 dans la Flore , par suite de I'equivoque Cyclaminunt unico folio employe pour designer le Mayanthemxim hifolium ; et ce n'est pas la seule fois qu'un mot a prodiiit une erreur. 33. Gentiana lutea. Cette plante sauvage croit prin- cipalement sur les calcaires de transition. Elle se re- fuse a la culture , ne dure pas plus de deux a trois ans dans les jardins : le semis ne reussit pas; ou s'il germe , il meurt la premiere annee. {Nouv. cours com" plet d' agriculture f 1821 , tom. 7, p. 3o3.) 35. Gentiana nivalis y pour indiquer la Chironia cen- taurium y cueillie sur le Mont-Afrique, et designee sous le nom de Gentiane des Alpes a. feuilles de petite cen^ tauree , sur le Mont-Afrique, a. Sombernon , etc., par Begidllet, Descript. gen. Franc. y pag. 358. M. Duret pense que c'est pour indiquer Gent, ciliata. 37. Gentiana amarella , ^ox\y Gentiana germanica.. 5i. Erica cinereay double emploi pour indiquer une Tariete de Calluna erica. 5<). Jasminumfruticans. Beguillet doute avec raison, Descript. de la France. Bourg.y p. 326 , /zo 3 , que le jasmin jaune soit indigene u la Bourgogne. Celui mentionne par le doct. Durande , est fonde sur le Ge- idsta prostrata , 762, qu'un amateur aura appele Trifo- Hum friUicans* ( »32 ) 83. Rub/a lucida, observe par Beguillet, ^ct. Div.^ 1820, pag. 84 et 208 , est le Rubia peregrin a. 89. Campanula latifoliay double emploi du Campa- ri u la tra ch eliu m . 9 1 . Campanula graminifolia , pour Campanula 11" nifolia. 1 09. Momordica elaterium se trouvolt , suivant Collet, Catalog., pag. 70 , dans les materiaux aupres de la porte Saint-Pierre. Aujourd'hui il nV existe plus. 117. Pinguicula vulgaris portee sur la Flore , d'apres d'Huissier d'Argencour qui I'avoit inscrite sur son ca- talogue if mais comme I'ayant recue de Suisse. 124. Euphrasia latifolia , double emploi de la Stel" laria holostea, 6'j/\. , designee par quelques anciens bota- nistes sous le noni de Euphrasia major. \ 33. Melampymmpra-' Melampyrumsylvaticunif tense, bractees superieu- bractees superieures ires res pinnatifides , dents du entieres , dents du calice calice longues et setacees ; plus larges etplus courtes; croit dans les bois. lie croit que sur les hau les montagnes. i36. Poly gala monspeliaca , double emploi du Pa- lygala vulgaris, i34. 137. Veronica spuria. i38. Veronica longifolia. 339. Veronica spicata : triple emploi pour designer la Veronica spicata , 2408. J 61. Antirrhinum alpinum , est la Linaria striata cueillie surle Mont-AfrlquCy et dont Collet avoitparle, Cat. p. 3oe^55, sous les nomsdeLinaireblcue, Cameline, Linum campestre. Voy. Act. Divion., iSio ^ p. 21 5. 173. Lonicera alplgcna, double emploi du Lonicera acylosteon cueilli sur le Mont-Alrique. D'Huissier d'Ar- ( 333 ) gencour avoit Fliabltude d'ajouter I'epltliete Alpina a la phrase de Tournefort, dont il se servoit pour de- signer les plantes qu'il trouvoit sur nos montagnes, et il les regardolt comme des especes differenles de celles cueillies dans la plaine. Faute de faire cette oLservation, ses successeiirs ne verifiant point les denominations des plantes trouvees dans le local indique par Collet et d'Huissier d'Argencour, reproduisirent les douLles em- plois qxie nous signalons. J 78. Salvia verticillata , pour Salvia verhenaca. Ainsi il faut supprimer la localite indiquee par Decandolle , Flor. fiujic.y torn. 3, p. 5ii , n^ ^489, d'apres Du- rande , et la placer sous la Salvia verbenaca. 180. Salvia oeihiopis y double emploi de la Salvia verbenaca. \ 90. Teucrium jlavum , double emploi pour designer le TeucriuTTL montanum. Ainsi il faut supprimer la lo- calite indiquee par Decandolle, Flor. franc. ^ torn. 3, p. 5i<) J Tzo 2.5o6 , d'apres le doct. Durande. 195. Sideritis liirsuta. Ce noTQ ^ qui appartient a xme plante bien representee par Buc'lioz , Jardin d'Eden , tab. IX 5 n'a ete employe que par tin lapsus calami pour indiquer le Stachys sideritis. Voy. les preuves dans Act. Div., 1 820 ^ p. 91 . Mentha exigua , mentionnee dans les Caractcres des genres y p. a:ij {\yj double emploi du Mentha sylves- tiisf 1 96. 206. Lamium garganicum , dans les Act. Divion.f 1820 , p. 219 ^ double emploi pour designer le Lamium IcEvioatum. 236. Prunella hyssopifolia ^ nom mis par errenr poiiff designer la Brxinella laciniata. ( i34 ) 246. Le iaitron des Alpes a fleurs tleues, donf parle Begiiillet, Z^t^^cr/y?., /)<7^. 449? "'^st que \a. Laciuca pe- TCJinis , cuelllie sur le Mont-AlVique. 1S0. Hieracium alpinum , double emploi de Vlliera- cium pilosclla , cueilli sur nos montagnes. Ainsi il faut suppriinerrindlcation BourgogJiCf rappelce Flor. franc., torn. 4? p^g- 19? ^^ 2905. 353. Hieracium duhium y mis pour Hieracium palu- dosum, 270. La Scorsonereii fleurs pourprees, appelee parBe- guillet Scorzonera coerulca , Linn., Descript.y pag. 44^* est le Tragopogon porrifolium y Linn. 281 . Cardials tuberosus. 282. Carduus dissectus ^ dou- Lle eraploi pour designer la plante appelee aujourd'hui Cirsium bulbosum , a moins que Carduus dissectus ne soit pour Cirsium anglicum.. 284. Le splierocepliale ou cliardon a tetes rondos et cotonneuses , Bt-guillet , Descript.y p. 453, est Ic Car- duus eriopJiorus y aujourd'hui Cirsium criophonim. 287. Onopordon illyricum y double emploi de VOnO" pordon acantliium , sur un echantillon duquel le doct. Durande avoit cru remarquer un peu de nudite des pe- doncules, sous les calices. Ainsi il faut supprimer la lo- calilequ'indiqueDecandolle, J^/or. yvflTZc., tom, ^y p. jS^ d'apres Durande. 293. Carthamus /7///w5//ni/.j , double emploi pour de- signer un maigre echantillon de la Centaurea lanata. 298. Centaurea crupina , double emploi de la Ccn- tauiea scabiosa , 3o3. 299. Centaurea phrygia y double emploi de la Cen- taurea montana f 3oi , designee dans quelque catalogue ( i35 ) sons le titre de Cyanus sylvestris montanus iiitcgrl- folius, 007. Centaurea salmantlca y double emploide la Cen- taurea calcitrapa , 3o5. 319. Chrysanthemum segetmriy double emploi du Ca- lendula arvensis y Sao , designe sous le nom de Chry~ santhemum y dans un des catalogues mis a la disposition du doct. Durande. SaS. Gnaphalium sordidum j double emploi du Cq- nyza squarrosa y 322. 332. Tussilago alba, double emploi du Tussilago ■petasites y 333. 341. Senecio Doria , ^o\^Y Senecio sarracenicus y de- signe, d'api'es de \ieux auteurs, sous le nom de Herha doria. 343. JDoronicum hellldiastmmy pour indiquer le Do- Ton icu mpardalien ch es . 345. hiula odora y signalee avec doute en Bourgogne par DecandoUe , Flor. franc. y torn. 4iP- ^4^ ? '^° 3i43 , ii'est qu'uu double emploi pour designer V Inula mon- tana y ou peut-etre , suivant M. Duret, V Inula hri- tannica. 35 1. La Conize bleue des Alpes , Dcscript. gcner. et particul. du Duche de Bourgogne y par MM. Beguillet et Courtepee y torn, j , p<^g' 4°^ , et Descript. de la Francey p. 4^/5 est V Erigeron acrey cuellli sur le Mont- Afrique et appele Conyza ccsrulea alpina. 353. Cineraria alpina y pour la Cineraria sihirica y ap- peleeZz]o-7//a/"/«5/Z»z'/7ca par Henri Cassini, Diet. sc. nat., t. 26 , p. 4o2 5 Cacalia alpina y par Beguiilet , Descr. dc la France y p. 4^4: ^^^ 345. Get auleur Findique sur le^ ( i36 ) Mo7it-Afrique par suite d'une plaisante Levue. D'HuiS- sier d'Argencour avoit designe dans son catalogue, le Tussilago farfara, qui se trouve sur le cliemin de Cor- celles-les-Monts , sous lenomde Tussilago alpina. Cette denomination , ayant ete prise pour celle de C. Bauhin, Pinax , p. J 98 , torn. 3, qui se rapporte efleclivemcnt a la Cacalia alpina de Linne , a fait croire a Beguillet y que la Cacalia croissoit sur le Mont-AfVique. On pent se convaincre de Texactitude de mon expli- cation , en lisant ce que dit Darluc , Hist, natur. de la Provence , torn. 7. ,f pag. lOi et 3i8. 354. Erigeron 'uiscosiuii , indique en Bourgogne par Decandolle , F/or. franc., torn, /[i^pag. i53, /^o 3i54j n'est qu'un double emploi fonde sur le Senecio viscosus, designe dans les catalogues sous le nom de Conyza. montana fuliis glutinosis pilosis. 355. Erigeron graveolens f double emploi de V Erigeron. acre. 378. Scabiosa gramuntiana , double emploi de la Scabies a columbaria. 379. Valeriana rubra, aujourd'hui Centrantlius an^ gustifolius, plante designee par Collet, Catal.,p. 83 1'/88 , sous les uoms de Yaloriane odorante de montagne , Ya- leriane rouge ou de montagne , et par Beguillet , Des- cription de la France. Bourgogne , p. 33o , sous ceux de Valeriana triptcris , et V aleriane des Pyrenees , (Act. Divion., 1820, p. 207.) L'erreur de Beguillet vient de ce quM a copie La- tourette , ainsi qu'on s'en convaincra en comparant ce que disent ces deux auteurs. Valeriana t rip te ris , \ ale ri'Awe des montngnes, dans les fissures des roclicrs duns le Bagey. Latourctte, ( 13/ ) Valeriana pyrenaica , aux Lords des Lois de Pilal. Latourette. Valeriana tripteris , la Valerlane de montagne , tout le long des rockers de Dijon a Plombieres. Beguillet. . VaUriane des Pyrenees , au bord des Lois du Mont- Afrique. Beguillet, La ressemLlance est assez frappante pour me dispenser d'une plus ample discussion. /^o?>.Alysson OEderi , indiqueaux environsdeSemur, parDecandoUe, Flor. franc., torn. 4, f- 696, n^ 4^24 > n'est qu'un double emploi de V Erysimum erysimoides , designe par quelques-uns des correspondans du doct. Durande , sous ie noni dH Alyssoides fruticosum leucoi folio x'iridi. 409. Clypeola jontiilaspi y indique par Decandolle , au-dessus de Larrey , vers Pouilly en Bourgogne , Flor. franc., pag. 691, n^ /[i\^^ n'est que le Thlaspi per^ fbliatum f ^10 , qui a ete porte sur les anciens catalogueSj sous le nom de Thlaspi minus clypeatum. La Flore de Bourgogne a ete enrichie de la Clypeole , par la metliode peu exacte dont on s'est servi pour employer le catalogue de d'Huissier d'Argencour. Biscutella didyma , Caract. des genres, pag. xxij. C'est tres certainement la Biscutella ambigua , Var. Cd. de Decandolle. Voy. Act. Divion., 1820,/?. 2o3. 419. Grande Drave ou Tabouret a larges siliques , qui croit dans les bois contre les rocliers. Beguillet^ Descnpt., pag. 426. C'est le Thlaspi montanum , dih- signe dans Courtepce , torn. 1 , p. 4*^^ 7 ^o"^ ^^ nom de Myagrum saxatile des Alpes 5 dans la Descript., pag. 426 , sous celui de petit Thlaspi des Alpes. Voy. Act. Divion.f xZio-^p. 206, K. p. 208. ( i38 ) 4^^' Erysimum hieraci folium, double emploi cntesdans la Flore de Bourg. A^3. Tillaea aquatica.i ^ pour le Crassula rubens. 485. Sediim cepaea (1) double emploi du Sedum tele~ plnum , dont la rariete a fleurs blanclies a ete designee , sans indication de localite, sous le nom de Sedon dfeuilles da pourpier , par Beguillet. /)e5C/7^^p. 387,72° 191. 494' ^osa eglanteria , pour 7^05« cinnamomea ^ Rosa lute a , etc. Buc'hoz regarde la Rosa lutea comnie indigene en Bourgogne. (^Beguillet, Descript., p. 4oo.) 11 se tronipe. 497. Rosa Burgundica , double emploi du Rosa pim^ pineUifolia , petit rosier tres epineux , Beguillet , DeS' cript. de la France y p. 400. C'est de lui qu'il s'agit, lorsqu'on parle ( N. D. H. N., ed. 2, torn. 29,/>. 472) > *'■ " I ■ M»l ■ ■ " ■ll « -III I I ■!■ I W ■ I ^ ^ C M.B I ll.l ■■■! 11 ■ « , ■■»— —— ^—a ■■ — ■!■ ■ I Itm (1) Le mot Ccpcea iudique, suivant les Anciens, \e J^eroiiica hecabmrga , le Sedu/ii anacainpseros ; et Dalechamps s'est servi , torn. 2 , p. 233 , du mot Ccpa'a pour designer I'Heliotropium Eu' ropceuni. Aiusi il y avoit Lien des causes d'erreur. ( Mo ) d'un Hosier de Bourgogne trouve en 17^5, sur le niont Afrique ( Bon jardinier, 1810 , /n 678^, par un jar- dinier qui I'aper^ut en coupant du bois sur cette mon- tagne. Decandolle , {Tlor. franc, y torn. 4 if' 44^? ^• 370^), Tappelle Rosier de Champagne , et le dit, d'a- pres Durande , commun sur les raontagnes aux environs de Dijon. 11 fiut done supprimer tout ce que les auteurs ont dit de ce prctendu rosier de Bourgogne, et nieme ce qui est dans ^J&'/^cJ'c/. method. Botanique, torn. VI, p* 278, col. 2, a I'article g. Rosa Burgundica, etp. 379 y col. 2 , var. i. Roses pompones , Rosier de Bourgogne. Cest le seul moyen de remedier a la confusion que cette espece imaginaire a deja occasionnee. 499* Rosa alba, double emploi du Rosa canina. 5o\. Licium gallicum, Collet , Catal. , p. 100. Cest \e Rhamnus alpbms , et nullement le Rhanuius infccto- rius indique Act. Divion. , 1820, /?. 217. Jolyclerc, en 179^, a encore donne le nom de T.ycium au Nerprun 5 niais Willemet I'eu gourmande , dans le Magasin encycl. , \'j()5 ^ torn. 6. 5x5. Circcea alpina , double emploi de la Circcca lu- te tiana. 5?>j. Cratcegus azarolus , double emploi du Mespilus oxyacantha, ainsi qu'il est facile de s'en assurer en recou- rant a la Tlore francaise de Lamarck , torn. 3 , p. 484- 547. Hypericum pulchrum pour Hypericum monta~ num. M. Durande n'a point porte dans sa Flore I'Hy^ pericuni pulchrum , du Catalogue de MM. Lorey et Du- ret, rencontre a Yic-sous-Thil. 549 • Hypericum tomentosum -^awr Hypericum Elodcs. Hypericum diversijhlium , Act. Divion. , 1820, p. i34j pour Hypericum Coris. (>4i) B-jo. Fumarla spicata pour Fumaria pan'ijlora. 5y2. Impaticns noli me tangere , portee par suite d'une equivoque sur le Cardamine impatiens. 5'j'j. Cistus pilosus pour designer V HeliantJiemum pulverulen turn . 578. Cistus apenninus f double emploi de VHelian- tliemum pulvenilentum. On en a la preuve en consultant la Flore fraTicaise de Lamarck, torn. 3,^0. 157. 579. Cistus umbellatus f pour HeliantJiemum mari^ folium. 582. Linum strictum , pour designer le Linum gal- licum, 695. Anemone alpina, double emploi, pour V Anemone- Pulsatilla , cueilli sur le mont Afrique. 6o5. Ranunculus Thora, double emploi du Ranuncu- lus auricomus , cueilli dans les bois de Notre-Dame-du- Tan, par Collet, Catalog., p. i^etyi , qui, trompe par les feuilles radicales , I'a appele Thora. Voyez Act. Di- i)ion. f 1820, p. 212, 2i3. 608. Ranunculus alpestris, double emploi du Ranun^ cuius auricomus , dont les petales blancbissent quelque- fois en tout ou en partie. 628. Tribulus terrestris , double emploi du Ranuncu- lus arvensis, 6i2.C'estprobablement apres avoir reconnu plusieurs substitutions aussiextraordinaires , par les per- sonnes qui lui envoyoient des notes , que le Doct. Du- rande a ete force d'avouer qu'il s'en est rapporte a des correspondans qui ont pu le tromper. Celui de Semur a prisles semences comprimees et lierlssees lateralementde pointes nombreuses et fort graudes , pour des fruits de Tribulus tcrrestris* ( l42 ) Ce Tiibulus peut etre aussi fonde sur le T/ihu- lus terrestris , DalecU. , H. pi. , torn, i , p- 4^3, Medl- caso minima du catal. o « M. Durande a trouve en Bourgogne le TrolUus Eu- cc ropctus ^^ ce mot. Beguillet a appiiyc son assertion, car le nom generique seiil Trollius , se lit a la page 214 de la Flore de Bourgogne. 657. Lichnide rouge , anjourd'liul Zjc/mw sylvestris, 661. Silene conica, pour designer par double eujploi le Lychnis dioica, 667, dont le pied femeile a ete appele a tort, Lychnis sylvestris calicibus turgidis striatis. 67 1 . Arenaria saxatilis , pour designer VArenaria Jasciculata. 686. Mcehringia jnuscosa inscrite pour VAlsine mu" cronata. 700. Laserpitium latifolium f^^our Laser. asperumf3^']0, 70 1 . Laserpitium trilobum , pour Laser, aquilegi" folium. 702. Veucedanum officinale. Par ce nom M. Durande a designe la plante que M. Desfontaines a reconnue ctre \e Peucedanum tauricum. M. Curt Sprengel I'avoit ap- pelee Slum 'virescens y et alleguoit la figure intitulee Versil sauvage de Dodon.ee y et placee torn. 1 , p. 600 de VHistoire des plantes de Dalecli. ; mais ce persil sauvage a les fleurs blanches. Le Peucedanum tau^ ricum y designe a tort par le nom de Caclirys Ice- vigata dans les ylct. Divion. 1820 , pog' i52, 71^ ( i43 ) 702 ) et par celul de Selinum pratense ? p. 2.12 , d'a- pres Persoon, est ties bien represente par Dodoens, Pempt.y lib, V , pag. Zxj. La figure a ete copiee par DalecLamps , Hist, plant. , torn. 1 , p. (i/\i^ avec le titre Peucedanon de Dodonee. Elle donne une idee fort exacte de notre plante , etpeut fixer I'mcertitude desho- tanistes sur elle. 710. Buplevriim tenuissimum ^ double emploi du Bu"> plevrum odontites. 712. Seseli glaucum , employe d'apres la Flor. franc, de Lamarck, torn'. 3 5 p. 4^6 , pour designer le Pimpi^ nella dioica , dont Dalecliamps a doune une description exacte et une figure passable, torn. 1 5 p. 653, et p. 654, sous le titre de Autre Nleu, ovl Fenouil tortu grand, C. Bauliin , Pin. ^p. 14^ > ^ > I'appelle Meum Dauci Cretici facie. 7 1 3. Seseli elatum designe le Seseli peuccdanifolium , ( du Catalogue de 1 825 ) , que Decandolle , Flor. franc. _, torn. V , p. 5p3 , n" 34177 regarde comme uue des nombreuses varietes du Seseli montanum , jii. Ainsi la localite indiquee dans la Fl. franc. , torn. I\ ., p. 285^ doit etre effacee. 718. Pimpinella glauca^ signale dans les Act. JDivion., a 820, p. 2x8, designe VAEthusa hunius. 720. Anethiini fceniculum , pour indiquer le Seseli montanum f 71 1« Le Fenouil est exotlque, et son habitation en France n'est que le resultat de la culture. Le Doct. Durande ^ en I'indiquant aux environs de Semur , et Beguillet ea I'indiquant, Descript. de la France, p. 365, n^ i33, sur le cbemin de Dijon a Plombieres , aux Buttes de Se- inurj etc. J m'ontfourni le nioyen de reconnoitre la plante a laquellerun etPautre avoientdonne le noni defenoiii!, sans I'avoir vue. J'ai reconnu que la plirase Tarjiiculmit sylvestre elatius ferulae folio breviori , To urn. I. R. H, p. 3i 1 , employee par d'Huissier d'Argencour , pour in- diquer la plante connue anjourd'lmi sous le noni de Seseli montanum , pLrase a cote de laquelle s'est trouvei ecrit le mot Fejiouil, est cause de I'erreur des deux au- teurs ; et pour ne lalsser aucun doute sur I'explicatioii que je donne , il me suffira de rapporter le passage sui- vant : « D'Huissier d'Argencour a trouve le Seseli de cc montagne ou Faux Meum a la descente de Seniur. •» Descript. de la France. Bourgogne , p. 365 , 7z.° j3o. Ainsi le Seseli montanum croit dans lelieu assigne au T^veienAxi Anethum fceniculum. 721. Smyrnium olusatruniy double emploi ^qV Atlia- manta oreoselinum , 727 , comme il est aise de s'en as- surer , en rapprocliant des localites indiquees par le Doct. Durande, ce que dit Beguillet, Descript. , p. 365 , 71° 102. « Le Maceron a une odeur de myrrhe; il croit cc au-dessusdes vignes de la cote , au mont Afrique, dans cc les bois de Flavigny , etc. 33 720. Pastinaca opoponax , double emploi pour designer des echantillons tres grands et bien nourris de panais sauvage, 722. 735. Tordylium officinale, double emploi du Tor- dylii/m maximum , dont les graines etoient dessechees. 743. Scandix nodosa, double emploi du Caucalis nodosa , 734. 746. Coriandrum testiculatum , double emploi pour designer le Coriandrum sativum , croissant isolement. Aussi M. Decandolle a eu raison de douter, Flor. franc,, tum. 4 1 p- 293 5 «o 3435 J de I'existence du Coriandrunk ( 145 ) teisticulntUm dans les cliamps , aux environs de Dijon. 749' Phellandrmni mutellina, portee sur la Flore d'a- pres la phrase du catalogue de d'Huissier d'Argencour > qui I'avoit recue des Alpes. ySo. Eiyngium planum et Erynghim pusillum , bases sur des i'euilles radicales di'Eryjigium campestre, ySi . Astrantia major, (Act. Divion. , 1820, p. ^56)y annoncee a. la seance du 18 aout iy85,,RegisL, torn. \/\^ fol. 480, ne se trouve plus dans I'endroit indique. L'e- cliantillon vu par M. Tartelin , etoit le produitde graines qu'il y avoit semees I'annee precedente. 'jS'j. Genista get manica , pour Genista anglica. j5(). Ononis minutissima , pour Ononis parviflora. ydo. Trifolium bituminosum , Collet , pris par Haller^ jBibl. hotan., tom. ^^P' ^4y pourle Psoralea bituminosa, Lin., est V Ononis natrix. \oyez Act. Divion. ^ 1820^ p. 2l3 , 2l4« 762. Spartium decumbens , le petit genet purgatif^ Genista purgans , dont la fleur sent la vanille, au mont Afrique, Begiiillet , JDescript, ^ p, 4^8 , est aujourd'liui Genista prostrata. •765. Cytisus sessifolius f aujOurd'liui Cytisus ni" gricans. 766. Cytisus supinus y pour Cytisus capitatus. 768. Trifolium hybridum , double emploi du Trifo" Hum repens. Le D^ Durande ayant trouve dans la Flore • 607 , n. 4046, la Coronille a grandes stipules , i Notre-Dame d'Etan en Bourgogne. 822. Astragalus Jiamosus , double emploi de VAstra^ galus glycypliyllos , 821 , dont on aura cru Yoir les ca- iices velus. 823. Asphodelus ramosus. 824. Aspliodelus fistulo- sus , sont utie nouvelle preuve a I'appui des details que j'ai donnes sous le numero 789. Collet, dans son Cata- logue, p. 5i^ parledes Aspliodeles blancs qui se trouvent dans les bois de Sombernon. Le Doct. Durande ne pen- sant pas que Collet deslgnoit par ce nom les Phalangeres Anthericum , a porte dans sa Flore ces deux Aspliodeles des provinces meridionales, lesquelles sont, comme on le voit, un double emploi de V Anthericum ramosiim, 837 , et ^qV Anthericum liliago , 838, places aujourd'liui sous le genre Fhalangium. 826. Hyacinthus non scriptus , double emploi de ( i48 ) Vffyacinthus comosus , 828 , aujourd'hui Muscarl co- mosiini, examine avant son complet developpement. 829. Hyacirithus Botryoides , double emploide 1 Hya- cijithus raccmosus , 83o , actuelleuient Muscari racemo- sum , designe par Collet, Catal.j p. 52^ sous le nom ^ Hyacintlius Botryoides , denomination qui n'a nul rapport a^ec la meme adoptee posterieurement par Linne. 835. Convallaria verticillata ^ double emploi du Con- 'vallaria multiflora , 834 5 examine dans sa jeunesse. 840* Allium victoriale , double emploi de V Allium ursinumy 848, dont les feuilles ont ete comparees a celles du plantain. Dalecliamps, tom. 2-, p. 4' 9? ^^" siane V Allium ursirium sous le nom ^Alliuvi victoriale. 85o. Allium Moly ^ double emploi ou de V Allium ur- sinum (1), ou de VAnthericum ramosum etc. , designes par les anciens botanistes par le nom de Moly. 858. Vcratrum album. S5(). Veratriim, nigrum ^ dou- ble emploi de V Epipactis palustris et de V Epipactis mi- crophylla. Sw. L'inlatigable compilateur Buc'hoz {Diet, universal des plantes , tom. 4 5 p- 227 , article Ellebore blanc) , ayant lu dans le catalogue de Collet, p. 28, ce qui regarde V Elleborine , Ellebore blanc , a cru qu'il s'agissoit du Varaire, Veratrum. En consequence il a porte les deux A'^eratres parmi les plantes de Bourgogne. Beguillet et le Doct. Durande, n'ayant point clierche a discuter I'as- sertion de Buc'boz , Font adoptee d'emblee 5 et par une singularite fort extraordinaire, Beguillet nous fournit sans . (1) C. Bauliiu , Pill., ^.7 J, YHi, atlribue a V Allium ursinunif \c uom d' Allium Moly. ( '49) s'endouterla preiive la plus frappanle dece que j'avance-; Voici sa phrase. « Buc'hoz dit qu'on trouve les Yeratres, a vers le grand etang de Gevrey , a Montmusard et au- cc tres lieux de la Bourgogne.» ( Beguillet , Descript. de la France , p. 5o2. ) Si Beguillet eut ouvert le catalogue de Collet , il auroit lu, p. 28 : ccDes Elleborines rouges, « il y en a a Montmusard , et des blancties aupres de cc I'etang de Gevrey. 35 11 auroit alors reconnu que Col- let ne parloit que des Serapias actuellement Epipactis , et que Buc'hoz avoit lourdement erre en transportant a des plantes etrangeres a la Bourgogne , ce que Colle avoit dit des Elleborines. M. Durande , trop confiant en Buc'hoz , et ne verifiant pas par lui-meme , a conserve la bevue du compilateur , bevue dont on retroiiveroit au besoin une autre source dans le mot Veratrum nigrum , employe pour designer V Helleborus fcetidus. 863. Fritillaria Meleagris , aux environs de Nuits. C'est par suite d'un lapsus calami c^ue cette plante est indiquee aux environsde Nuits. M. Soucelier, medecin de cette ville, avoit trouve la Fritillaire dans les environs de Labergement ; il en instruisit le Doct. Durande , Flor. Bourg. f ir® part, f avertissement , p. t, qui, au lieu de dire : M. Soucelier, medecin a Nuits, a trouve la Fri- tillaire Meleagre , a ecrit : M. Soucelier, medecin, a trouve aux environs de Nuits la Fritillaire. 865. Tulipa sylvestris y la Tulipe sauvage , se trouve dans le pare deNeuilly. Elle n'a point ete retrouvee dans la localite ^Ouge indiquee par DecandoUe, Flor. franc. ^ torn. 3 ,p. 199) ^' ^90^ » d'apres Durande. 866. Smilax aspera , double emploi pour le Mayan^ themum hifolium , appele Smilax unifolia , par d'Huis- sier d'Argencourj ou pour le Tamus communis appelet ( i5o ) Smilax par Collet dans son Catalogue, p. 102. Voyes u4ct. Divion. , 1820, jn. 217. 872. Narcissus Bulbocodium , Bcguillet, Descript. de la France , p. 372 , pour Narcissus pseud onarcissus. 876. Iris sihiricaf double emploi de V Iris fee tidis~ sinia. 875. 878. G alaiithus* nivalis , douhle emploi du Leucoium 'vernuni , 877 , appele par Haller Galaiithus unijlorus, Ainsi il faut supprimer las indications de localites don- nees par Decandolle , Flor. franc., torn. 3, p. 234 j ^* 3987, d'apres Durande. Ces localites sont celles du Leucoium vernum. 880. Stratiotes aloides , double emploi de \ Hydro- charis morsus ranee, examinee par un parliculier qui I'a prise pour le Stratiotes aloides. Vaillant avoit donne le nom de Stratiotes h. V Hostonia palustris ^ c'est peut-etre cette derniere plante que le correspondant du Doct. Du- rande lui indiquoit. 881. 882. Ces deux Satyrium font aujourd'hul partie du genre Orchis. 883. Satyrium repens pour designer V Epipactis mi~ cropliylla. S\v. 901 . 901. Serapias latifolia, double emploi pour designer V Epipactis rubiginosa , Crantz , Stirp. Austr. , p. 4^7 > n. 5 A. Tab. fascicul. VI , fig. 6 , indiquee par le nom de Satyrium repens, 883, et appelee aujourd'hui Epipac- tis microphylla. Sw. Cette plante , designee par C. Bauliln, Pinax,p. 186, n. //, sous le nom ^ Hellehorine altera atro rubente flore (1) , alleguee par Raj , Hist, plant. , torn. 2 , p. (i) Cette synonymic est placee, par Gilibert, Caroli LintiOii Sy sterna plantarum Europce. Spec. Pars II, p. 4^>9 (designee par trreur 269) sous Ic ScrajpLas lalifolia. ('5.) I23i , n. 5 , etMorison, Plant. Oxon. Hist., part. Ill, sect. XIII, p. 4^7^ '^- ^? ^'* point ete relatee par Toiirnefort dans ses Instit. Rei herhariae* Yoyez Act. Divion. , i?)20^p. 167-168. Elle est cependant fort com- mune. Scopoli Pa appelee Orchis nigra, Voyez Gmelin, 5". iV^. torn. "2- 1 p. 5i, note. Darluc, Hist, natur. de la Provence , torn. 1, p. 822 , dit : « Onnomme Yulgai- cc rementl'Orcliis a fleur crRmoisie JUanetto, parceque'sa cc racine bulbeuse est divisee en cinq petits doigts : les cc fleurs ont un parfum de vanille. Les hergers en font cc des bouquets. 33 M. Marquis , Precis analyt. des tra- I'aux de I'ylcad. de Rouen , 181 3, p. 18 , I'a indiquee sous le nom de Serapias inicrophylla. Decandolle , Flor, fr. f torn. V yP' 334^ n. 2039 , regarde VEpipactis mi- crophylla, comme une variete remarquaLle de VEpipac^ tis latifolia, dontelle differe evideniment. 907. Polygonum historta. Celle indiquee au pied dii Mont Afrique est un double emploi pour designer la Dentaria pinnata , 44-^ • Yoici I'origine de. Passertion consignee dans la Flore de Bourgogne. Collet, Catalogue, p. 60, s'etoit servi des mots Bistorte, 6'e;pe/z^(2/'/a,Couleuvree,pour designer la Dentaire pennee, dontla racine est contournee. Le Doct. Durande , n'ayant pas reconnu quelle etoit la plante que Collet avoit en vue, s'en est rapporle au seul nom Bistorte, et a pense qu'il s'agissoit du Polygonum, bistorta. Mais il ne s'est pas rappele que Bistorte est une expres- sion employee pour exprimer une racine qui offre deux coudes rapprocbes , et qu'elle est synonyme de contour- nee 5 Radix contorta', il n'a pas su que Eptajilon est une plante a sept feuilles , ... dont une espece , qui a la ra- cine mince, rameuse , tortue et roussutre,.... appelee Tormenlillcj est aussi bistorte j Opus pandect, pfol. XC, ( i52) 'Vcrso , et que Bistorta est une plante a sept feiiilles. Telles sont les sources de la conriision lailo par Collet lui-menie , qui peusoit que la Dentaire ayant des ra- cines conlournecs pouvoit etre appelee Bistorta, Scr^ pentaria, Couleuvree. 924. Rumex digynus, double emploi du Rumex scuta" tus cueilli sur le mont Afrique. D'Huissier d'Argencour, ainsi que nous I'avons dej;i dit, avoit I'habitude d'ajouterl'cpitliete alpina auxplantes cueillies sur les luontaones ^ il ne s'en est point ecarte yiOWY VAcctosa rotundifolia, cueilli sur les nionta^nesj et I'on a cru qu'il falloit a cote de celte phrase nietire le noni de Rumex digynus, Mais en comparant la local ite, Carrieres des Chartrcux, indiquee par la Flore, avec celle designee par Collet, qui dit, Catal.p. 90 : cc L'oseille cslen abondance dans XesPerrieres.j) ilne restera plus de doutes sur la maniere dont la Flore de Bourgogne a ete fiiite. 935. Cheiiavodium album, et 906. Chenopodlum viride^ Ces deux especes sont reunies et connues actuellement sous le nom de Chenopodium le'/'ospt^mum . Varietaria cretica, Bcguillet, est la Parietaria juda'ica. 944- Camphorosma acuta f double emploi duPo/^cA- nemum arvense , ()4^. Le Camphorosma se troure porte dans la Flore , par-^ ce que son auteur ne s'est pas rappele que le Polychne- mum arvense avoit ete designe sous le nom de Campho- ratae congener , comme on le voit dans la Flore du mont Pilat, par Lalourette 5 et comme on le lit dans la Flore de Toidouse y p. 63, par le Doct. Tournon , ou I'on volt que le Polychnemum arvense est appele Camphree sau-i I'age. Toutes les fois qu'on s'atlacbera a des denominations , ( i53 ) sans en verifier les applications , on eprouvera toujonrs I'inconvenient de lomber dans des erreurs mnltipliees, et de se plonger dans une confusion tres difficile a eclaircir. 946. Alchemillaalpinafoliis sericeiSf indiqueele long des pres , en allant aPlombieres, Z)e5C. ^e'«. etpart. da Duche de Bourg. y t. 1, /?. 399, n'est T^ohxtV A Ichemilla alpina, comme on I'a dit a. tort , Act. Divion. , 1820,^0. 2o4 -) mais Lien 1' Argentine , Potentilla anserina, 458. 947. TJrtica pilulifera,k\x?iVi^%xe> a laBourgogne, quol- qu'elle y soit indiquee par Beguillet , Descript., p. 479> n, 390. 964. Potamogeton sctaceum , pour indiquer Votamo-' geton pectinatum. 968. Naias marina y actuellement Nayas major. Be- guillet, Descript., p. Sio ^ deraandoit si ce n'etoit pas la yallisneria? Voyez Act. Divion., 1830,/?. 209-210. 971 . Ainaranthus viridis , pour designer Amarantlius, sylvestris. 975. Plantago lagopus , double emploi du Plantago lanceolata , Cj'j^f dont un ecbantillon, observe pard'Huis- sier d'Argencour, lui a fait croire que I'epi 6toit to- menteux. 976. Plantago coronopifolia , sur le cliemin couvert du bastion de la porte d'OucLe j double emploi du Co- ronopus vulgaris. Cette singuliere substitution est encore la suite de la nianie de faire des livres avec des livres, sans verifier les jdees de I'auteur original. Collet en disant, Catalog., p. 2.5: « Co ronopus , corne cf de cerf , il y en a sur le cliemin couvert du bastion de fc la povte d'Ouclie »j indiquoit le Coronopus vulgaris^ ( i54 ) qui se troiive encore dans celte localite , et nullement le Plantain come de cerf , qui ne croit point dans le depar- teraent de la Cote-d'Or. 977. Plantago psyllium pour Plantago arenaria. 990. Euphorbia chilcis, Titliyniale doux des montagnes n fleurs pourpres, Beguillet, Descript.^ p. 391 , designe V Euphorbia purpnrata. 994. Euphorbia esula f pour designer V Euphorbia ge- rardiana, Dec. , Flor.fr. , torn. 3 ,^. 337 , «. 2( 60. 997. Buxus sempervirens , omis par Durande dans sa Flore. 1017. Betula lenta, place par Daubenton parmi les arbres de la Bourgogne, parce qu'il en elevoit a Mont- bard. Mais cet arbre est exotique. 1022. Quercus esculus. Cet arbre est etranger a la Bourgogne. 1023. Quercus robur. Sous ce nom se trouvent desi- gnees toutes les especes portees dans le catalogue de MM. Lorey et Buret. 1025. cc M. Daubenton dit qu'il yaen Bourgogne un cc orrne tres singulier, dont la feuille ressenible au co- cc quillage que Ton nonime Etoile de mer. j> Buc'hoz, JDict. des plant. , torn. 4i P- 224. Je ne sais ce qu'a voulu dire Buc'boz , par ce passage inintellisible. J 034. Aristolochia Clematitisy indiquee au faubourg St. Nicolas, d'apr^'S Collet, Catalogue, p. 69, qui I'ap- pelle Sarazine. On ne I'y trouve plus. Herbe sarrazine, ( Dalecbamps) , V Achillea pturmica, dans les Pyrenees. Z)ict. class, d'hist. nat. , torn. 8, p. \?)(). 1047. J^ncus pilosus. Sous cette denomination, se trouvent les Luzula maxima et Euzula vernalis. ( i55 ) 1 048. Juncus niveus , double emploi du Juncus cam- pestris, 10495 qui renferme les Luzula campestris et Luzula multlflora. 1067. Alopeciirus paniceus est le Crypsis alopecii- roi'des f Dec. , Tl.fr. , torn. 5 , n. i^jS. ^ 1068. Lagiirus ovatus , double emploi de V Alopecurus pratensis , io63. J'en trouve la preuve dans Beguillet, Descript. de la France , p. 332-333 , n. Sj. Get auteiir cite la phrase de Tournefort , Gramen spicatum , tomen- tosum, longissimis aristis donatum y sous les noms Queue desourisy CJuendent cotonneux a epis , le long de I'Ou- clie. Ces noms francais conviennent a V Alopecurus pra^ tensisy auquel a eterapportee mal a propos la plirase citee de Tournefort, qui appartient effectivement au Lagurus ovatus y Yulgairement Queue de lapin. 1070. Stipa capillata y double emploi de la Stipa pennata , observee avant le complet developpemeut de la barbe. J 093. B romus distacJiyoSy ^owhXe emploi du Triticum pinnatuTTiy dont on avoit regarde les epillets comme comprimes. J 095. Agrostis capillaris pour Agrostis vulgaris. 1097. Agrostis minima pour Agrostis pumila. 1 1 13. Poa trivialis y pour Poa scabra, 1 i3o. Briza maxirnay double emploi du Briza mediay dont on aura cru la panicule composee de deux a sept epillets. 11 38. Scirpus fluitans^ sous ce nom sont designes les Sciipus sylvaticus et Sciipiis maritimus. J 142. Carex leporina pour designer le Carex ovalis. 3 1 46 Carex capillaris pour le Carex patula. \i5o, Carex acuta nigra pour le Carex gracilis. ( '56) J i5j . Carex acuta rufa pour le Carex ampvllacea, wSc), Osmunda / cga/is ,¥o\Jgf:re fleurie, Ijcs^u/'l/eif Descript. de la France, p. 5o9 , ne se trouve point dans le departement de la Cote-d'Or ; je la soup^onne in- seree dans notre Flore , par suile d'une equivoque sur \! Aspidium regium. i 178. 1165. Equisetum hyemale y double emploi de VEqui- setum arvense , dont des echantillons auront oflert des gaines des articxilations presqu'entieres. 1173. Polypodium lonchitis , "i^our Polyslichum acu^ leatum. 1174. Polypodium cristatum pour Polystichum Cal- lipteris. 1179. Polypodium Dryopteris pour le Polypodium Ph aegop ten's . 1186. Hypjium proliferum pour Tlypnum tamaris- cinum. J 187. Ilypnum parietijium pour Hypnutn splendens. 1191. Hypnum illccebrum pour Hypnum purum. 1194. Bryum apocarpum ^ sous ce nom sont r^unis , Grimmia apocarpa et Gymnostomum ciliatum. 1201 . Bryum Hypno'ides ^ sous ce numero sont reunis les Trichostomum canescens et lanuffinosum. 1206. Milium liornuni pour les Bryum siellatum et 'ventricosum. J 207. Mnium polytrichoides pour les Polytriclium, nanum et aloides. I2c8. Mnium serpillifolium pour les Bryum puncta-' tum , cuspidatum et ligulatum. 1210. Sphagjium palustre pour les Sphagnum latifo^ Hum et capillifolium . ( 15/ ) 121 1. 1212. Ces deux Lycopodium sont pour L,yc6^ podium inundatum. 1221. Byssus saxatilis^ sous cet article se trouvent les Lepra lactea et Lepra incana. 1236. Lichen Jimbriatus I double emploi du Scypho-^ pJiorus pyxidatus . >25o. Jungermannia ciliaris y pour indiquer la t/w/z- germannia tomentella. ii64' Boletus igniarius y pour les Boletus ungulatuS' et obtusus. 1269. Agarlcus vernus f plus abondant au printemps, designe V j4garicus albellus. lu Agarlcus vermis, qui se ramasse aussi en automne) est V Agarlcus tortllls. II ne faut pas perdre de vue que V Agarlcus vermis veritable est veneneux , tandis que les deux especes designees par ce nom dans la Flore sont in- nocentes et recliercliees sur les meilleures tables. Ces Agarics font lever la mousse 5 de la le nom de Mousseron. Collet, Catal. , p. ^. 1270. Agarlcus piperatus -^OMY Agarlcus acrls. 1271. Agarlcus Jimetarlus pour Agarlcus fimlputris* 1272. Agarlcus campanulatus e^^X. Amanita campani- formls , Lam. Encycl. metJi. , Botan. , t. i ^ p. 100 » n. 3y. 1 274. Agarlcus Ticemlsplioerlcus pour Agarlcus semloT" blcularls , Dec, Fl.fr., t. 2 , p. i55, n. 4io. 1275. Agarlcus mammosus pour Agarlcus nlgrlpesi, Dec. Fl.fr., t. 2^ p. i5g y n. 422. 1276. Agarlcus glutlnosus designe les Agarlcus co~ nicus , Flor.fi., n. 1281 , XIII, et Agarlcus cocclneus, Fior.fr. , n, 1281 , XJV, qui sont le Cone d'or decrit ( i58 ) jDiction, des sciences Jiaturelles , ioin. X , png. 264* 1277. Agaricus lacteus , c'est VAgaricus eburneus. 1278. Agaricus squamosus , c'est VAgaricus vcr^ nicosus. 1379. Agaricus stramineus indlque celui de la Flore franc., 11. 1281 ^ VII, inentionne dans VEncycL method., Bot. f torn. 1 , p. J 06, jj. 17. La phrase de Raj , citee comme synonyme a ce nu- inero 1279, designe VAmanite ainere , Encycl., torn. 1, p. 106, no 18 '^Agaricus amarus , Dec. ^ Fl. Ir. , torn. 2, p. no 466. 1280. Agaricus viscidus designe VAgaricus jiitens ^ Schoeff. , Tab. 238 5 Amajiite glutineuse , Encycl. nieth. Bolan. , torn. 1 , p. 107, no 25. 1 281 . Agaricus repandus j peut-etre celui indlque par Decandolle , no 5 16? 1284* Agaricus hirsutus. Sous ce nom se trouvent reunies plusieurs especes , et sur-tout les Boletus versi- color , uiiicolor, etc. A. Champignon rouge rendant un sucjaune, Bcguil^ lety Descript. , p. 52.5 ^ c'est V Agaricus necator. B. Morceau d'Agaric particulier , donne par M. de Morveau a 1' Academic , \8 janv. 1776: i3 mai 1784. Byssus aluta. Voy. Act. Divion. , 1819, y;. 26, n^ 3. C. Champignon rouge en soucoupe, decrit par I'abbe Picardet, 4 "^^l '7*M-) Begistres , torn. 2 ^ fol. \23. Peziza epidendra. D. Champignon singulier trouve en avril 1780, par I'abbe Picardet , dans le bois du Roi , entre Crimolois et Fauverneyj i3 avril 1780, Begistres , nLol. X,Jol. 336, 'verso. Boletus obliquatus, D. Champignon ride trouve par M. Tartelin. Nov. (159) ^ct. Dlvion.f 1785 J 2^ semestre p p. 3o3 ^ avec Jig. Bo- letus obliquatus^ E. Maladie des feuilles de Poirier, decrite par M. Tliomas , cure de Labergement Ste. Colombe , 6 avril i'j^6^Regist. ,tom. XK )foL ai.EIIe etoit produite par YAEcidium ccjicellatum , dont la presence se manifeste des le mois de mai par des bosselures plus ou moins multipllees sur les feuilles. F. Champignons nes sur des epis qui etoient restes a de la paille, dont on avoit fait des paniers conserves a la cave, 16 novemb. 1764 5 Registres , torn. 2, fol. 164. Cette observation du patissier Lenoir , consignee avec quelques details dans la Descript. de la France. Bour- gogne , par Bcguillet , p. 5ii^ fut communiquee a FA- cademiepar M. Picardet qui donne une explication, Act, JDivion. , 1769 , non admissible , et relevee par Halier , .hibl. botanica, torn. 2 , p. 599. Ce que j'ai trouve re- lativement a celte observation est si peu precis, que je n'ai pu decouvrir I'espece de champignon en question. G. Champignon couleur de rose , en forme de petite mousse , trouve par M. de Morveau sur le territoire de Charrey, pres Chalon-sur-Saone — On se sert de sou infusion pour guerir la galle des chiens. 27 mai 1780 y Regist. f vol. X,fol. 243, verso. Je n'ai rien trouve qui ait pu mefaire reconnoitre cette production. H. Gramen portant a sa pointe une fleur legumineuse d'un beau rouge , Collet, Catal., p. 52. Voyez Act. Di" I'ion., 1820,/). 216. Cette assertion de Collet est I'objection la plus forte que Ton puisse faire a son systeme , puisqu'en n'admet- tant que la consideration des feuilles pour determiner les plantes , on confond les plus differentes. 11 ne s'agit ici ( ,6o ) que du Lafyrus nissoUa que M. Tartelln a encore re- trouve au ineme lieu. J. Sclerotium lenticulare , Duret , Catalof^uc , p. ^i. C'est la Galle en champignon , si bien decrite et repre- sentee par Reaumur , Mem. Ins. , torn. 3 , p. 424» 4^^ > 624 , Tab. 42? Jig' 8-10. Cinips de la galle en cl*apeau du chene. Geoffr. , Ins., torn. 2, p. 000, n^ 9. Excluei la citation de Linne. K. Sclcrotium pezizo'ides, Duret, Catal.,p. 4> 5 c'est la Galle en ecusson du chene , decrite et figuree pai" Reaumur , Mem. Ins. , torn. 3, p. /\f\(i , 532 , Tab. 40, fg. i3-i5.Geof'lr. , Ins., tom. 2,/?. 3o2 , «» i5. Cynips numismalis. Encycl. Ent. , tom, V , p. 787. sp. ij. L. Spherie du linge , Act. Div. , iSzS , p. 4^ > est Sclerotlum lintel. ValL EXTRAIT DU RAPPORT FAIT A l'aCADEMIE, PARM.AI\TOmE, AU NOM DE LA COMMISSION CHARGEE DE l'eXAMEN UES MEMOIKES ENVOYES AU COKCOURS POUR LE PRIX DE MEDEGIKE DE 1827. Messieurs, Dans le coiirs de nioins d'uii demi-siecle, et en- core y faul-il comprendre les annees deja ccoulecs du dix-neuvieme , les sciences physiques se sorit illuslrees par desdecouverles dont les nonibreux resnltats etoiiiient rimagiiiation. Des hommes pleins de zele pour I'avaiicement des connois- sances humaines, eclaiiesde la lumiere qu'elles lie cessent de repandre, et presses du besoiii d'etre utiles a leurs semblables , se sont impose robligation d'observer attentivenient les divers pbenomenes de la nature, de les etudier avec soin, et de peuetrer, autant que possible, jus- qu'a leurs causes , afin d'ajouter, par Tacquisi- lion de counoissances nouvelles, a la somniede celles que le monde savant possedoit deja. La nature est done devenue leur domaine^ ils I'ont interrogee dans toutes ses parties 5 et pour en mieux saisir Tensemble, ils out embrasse tons les objets vers lesquels onl pu se porter leurs regards , et qui existent a la surface et dans le sein de la lerre, an fond des eaux, dans les hautes regions de Fair , jusqu'au ciel meme. Par-lout ils onttrouve de vastes sujets de recber- cbes etde profondes meditations^ tout a ete par leurs travaux justement apprecie et en quelque sortelie avec les bcsoinsde la civilisation, puis- que du produit de leurs experiences ils out dig- nement augmenle les ricbesses de toutes les sciences, embelli tousles arts. C'est sur-tout par I'application qui en a ete faile aux arts iudus- Iriels , que ceux-ci ont pris un plus rapide essor ctsc sont elevesaundegre de perfection jusqu'a- ( >60 lors inespeie, ou quidu nioius ne paroissoit pas. encore pouvoir etre atteint. De ces reclierches laborieuscs sont sords en j^rand noniLre des principes coiislituans des corps nalurels , teiius si long-lemps caches, qui avecquclqnes-nnsdcjasoiipconnespeul-ctrejinais a cetle epoque encore ignores, se presentent cu fonlecomme des elemens nouveaux el semblcnt agrandira nosyeux les merveilles de la creation. Gracesinfiniessoientrenduesacesinfatigablcs scrulaleurs de la nature pour avoir ose, non sans quelques succes, soulever un des coins du voile inysterieux dont elle sc plait, sans doule encore pour long-lemps, a couvrir ses plus se- cretes operations, el pour avoir, par suite do leurs lenlalives, revele une parlie des iresors qu'elle renferme dans son sein. Toutcs ces decouverles , lous ces perfeclion- nemens qui ont si fort elendu la sphere de nos connoissances , scmblenl n'avoir eu d'aulre but que de pourvoir aux coinniodilcs de la vie el au Lien-etre de riiomme. La Medecine , qui elle- nieme est une science a pari, s*en propose un dilierenl,maisd'un ordre un pen plus eleve^ car il regarde uniquenienl I'etre qu'elle a choisi pour Tobjel constant de ses soins , Thonime dans I'e- tat de maladie. Et si d'un cole elle s'efforce de travaillcr a la guerison de ses maux, de I'aulre elie se fait un devoir de veiiler a la conservation de sa sanle, sans laquelle il n'est point pour lui de jonissance possible. Aussi, dans tons les temps, s'est-elle hatee de niettre a profit les ressourcejr que lui fournissent les sciences natu relies, et de les faire servir a ses vues, niais apres les avoir fait passer au crenset de Tobservalion et de I'expe- lience, siir lesquelles seules repose I'esperance des sncces que I'art de guerir pent se proniettre. Cet art salutaiie doit par son objet interesser et il interesse en effet la societe tout entiere^ il est ponrelle vine necessite, etc'est ponr cela meme qu'il a ete donne auxliomnies par le Tres-Kaut. Et quelle seroit en effet sans lui la condilioii de riiomnie, passager sur cette terre d'exil qui n'est souvent pour lui qu'une nier orageuse toute semee d'ecueils , contre lesquels le vaisseau de la vie est sans cesse expose a se briser , s'il n'est diiige par un pilote habile? On ne pent done nier que Fart de gne'rir ii'e'tende sa bienfaisante influence sur tons les menibres dont la societe se compose 3 car on le voit passer des palais aux cliaumieres, dii mo- narque puissant a I'humble berger, loujours pret a porter des secours a I'liomme souffrant contre les infirmites qui trop souvent consu- nient son existence avant le temps. Comme louies les autres sciences, la mede- ( '64 ) Cine est snscepllble cle sc [jcrfcciionner ; mais ce ne pent jamais clre qu'araide de rexpciience et de I'obscrvatlon des phcnomenes que pre- scnlcnt les maladies; car c'est sur cette double base que sont assis les preceptes de I'art, lels que les a etablis la sage antiquite. Toules les fois qu'on a dedaigne ou neglige de les suivre , on s'est ecarle de la seule voie ouverte aux pro- gres de la science, on s'est visiblement egare. Des systemes , enfanles par rimaginalion, se sont mis a la place de la saine doctrine, mena- cant de tout enlrainer, c'est-a-dire de lout per- dre , ce qui n'amxiit pas manque d'arriver si quelques bons esprils, assez lieureux pour surna- ger le torrent, n'avoientpascouserve a lascience sa purele originelle, lou jours alteree par les inno- vations systematiques. Mais lous ces systemes si vantescliacun dans son temps, commele seul vrai, commecequ'il y avoit jamais eu de mieuxconcii en medecine, que sont-ils devcnus ? A peine en reste-t-il quelque trace legere ; tandis que la ve- ritable doctrine , celle qui nous a ete transmise par les ecrits d'Hippocrate , a laquelle il a lou- jours fallu revenir , snbslsle encore aujourd'liui rayon nante de son ancienne gloire. Cependant une nouvelle doctrine, formant une ecole qui se qualilie lu titre de Mddecine ph^'siologique , s'est elevee , il y a pres de douze ( i65 ) ans, avec la pretention de changer totalemenl la face de la niedecine ; dc la faire en quelque sorte sorlir dii neanl ponr liii donner nne exis- tence qn'elle n'eul jamais 5 en uu niol , de re- duire a rien des travaux qui ont illustre quel- ques-uns des plus beaux genies de I'antiquite et nieme des temps modernes. Cetle ecole , a la tete de laquelle s'est place un liomme celebre, lie voyant ou ne voulant voir, dans les diverses infirmites qui affligent le corps liumain , qu'une seule et meme maladie, I'irritation oul'inflam- mation gastro-inteslinale , n'admet aussi qu'un seul remede ou nioyen ihcrapcuiique , la sai- gnee, et principalcment la saignee capillaire pratiquee par I'intermediaire des saugsues. La saignee , ce moyen puissant qui a rendu et qui pent rendre encore de si emincns services lorsqu'il est dirige par d'habilcs mains , etoit tresbien connue des Anciensj ils en ont souvent employe les differens modes, mais tou jours avec une juste mesure et autant qu'il etoit necessaire pour en obtenir de favorables resullats. Mais la doctrine physiologique, qui croit s'etre fait un systeme solide de I'usage exclusif de ce grand moyen , sera-t-elle plus lieureuse que celles qui I'ont precedee ? II est permis d'en douter : deja clle est menacee de suJiir le meme sort , ou du moins d'eu avoir un fori pcu different. Des ex- (,66) pcrlcnces hnireiises faitcs, dans ccs dernlcrs temps, snr le syslcnie nerveux j d'aulres non nioins concluanles, icnlees sur cclui dcs liii- nieurs donl les alterations vont ctre desormais niieax connnes, donnent lien de croire que la science du iiiedecin est a la veille de re- cevoir d'importantes ameliorations. A la ve- rite les prodniis de ces experiences ne sont en- core que des materiauxj mais ils sont precieux ct certainement destines a faire parlie de cenx qui doivent servir a clever Tedifice regnlier dont le genie d'Hippocrate a, depiiis vinj^t- d^ux siecles et avec le plus rare bonheur, jete les inebranlables fondemens. Cependant la doctrine de I'irritation, irop exa- geree, trop exclusive pour etre vraie , n'en per- sisle pas moins dans son systenie, et n'a voulu jusqu'a ce jour se preter a aucune modificalion. Delades ecrits multiplies soitconlre ce systeme, soit en safaveur. Dans ce conflit d'opinions op- poseeSjdu milieu desquelles il est si rare de voir sovlir la verile , il n'eloit guere possible de ren- contrer des regies fixes relativemenl aux diffe- rentes especes de saignee. Alin done de parve- nir a meltre un lerme a ces contestations , et pour arriver a quelqiie cliose de [)0silir sur cetteiniportantematiere,vousavcz decide, Mes- sieurs, qu'il seroit jQiit un appel au zcle ct au ('67) talent desmedeclns qui, poussespar unelonable eniiilallon, vouclroieiit entrer en lice et disputer le prix dout vous avez propose ie sujet en ces te rnies : cc Indiquer, d'apres robservalion clinique et «c les connoissances anatomiques, quelles sont, cc dans les maladies aigues et clironiques, les cc circonslances qui doivent faire preferer la cc saignee locale, soit par les sangsnes, soit par cc les ventouses scarifiees, a la saignee generalej ec et reciproquement ? 35 cc Quel est, dans les memes circonstances, le cc lieu d'election pour I'emploi des differentes cc especes de saignee ? 5? Sept Memoires vous ont ete adresses , a cette occasion , et vous vous ctes empresses de nom- mer une Commission de cinq membres poureii prendre connoissance et vous faire part du re- sultat de son examen. Parmi ces Memoires , que votre Commission a cru devoir partager en deux sections d'apres la maniere dont ils sont entres dans I'esprit du programme , il en est trois ( les n°^ 1 , 5 et 6 ) , qui ne lui ont pas paru pouvoir soutenir le- pa- rallele avec ceuxqu'elle ajugespourvus de meil- leurs litres pour etre admis a concourir. Le Memoire cote n*' 1 et portant pour e'pi- grapbe ce vers de Yirgile , Felix qui jjotuis ( i68 ) rerum cognoscere causas , est clivlsc en deux parlies , subdiviscescliaciuieen anlanl (rarlicles qn'il y a de caviles servant a loger Ics dlffcrens visceres destines a remplir, dans reconomie vi- \ante , des fonclions particidieres. L'antenr les observe dans leur elat de nialadie, soitaigue, soit clironique , sons le rapport de la saignee , dans tons les cas ou elle lui paroit indiqnee , et relativement an lieu d'election qn'il importe dc preferer pour y pratiqner les differens modes d'evacuation sanguine. Cette division assez na- turelle lui fournit le moyen d'ex poser successi- vement les diverses phlegmasiesque peul eprou- ver chacun de ccs visceres en particulicr, et de determiner avec assez d'exactitude, d'apres les circonstances deces maladies, Tespecede saignee qu'il convient de mettre en usage, et le lieu qui doit etre choisi pour cette operation. En cela il fait preuve de connoissances pratiques qui de- cedent un medecin instruit et exerce. Mais son ouvrage, qui conlient neanmoinsde fort bonnes choses, est extremement diffus. On y trouve heaucoup de raisonnemens , peu ou presque point de fails, de frequentes repetitions, quel- ques locutions vicieuses, et une extreme negli- gence de style. II est d'ailleurs precede d'un avanl-proposetd'nne introduction qui n'ontau- cun rapport direct a la queslion ^ et qui doivcnt ( i69 ) 4tre par celte raison conslderes comme de vrais hors-d'oeuvre. Yotre Commission a done eru de- voir I'eloigner de ceax qui lui ont para avoir des droits fondes pour etre admis a disputer le prix. Elle a porle le meme jugement sur les n*^^ 5 et 6 , quoiqu'ils ne soient pas sans merite ; mais ils ont le defaut d'etre incomplets, et de n'avoir rempli qu'eu partie les intentions exprimees dans le programme. Le premier de ces deux Memoires ( celui qui est designe par le n** 5), dont I'epigraplie est cette reflexion de Sydenham : Prcecipuunt medicinaefaciendae defectum non in eo quod nesciamus quo pacto etc., apres avoir expose les effets taut generaux que particuhcrs des saisnees considerees dans leurs differentes es- peces, etahht des principes, ou plutot des pre- ceptes, au nombre de douze, qui peuvent, dit Tauleur, diriger dans I'emploi de ces memes saignees. II les fait suivre chacun de remarques fort judicieuses,parcourt ensuite rapidement et tres sommairement quelques phlegmasies ai- gues , parmi lesquelles il paroit comprendre les iievralgies , ne dit presque rien des maladies chroniqvies et ne produit aucune observation a I'appui de sa iheorie. jLe n*' 6, ayant pour epigraphe cette sentence ( 17° ) pleine de \erite , L^abus et le defaut de saig- nees sont egalemeiit prejudicial) les , monlre clans son auteur nn niedecin guide par dcs vnes pratiques lies saines, setenanteoalen)ent eloigne de Texageralion folle et d'line tiniide reserve. On y compte jnsqu'a vingt-neuf observations qui cependant sont pen propres a fournir un appui solide a sa theorie ^ car on voit qu'il prodigue , dans ses iraitemens , Tcmploi des sangsnes. Aussi ses cures tiennent-elles un peudu merveil- leux, puisqu'il n'est presque aucun de ses nia- ladesquin'ait ete gueri dans Tespace de irois ou quatre jours. On concoit, d'aprescela, que ses idees ne sont pas encore bien arretees sur le choix de I'espece de saignee qu'il convient de prefe'rer, ainsique du lieu ou elledoit etre pra- tiquee. Au reste, son ouvrage semble etre plu- tot une lecon de iberapeulique qu'un expose raisonne el niunidepreuves, concernant I'usage et I'ulilile des differenles especes de saignee. Cesdeux Memoires (les n"^ 5 et 6 ) sont evi- demment I'ouvrage de jeunesmedecinsqui mal- heureusemcnt on t manque le but , mais que leur iiierile incontestable appcllera bientot, sans doute , a des succes plus reels. Quanta ceux que voire Commission a particu- lierement remarques , et qu'clle a j»ges dignes ( »70 d'un examen plus serieiix , ils sont an nombr^ de quatre, savoir: les n^^ 2, 3, 4 ^t 7- Nullius addictus jurare in verba maQis- tri : telle est I'epigraphe que I'auteur du ii*' 2 a placeea la tete desa dissertation. Le choix qu'il a fait de ce vers tirede la premiere epilre d'Ho- race, semble deja annoncer qu'il est daus sa peusee de ne point se courber sous le joug des prejuges doniinans, mais de faire de louables efforts pour contribuer au perfectionnement d'une science qui touclie de si pres aux interets de riiunianite. Aussi entre-t-il sur-le-cbamp en niatiere , et abordant francliement son suiet , il saisit d'un coup-d'oeil I'esprit de la question proposee , la discute savaniment, la suit dans tons les details dont elle est susceptible 5 exa- mine quel est I'effet veritable des differentes emissions sanguines, etablit une nouvelle tlieo- rie a ce sujet, rejette comme inutile celle de la derivation et de la revulsion , et finit par con- clure qu'une soustraclion de sang, quel que soit le procede mis en usage, produit toujours, sinon les mcmes effets therapeutiques , au moins les memes resultats quant a la nutrition. Ce Memoire aparu a votre Commission digne de I'attention de TAcademie. Le style en est simple, facile, toujours clair , quelqucfols ele- ( 172 ) ganl, et meme cleve, qnand le sujet le comporle, jusqu'a la noLle vehemence du style oraloire , parliculierementlorsqueraiiteur s'indlgiie con- tre Tabus deplorable qui se fait aujoiird'hui de la saignee capillaire par lessangsues. Sesraison- neraens sout solides, luniineux et convaincans; ses preuvesappuyees surles resultats de Tobser- vation clinique 5 plusieurs de ses pensees neuves etpleines dejustesse. On nepeut sur-tout s'em- pecber d'adniirer rideeingenieuse qu'il exprime en reconnoissantune similitude complete entre rhemorragie spoutanee et recoulementdu sang provoque par la morsure des sangsues. Nous pourrions cependanPltP reprocher d'avoir ete trop sobre d'observations detaillccs , que peut- etre ne permettoit pas la marcbe rapide de sa dissertation , et d'avoir laisse ecbapper quelqucs fautes granmiaticales qui, bien qu'elles soient tres legeres, ne doivcnt pas moins disparoitre d'un ecrit tel que le sien. II n'en est pas ainsi du Memoirc n° 3, qui s'annonce par cette epigrapbe tres concise : Experientia docet, et dont I'auteur, praticieu tres exerce et niedccin habile y a suivi un plan tout oppose. Celui du n** 2 s'est con ten te de con firmer sa theorie par de simples resultats d'observations cliniques; aucontraire, Tauteur du n^ 3 fail sorlir sa theorie dc ses proprcs ob- ( '7.3 ) servaiions, et ceite maniere de proce Jer est incon- testable men t la plusrationnelleen niedeclne. Ces observations ont pour objetle traitement d'unas- sez grand nombre de maladies, tant aigues que cbroniques , des organes les plus importans du corps vivant,etsont tres propres a faire connoitre de quel jugement il faut etre doue pour deter- miner une juste application de runeoudel'aulre espece de saignee dans les circonstances qui en exigent Temploi. Un pareil Memoire ne pent ■venirqued'unmedecin sage, judicieux eteclaire, qui a parfaitement compris le sens du program- me , et qui a ete bien pres de remplir les vues de I'Acadcmie. Mais il laisse a desirer un plan plus regulier , et un pen plus de developpement dans I'exposilion des faits et dans ses raisonne- xnens. Malgre cela, il est un des plus remarqua- bles deceux qui ont ele envoyes au concours. Celui qui est note dun" 4?^^ dont I'epigrapbe est cette reflexion de Sydenham : Quae in scend imaginationis , Jion verb in ipsd reruni na- turd , etc. , paroit etre I'ouvrage d'un medecln laborieux et fort instruit. II est rempli d'observa- tions, dont quelques-unes, tres curieuses etdes plus inslructives, ne peuvent avoir ete faites que par un observateur soigneux,attenLif et plein de sagacite. II a parfaitement distingue les cas ou Tune des especes de saignee doit obtenir la pre- ( 174 ) fepence snrles aiUrcs^ et a cet ci^ard, il estenirc heiireusemeiit Jans les intcn lions de I'Aca- demie. Mais il fondc sa dicoiie sur cclle des fluxions, atlribuee a Bailhez, et qni passe assezi generalement pour elre un pen trop metaphy- sique. Aussi est-il quelquefois obscur, nicme pen intellij^ible , et send^le elre de quelques pas en arriere des connoissances acluellesj ce qui u'enipecbe pas qu'il ne donnc dc temps eii temps d'excellens conseils de pratique. Son Me- moire, un des plus volumineux du concours, annonce un niedecin judicieux, des plus eru- dits , et bien capable de presenter un travail diijrne d'elosje. On ne pent nieeonnoilre dans I'auteur du 11° 7, un observateur exact et un praticien dis- tingue. Ce Memoire, a la tete duquel on lit ce passage de Fr. Hoffman, I^oti excellentius y nonpraestantius ad plurijTLOs morbos , etc., contient des observations nondjreuses, recueil- lies avec beaucoup de soin , et dans Icsquellcs est indique avec precision I'emploi des differentes especes de saignee. L'auteur est un niedecin militaire a qui sa position aux arnices a fourni I'occasion de soigner uii tres grand nombre de malades. Aussi dans son ouvrage , d'une prodi- gieuse etendue , fait-il mention de presque toule» les maladies j il proiive, paries consequences li- ('75) reesde ses traltemens, qu'il a fort bien compris la quesdon proposee. Mallieureusenient il se montre aussi long discoureur qu'il est bon ob- servaleur, et ce defaut Ta fait tomber dans une prolixile qui nuit a I'interet de ses observations. En resserrant son sujet dans de plus etroites li- mites, il auroit pu tenir un rang plus distingue dans le concours. Yoila, Messieurs, quels sont en substance les Memoires qui vous ont ele adresses dans le des- sein de resoudre le probleme que vous avez an- nonce pour sujet du prix de 1827, etdontvous nous avez coutie I'exanien. lis ont ete Tobjetde nos discussions jusqu'a ce que notre travail eut pu elre amene au point de matarile qui nous permit de vous le presenter. Deja, dans votre Seance particulieredu 22 aout dernier, vous en avei adople les conclusions , et en vertu de la deci- sion que vous avez prise dans la nienie seance, le prix du concours est adjuge a I'auleur dii Memoire n*^ 25 celui du n^ 3 recoit les hon- neurs de I'accessit, et il est accorde une men- tion honorable aux Memoires portant les n"* 4 et 7. DES TRAVAUX DE l'aCADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. |3arlic Uttcraire, ANNEES 1826 ET 1827. M ESSIEURS, Les iravaux litteralres de rAcademle pendant les deux deinieres annees qui viennent de s'e- couler, se composent d'objcls lelalifs a rarcheo- logie, a riiistoire , a la morale , a la pliilosophie, a la poesie. Yous presenter le resiune analyticpie de ces differens objets, c'est exprimcr de nou- veau votre reconnoissance envers les Menibres soil residans soit associes, qui onL bien voulu enricliir vos arcbives du fruit de leurs veillcs; €t puisse ce temoignage de voire ti;ralitudc en engager d'aulres a imiter leur exemple ! ARCHEOLOGIE. L'Archeologie , Messieurs, vous a paye son Iribut accoulume3 et il n'est point infeiieur a { ^77 ) celui des annees precedentes. Votre Commission des anliquites a mis la meme aclivile dans ses recherches , le meme zele dans ses iravaux , la meme assiduite a ses seances regulieres j vons en verrez la preuve dansle Rapport suivant, redige par M. Maillard de Chambuie, secretaire ad- joint de la Commission. C'est a la recherche et a la conservation des antiquites du departement de la Cote-d'Or, que la Commission archeologlqne a consacre plus parliculierement ses travaux. Avertie par ses correspondans dans chaqueal'rondissement, des decouvertes qui y sont faites , elle pent en di- nger la suite et en recueillir les resultats^ les fonds mis a sa disposition par le Conseil general du Departement lui permettant d'acquerir , loutes les fois qu'elles offrent quelque chose de curieux pour les arts ou pour I'liistoire, les an- tiquites qui y sont trouvees. C'est ainsi que la Commission est parvenue a conserver les dlffe- rens objets dont elle va rendre compte. ANTIQUITES DECOUVERTES depuls le 3 julUet i825 jusqu'aii 2.5 juillet 1827. AuBiN (Saint-) canton de Nolay, arrondisse- ment de Beaune. On y a trouve , en cultivant un champ, huita neuf cents medailles d'argent. Le plus grand nombre a ete disperse et fondu avant que TAcadcmie en ait etc instruite. Dix sculc- 12, ( '7« ) nielli out pu cire prcseuiccs a la Commission ; ce soiit des mcJailles cousulaircs; les difficulies qui se soiit elevecs eiitre les propriclaires, ii'oiit pas permis d'eii faire racquisilion. Beneuvre, canton de Recey, arrondissement de Chatillon. Uue petite monnoie gauloise, ea argent. Beyre-le-Chatel, canton de Mirebeau, ar- rondissement de Dijon. M. Richard de Ves- vrottes, maire de la commune, a trouve la tombe de Richards de Cromarty ^ escuyers , qui de- ceda Van mil trois cent trente six ^ au mo is de mai. II a communique egalement : i.° nn jetoii aiicien , aux amies de la famille des Guises j 2." qualre fibules en bronze, dont une est ires remarquable par sa grosseur el sa belle conser- vation 5 3.° une medaille en bronze de Faustine la Jeune; 4-^ deux pioclies en fer; 5.^ des frag- niens de vases de verre et de lerre. Ces objels out ele irouves en iravaillant prcs d'nne voie ro- maine qui tendoit de Dijon a Mirebeau. On a trouve a Beyre, chez un aubergiste, uii chenelenfer, pesantplus de5o livres^ce mcuble appartienl au moyen age et est d'une forme pcu commune. Billy , canton de Baigneux, arrondissement de Chatillon. On y a signale les ruinesd*un am- ( 179 ) J)lnlhc'alre. On y a Irouve un Maximien et tm Conslanliii en bronze ^ Jonncs a I'Acadenue pas' M. Maillard de Chanibure* Cerilly, canton deLaij^nes, arrondissement de Chatillon. M. Bourree , correspondant de la Commission , y a dccouvert une tombelle oil molle funeraire, ainsi qu'une epee antique. On en parlera pins an long dans I'analyse des Me- moires adresses a la Commission. CoRPEAU, canton de Nolay, arrondissement de Beaune. M. le Maire de la commune a en- voye a la Commission un vase de verre , une me- daille de Vespasien et une de Maic-Aurelej en bronze, irouve's sur une montagne. CoucHEY, canton de GeVrey, arrondissement de Dijon. Trois bracelets de bronze ^ deux an- iieaux et un crocliet en cuivre. Dijon. Cinq ecus d'or au pore-epic (Louis XII) 5 cinq ecus d'or a la petite croix (Francois I). Ces dix pieces ont ete achetees par la Com- mission. Dans la demolition du cavalier de la porte Saint-Pierre, les ouvriers ont decouvert des epingles de tete; des fers de fleclies , de dards et de javelots; un cure-oreille et un sceau gothiques; des medailles antiques frustes^ enfiu line bague d'or d'un grand prix, achele'e par M. ArnoUet, ingcnieur en chef des ponts et cliaussees. Cclte bague, d'un or tres par, paroit ( i8o ) apparlcnir an cominenceinent du IX^ siecle , quoicju'elle porte sur une agate onyx, une lele en relief qui senihle clre celle d'un Empereur roniain. Dessous le clialon , qui est travaille de menie en dehors et en dedans, on remarque deux diamans, une emeraude et deux rubis, lous du plus petit volume. Les fouilles execulees dans les mines de Tan- cienue clinpelle de Saint-Marlin-des-Chanips , ontmisa decouvert 92 pieces de monnoie dont 54 en argent et 38 en bronze; un sabre oriental , ^ //•(iKiee a Latiscon. . M. a^ I^'/<^"^ ■ ( iS3 ) La Commission a decide que des fonillcs an- roient lieu a Malain de meme qu'a Gissey. NuiTSj arrondissement de Beaune. Un sceau golhique, trouve dansle jardin de M. Janniaid, juge de paix. Pagny, canton de Seurre, arrondissement de Beaune. Un fossoyeur, en creusant une fosse, a trouve de nombreuses pieces de Charles \ y Francois I , Henri II, ainsi que des monnoies de Geneve , de Bourges , de Lorraine , de Bcarn , et de I'archeveclie de Besancon. Pont-Bernard, commune de Montmancon , canton de Pontailler , arrondissement de Dijon. Deux petites balances antiques avec leurs bassins^ nneclef en fer^ une haclie-en jaspe^ un fer de beclie; la douille d'un poignardj un monetaire en or , du commencement de la premiere race des Rois de France. Seurre, arrondissement de Beaune. Au cou- cbant de la Saone, des monnoies gauloises en arisen t. Thoisy-la-Berchere, canton de Saidieu, ar- rondissement de Semur. M. Jules Remond, correspondantde I'arrondissement de Semur, y a trouve plusieurs fibulesj un fer de dardj uii grand nombre de cercueils en pierrej une aiguille de tete jdeux anneaux de bronze j un gros tour- nois de Charles YI5 dcs monnoies de Charles Yl, (i84) Charles Til et Henri II. Une mciile antique, trouvee a Thoisv, a ete donnee a rAcadcinie par M. Nodol, pharmacien a Semiir. Vergy, canton de Gevrey, arrondissement de Dijon. Une epee antique ( VoyezpL 2) (1); Tin fer de lance donne a I'Academie par son pre" sident, M. de ReuUe. La Commission a vu avec peine qu'ancnne de-. couverte nouvelle ne lui a ete sij^nalee dans le canton de Flavigny; les mines d'Alise sont une mine feconde en objets precienx, tels que me- dailles, sculptures, vases, armures, etc. EUe appelle sur ce point du Departemenl raltention des Savans et celle des Autorites locales. La Commission a recu de plusieurs de ses Membres etd'autres personnes, des medailles et d*autres objets antiques. M. Baudot, president de la Commission, a donne trois deniersdesarclievequesde Besancon, uncarreauverniprovenant du cavalierde la porta Saint-Pierre , et deux plaques de marbre blanc sorties des fouilles de la chapelle Saint-Martin. M. Gueneau d'Aumont , un fragment des ai- guilles de Cleopatre, recueilli sur place en 1B24? par M. Prudent, officier de marine, ne a Mar- (i)Cette epee a 73 centimetres de longueur 5 la poignee est forgee avec la lame comma dans I'epee de Latiscon. Voy.pag. 183. Fi.9 \ I! I -'• 1^ \,:- lil ^'t'yft e'e Ver o-\ . K .J£&^2>jr'o ( i85 ) sannay-la-C6te. M. de Sainl-Mesmln , une me-' daille crAiitoiiinPie et une deTetricus. M. Mall- lard de Cliambure, \ingt-une medailles, deux fibules,un aiineau en fdigrane de cuivre, uu poids ancien , une monnoie d' Alsace , un double tournois du Prince de Conti. M. Peignot, une luedaille de Trajan. M. Vallot, six pieces de monnoies etrangeres. M. Foisset,un jeton de Henri III, i5y/^. M. Bourree, un tiers de sou d'or de Valentinien, une monnoie cocliinclii- noise percee, un grand blanc de Henri VI , roi d'Angleierre. Parmi les diff'erens Memoires Ins dans le sein de la Commission , elle a parliculierement dis- tingue les suivans. I. RAPPORT sur les fouilles de la chapelle Saint-Martin^ par MM. de Saint-Mesmin ct Maillard de Cliambure. Sur la rive gauche du torrent de Suzon, a deux cents pas environ au nord-est du fau- bourg Saint-Nicolas de Dijon , il existe aujour- d'hui une ferme connue sous le nom de SainL- Martin 5 des batimens d'exploitation out ete eleves sur les mines d'une ancienne chapelle, qu'on y voyoit encore il y a cinquante ans et dont on n'a conserve que le choeur et quelques pans de murs. Cette chapelle , dediee a saint Martin de Tours , remonte a la fondalion du royaume des ( '86 ) Francs. L'hisloire de son origine est pertlue de- puis long-temps^ on salt seulement qn'en 801 , Betton, eveqne de Lan<^res , en fit don a I'abbaye de Saint-Elienne de Dijon 5 cette donation , con- firmee danslememesiecle par Isaac, aussi eveqne de Langres, Ic fnt encore en 904, par Argrimns son snccesseur. II paroit qn'a cette epoque la cliapelle Saint-Martin etoit desservie par les clianoines de Saint-Etienne, et qn'elle servoit d*eglise paroissiale aux liabitans du village de Fontaine, dont Teglise ne fut construile qn'en ii28on ii3o, apres queBarthelemi I, seigneur dece pays, ent obtenu deHerbet,abbe de Saint- Etienne, nn journal de lerre inculte situe de- vant son chateau , sur lequcl il lui fut pcrmis de batir une cbapelle , pour la tenir a tilre de cens des abbes de Saint-Etienne. Un grand nonibre de decisions desevcques de Langres et des bulles des papes, Calixle II en 1 124 , Innocent II en 1 189 , Adrieii IV en 1 156 et InnocentlVen 124^, confirmerent I'abbaye de Saint-Elienne dans la possession de cette cba- pelle , qui fut connue alors sous le nom de Saint- Mariin-des-Champs. L'Eglise de Fontaine, construite en ii3o, ayant ete erigee en cure en 14^1? I'ancienne paroisse de Saint-Martin pcrdit son litre de cure 94 ) niedlals des Romains dans la preparation de celte liqueur. Quand elle est preparee avec le viu de Bourgof^ne ou le vin de Bordeaux, ils rappcllent Bischqff , Eveque ; si on y emploie du vin dn Rlilu, elle recoit le nom de Cardinal; en fin si Ton se sert de vin de Tokai , elle est dii>ne d'etre appeleeP^^. (Voy. Henderson.) III. Complain TE iiiedite de Guillaume Vaudrey y surla mort de Bonne d'Artois, seconde femme de Philippe- le-Bon^ communiquec par ^. Baudot. Pliilippe-le-Bon , due de Bourgogne, epousa en sccondcs noces, Bonne d'Arlois , fille ainee de Philippe d'Arlois etde Marie de Berry, veuve de Philippe de Bourgogne, comte de Nevers, tuc a Azincourt en i^M^ ? dont elle avoit eu deux ills , Charles et Jean de Nevers. Ce mariage fut celebre a Moulins-Engilbert , le 3o novembre i424' Le honheur dont Philippe jouit avec sa nouvclle epouse fut de courte duree : elle mou- rut d'une I'ausse couche,le i5 seplemhre i/^iS^ dans son palais de Dijon , regrettee de ses sujels et pleuree de son epoux. Elle fut enterree aux Chartreux. Guillaume Vaudrey, poete contemporain,qui sc distingua au faiueux tournoi donne dans la plaine de Marsannay en i/f/j^ , sous les yeux de Pliilippe-le-Bon , composa en I'honneur de la •mort dc ccttc princesse,la complain tesui van le, ( ,95 ) troiivee clans le recueil manuscrit ties oeuvres de ce poete, COMPLAINTE. HelaSjlielas, lielas, Boiirgongne, Trop mal se porte ta besongne D'avoir perdu Bonne d'Artois Qui fut ta ducliesse neuf'iuoisj Dame de grant dellgence, Nee de la maison de France ; Ooques n'ama tirannie , Larrons , pillars ne roberie. C'etoit le mirouer des princesses ^ Fussent roynes ou duchesses , Piteuse fut denote et saige ; Gente de corps et de visaige, Ne querest pas liabis estranges, Queues , cornes ne longues manches : Huniblement estoit atournee Et de robes bien ordonee , N'amoit point gourmanderie Ne par nuit grand vrillerie , Ne vins aflectez d'espices , Dont s'ensuivent plusieurs liords vices : Ses heures canoniaulx disoit, Pauvres malades garir faisoit , Et se estoit grant aulsmoniere Et I'Eglise avoit moult cliiere ; Jamais n'eut la croys avisee Que ne feust agenoillee 5 ' Toujours fut bien en compagnle De fenimes en suivant sa vie, Ne mettoit nul en son service (196) Quelle sceutblasme nevice, Tout son temps fut renomee Et du menu peuple amee, Car ferme estoit en justice Et a grace duke et propice , Et sy heoit moult la guerre Et paix norrissoit en sa terre 5 Sa fin catliolique et saincte Monstre quelle amoit Dieu sans falncte ; Or lui prions que par sa grace En paraxiis son lieu ly face Et nous doint tost une nouuelle (i) Dame qui soit pareille a elle Et nous lace bonne lignee(2)} Dicte amen je vous en prie. IV. Memo I RE par M. Maillard de Chambure , sur Vu" sage de certain s styles d'os , d'ivoire et de bronze f mal a pro DOS pris pour des aiguilles de tete. L'usa^e des aiguilles de tete etoit parlicidier aux femmes , dit Tauleur de celte dissertation j or on a irouve de ces pretendues aiguilles, dans des sepultures deguerriersj on en atrouve dans des tonibeaux de moines , en Angleterre : ce ne sont done pas des aiguilles destinecs a retenir (i) Le vceu cniis par le poiite ne fnt realise qu'en 1429, lorsque Philippe epousa eu troisiemes noces, Isabclle, lille de Jean I, roi de Portugal. (2) Bonne mourut sans laisser d'enfans. Isabelle donna 4 Philippe, Antoiue et Josse, morts en bus age, et Charles le Tcme- raire qui lui succtda. ( 197 ) les cheveux, et du genre de celles nommees pap Pe'trone , acus comatoria. D'ailleurs les instrumens dont il s'aglt, sont d'uii pokls trop considerable pour qu'on pnlsse leur assigner I'usage qu'on vent leur atlri- Luer. D'un autre cote ils sont tous parfaitenient droits ; et s'il en faut croire ce vers d'Ovide ( Lib. 2 , Fast. ) , les aiguilles de tete etoient generalenient recourbees : Comat virgineas liasta recurva comas. Apres avoir developpe I'histoire de ces ai- guilles a retenir les cheveux, dont I'usage passa des Roma ins aux peuples du moyen age, M» Maillard de Chambure divise les styles dont les Anciensse servoient pourecrire, en trois classes : 1*^ Ceux dont on se servoit pour ecrire sur les tablettes enduites de cire, tabulae cereae; ils etoient le plus souvent de metal, aiguises d'uu bout, aplatis de I 'autre en forme de spatule, pour effacerles traits qu'on vouloit faire dispa- roitre, ce qui se faisoit en I'appuyant dessus. Cela s'appeloit vertere stylum. Ce genre de style est le plus ancien qu'on connoissej il en est fait mention dans le IV livre des Rois , ecrit plus de looo ans avant Jesus-Christ. 2*^ Ceux destines a ecrire sur les tablettes blanches, tabulae dealbatae , ^ox\\. I'enduit etoit dur et poli. Ces styles etoient d'etain ou ( 'pS ) _ d'argent ; ils servoient aussi a ecrlre sur des feiiilles d'ivoire. 3" Cenx tleslines a ecrlre sur les taLleltes en- duiles de craie, pugiLlares dealbatl. Ceux-ci eloient d'une maliere legere 5 quelquefois cepen- danl on eu laisoil en metal 5 ils etoient termines au bout oppose a la pointe, par un bouton ou une tete, coninie les aiguilles a retenlr les clie- veux : souvent on les placoit dans les cheveux apres s'en etre servi. Quand I'usage Awpapyrus et Awcalamus eut enlierement reniplace les labletLes et Ics styles ^ on couserva I'habitude de placer la plume dans les clieveux^celle coutume est encore usiteedans plusieurs pays. C'est de la que vient celte expres- sion familiere a plusieurs anciens auteurs : Ca- piti reponere calamum , pour dire cesser d'c- crire , de parler. II ne faut done pas s'etonner, dlt I'auteur en terminant, si Ton irouve de ces pretendues ai- guilles de tete, d'une forme et d'un poids pen convenables a I'usage qu'on leur assigne fausse- ment. On comprend comment on a pu trouver de ces instrumens dans des sepultures d'hommes, ct dans des tombeauxde moines. La plupart des objels consideres comme des epiugles de tele, nc sont que des styles, destines a ecrire sur des table ties. ( 199 ) \ .Memoire surune tombelle,ou mottefuneraire ,trouvee d Cerilly, presCIidtillon^par^.^owrYee^ Correspondant de la Commission . Le monument funeraire signale et decrit par M. Bourree, avoitecliappe jusqu'ici anx investi- gations des savans. II en donne la description suivante. L^eminenceconnue vulgairement sous le nom de Butte on Motte de Cerllly, etaussi sous ceux de G Irene e, Gineree Burte o\x Berte, se trouve isolement dans une plaine vaste et fertile , sur le tenitoire, et au nord-ouest de Ceiilly, canton de Laignes, entrecette commune et celle de Bouix, a une lieue un quart ouest de Chalillon , a qua- rante metres au sud de la voie romaine qui alloit de Langres a Auxerre, et qui est encore bien conservee dans la majeure partie de cet arrondissement qu'elle parcourt. Sa forme est legerement elliptique dans la direction du levant au couchant. Quand cette colline est parvenue, par une pente Ires rapide , a la hauteur de i3 metres environ a tons ses aspects, soit par une disposition primitive, soit par I'effetde la culture, la pente diminue brusquementj et apres avoir franclii un espace de 9 a 10 metres , en montant insensiblement , on arrive au point central d'une espece de plate-forme , dont le grand diametre est de 2.0 metres et le petit de 18. L'clevalion du ( 200 ) sonimet de ce moniicule estde i4 a i5 metres 5 on pent e valuer a 188 metres la circoiiference de sa base. La iradilioii, continue M.Bourree, assigne a la Girenee Berte plusieurs origines. Les uns disentque la prlncesse Berte, femme du fameux comle Gerard de Roussillon , celebre dans les ronians de la Table ronde, s'ennuyant dans son donjon du Mont Lassols, et voulant se procurer un point de vue du cote de Laignes, ou I'oeil se promene sans obstacles sur une vaste campagne , fit elever la butte de Cerillvj a une lieue environ de son chateau , et rpi'elle voulut porter elle-meme dans son giron y la premiere terre que Ton destinoit a ce monument; d'ou il fut appele Gironee Berte ou Girenee Berte. D'autrcs, confondantles fonctionsdes Bardes avec celles des Druides, pretendent que cetle buUe a ele elevee par les Bardes, pour en faire un haut lieu consacre a la Divinite. En fin la proxiuiite de la voie romaine a fait attribuer aux legions romaines rereclion de ce tertre, M. Bourree n'hesite pas a la rapporter aux Gaulois. C'est un monument grossier, eleve, dit-il , avant rinlroduction des arts dans le pays, Les Egyptiens preluderent a rereclion de leurs pyramides ^ eu couvrant la Haute Egypte , et par- ( !201 ) ticuHerement le sol on etoit assise la ville de Thebes, de pelites montagnes artificielles. Les fouilles execulees dans de semblables butles, ne mettent a decouvert que des nionumens aiite- rieurs a rintroduction des arts et des Romains dans les Gaules. 11 faut done que ce monument soit plus ancien que la route romainequi Tavoi- sine. On salt d'ailleurs que les Gaulois eurent des voies publiques avant celles que leurs con- querans construisirent cliez eux, et qu'ils con- noissoient I'usage, commun aux peuples de ritalie, d'ensevelir leurs morts sur le bord des chemins. II est tres probable^ajouteM. Bourree, que la Motte de Cerilly, siluee sur les confins des Lin- gons et des Eduens , n*est rlen autre qu'uu terme , une marque de delimitation entre ces deux nations; de meme que la Motte de Gergy, qui separoitcette commune decelle de Sassenay, et celles de Champagniat, au nombre de quatre, qui servoient de limites entre le duclie et le comte de Bourgogne (i). Ce qui fortifie cette (i) Les royaumes prennent pour bornes leurs limites naturelles , les montagnes, les mers, les grands fleuves. Les villes et les villages confinent leurs tei'ritoires par quelques moniimens anciens, consacres par I'ageetpar la superstition. J'ai decouvert uu Peulvaa druidiqucj ser- ( 202 ) conjecture, c'est qu'on voit a pen de distance de ce terlre, sur la montagne de Grisel, nn camp romain qni n'a point encore etesignale, et qui etoit destine a defendre Ics frontieres. Quant a I'etyniologie du nom de la Girenee Beite, M. Bourree la trouve dans le radical Gyr , qui, dans tons les dialectes ancienset mo- dernes de I'Europe, emporte I'idee d'un mou- vement ou d'une ligne circulaire, et dans le mot celtique J^ard, Bar^ elevation, hauteur. Elevation ronde. II est a desirer que des fouilles, execulees avec soin, viennent lever les diflicultes sonlevees dans I'interessant Memoire de M. Bourree. VI. De lavaleurdes 200,000 denlers d'or au mouton , que le Due de Bowgogne s'engagea a payer au Roi d* Angleterre , par le traite de paix de Guillouy du \0 mars \?)S(). Par M. Maillard de Chambure. L'auteur, apres avoir rappele les variations des monnoies sons les Rois de France qui pre- cederent Jean, rcmarque que ce fut pendant le regne de ce prince, leplus loyal et le plus scru- puleux souverain de son siecle, que ce detes- table systeme fnt mis ouvcrtcmcnt en pratique. vantde borne entre trois Comninnes( A/ew. Acad. Dijon, 1826 ^ip. 116). Peut-on dire cependant qu'il ait ete erige daus cette intention? — M. de C. (2o3 ) Sous son regne, les variations en vinrent a ce point , que les monnoies changerent souvent de valcur, d'une semaine a I'autre, tanlot en augmentant, tanlot en diminuant; ce qui met- toit dans tons les contrats une confusion inex- plicable. II n'est pas elonnant des-lois que les histo- riens aient varie, presque tons, dans revaluation des 2.00,000 niou tons d'or, promis par le Due de Bourgogne au Roi d'Angleterre. Hume les eslime 100,000 nobles. Yillanl 100,000 deniers d'or. Paradin 200^000 florins. Walsiuirliani, et un vieux nianuscrit conserve dans la bibliotiu'que de I'eglise de Christ a Cam- bridge, 70,000 florins. Mezerai 200,000 florins d'or. Hollingslied, Speed et Barnes 35,ooo li- vres sleiliu'jjs. M. Maillard de Cliambure discutant succes- sivement chacune de ces evaluations, remarque, sur celle de Barnes (35,ooo livres sterlings)^ qu'elle est evidemment exageree, puisqii'elle porteroit a 840,000 francs la valeurdes 200,000 moutons d'or, qui, d'apres les calculs les plus eleves, n'alloit pas a 35o,ooo francs de I'argent d'aujourd'liui. En effet, dit-il, les regislres de la Chambre des comptes de Paris nous apprennent que le taux moyen du denier d'or a Vagnel ^ ou au ( 7.o4 ) tnouton , etoit en i355 de 26 sons tournols; en mars i356de 20 sous tournois; au i^'^seplembre i358 de 2.5 sous lournois; au 21 avril 135^ de 35 sous tournois. Or Tannce i358 commenca le 1^"" avril et finil le 20 avril suivant^ I'annee 3359 dura depuis le 29 avril, jusqu'au 6 avril suivant. Si done Ton compare les laux de ces deux annees, en rapprochant aulant que pos- sible du 10 mars 1369, les epoques connues , on trouvera pour ce jour, dale du traile de Guillon , le laux moyen de 33 sous tournois, ou 1 franc 63 cent.; cequi donne pour les 200,000 moulons 326,000 f. = 330,076 livres tournois == l3,683 1. 6 s. 8 d. sterlings. Au resle, a joule M. Maillard de Chambure, on pent se faire une idee de la valeur de Tar- gent et des denrees en i359, en consultant le comple des recelles et depenses de Longchamp pour les annees i357, i358, 1369, etc. La queue de vinnouveauvaloil8 livres; un cheval, 4 livres 11 sous 6 deniers; 100 pommes, 1 sou j 100 oeufs, 4o sous; le seplierde ble, 4 livres; la journee d'un charpcnlier,4sous;un niouton, 3i livres i5 sous; la livre de sucre, 10 sous, etc. ,V11. Excursion archeologique a Fontaine en Cham-' pagnCf sur les bords de la Marne^ par M. Baudot. Ce pays paroit etre des plus riches en an liquites* M. Grignon avoit deja fait explorer en 1772> ( 205 ) par les ordres ctii Roi, les mines d'uiie vJlic ancienne, situeeentre Saint-Dizieret Joinville, M. Baudot y a recueilli d*autres renseignemens sur les anciens habilans de ce pays. Siirle bord d'une chaussee romaine, et a en-i viron une demi-lieue de la montagne dile du Chalelet, on voit une borne, appele'e dans la pays Haute-borne ; M. Baudot y a lu Tinscrip- tion suivante : viromarvs istatilie. En fouil- lant le sol du Chatelet, M. le cure de Fontaine a Irouve 35o medailles en bronze, argent et or, depuis les premiers Empereurs jusqu'a Julieu inclusivenient. Examinant quelle cite a pu exister jadis en ce lieu , M. Baudot croit reconnoitre dans les mines du Chatelet, non celles d'une ville, niais celles d'une station fortifiee,d'un Castrum des- tine soit a defendre les frontieres, soit a garder les bordsdelaMarne. L'emplacement qu'occupent ces mines est trop resserre pour qu'une grande yille y ait jamais existe. Cependant M. Grignon, dans le bulletin ^q^ fouilles qu'il fit executer en 1772, semble de'si- gner le Chatelet comme I'ancienne ville de Nu" Zium; mais il y a erreur dans rindication : les ruines de Nazium, explorees par M. Grignon , se voient encore a quatre Heues de la montagne du Chatelet qui n'a rien de commun avec elles. ( 206 ) M. Baudot conclut de ces difi'crentcs remaf- ques, qu'uii castruni fut jadis eleve pres de Fontaine, sur la niontagiie du Cliatelotj que sur- pris par I'invasion subite des enneniis, ceux qui I'habitoient ii'eureut que le temps de cacher a la hate leurs richesscs , et que c*est a cette cir- constance, qu'il faut attiibuer le iresor trouvc par M. le Cure de Fontaine. VIII. Note sur un poignard antique f trouve dansle rocTier de Crussolf departement de I'Ardeche , dont le dessirt ct le proces-verbal de decouverte ont ele adresses d M. Pei^not par M. Prieur, Inspecteur des contribu- tions directes d J^alcnce. Des ouvriers employes a exlraire de la pierre dans le rocher de Crussol, trouverent ce poi- gnard au milieu d'un bloc avec lequel il faisoit corps, a plusde3opieds de profondeur.L'eleva- lion de cette carriere est d'environ 3oo pieds. Ces ouvriers s'empresserent de frottcr ce poi- gnardcontrela pierre, afin des^assurer s'd n'etoit pas d'orj ils en briserent la pointe dans cette operation. Cepoignard, d'une forme elegante, est re- niarquableence qu'il estentierement en bronze. La lame est encliassee dans le manche, et re- tenue par six petits clous. EUe est , ainsi que le manche , garnie de ciselurcs. 11 est difficile d'assigner une dale a la f'abrica- ( 2c>7 ) lion de cette arme ; elle appartlent assurement a ramiqulte , et meme a une ires haute anti- qiute,si Ton considere qu'elle a ete liouveedans le milieu d'un bloc euorme de rocher. Voyez la gravurequ*en a donneeM. Artaud, Directeurda Museum de Lyon etMembre de I'Academie de Dijon j la Commission des anliquites possede la co- pie Ires exacte du dessin original de ce poignard , ainsi que celle du proces-verbal qui a ete dresse au moment de sa decouverte 5 ce proces-verbal est revetu de signatures qui ne laissent aucuu doutesur la veracitedes fails quiy sont rapportes. IX. Memoire sur les tomheaux on cercueils de pierre ^ trouves dans le departement de I'Aisne , par M. Le- maistre, Membre correspondant de I'Academie de Dijon. Ce Memoire est relatif a des anliquites etraii- geres au Departement j la Commission a cru de- voir cependant en inserer I'analyse dans son Compte rendu, en consideration des observations curieuses qvi'il renferme et des renseignemens qu'il fournit sur les anciennes sepultures du genre de celles qui sont si communes dans le de- partement de la Cote-d'Or. Le departement de I'Aisne recele un grand nombre d'anciens lieux de sepulture 5 M. Le- maislre en a fouille plus de vingt, dont quel- ques-uns sent d'une elendue peu commune. Oa ( 208 ) lQ*apaslronve moins Je 2o,ooocerciieilsa Arcy-* Sainte-Restilue. lis sont en general eufouis a peu de profondeur; on en irouve a moins de neuf ponces du solj niais il esl a croire que les eauX ont entraiue une pai lie de la lerre qui les cou- vroit. Yoici qnelques-unes des parlicularites remar- quees par I'anteur du Memoire. Position. Les files de lombeaux sont le plus souvent dans la direction du nord au sud, les pieds a Test. On en a Irouve de ranges par elage, les uns sur les autres ; quelquelois une couche d'ossemens sert de base a une couche de cer- cueils. La distance d'un tombeau a I'autre est de 2, a 3 pieds 5 quelquefois dans cet intervalle on trouve un cadavre inhume sans cercueil. On remarque que le desir de conserver le plus long- temps possible les cendres de leurs niorls^ portoit les peuples auxquels ces sepultures a[)- partiennent, a les placer sur des hauteurs, dans un sol pierreux on sur un lit de niarne. Forme. On en trouve de forme irapezoidalc, a couvercle plat et d'une scale pierre , sans re- bo rds ni feudlure. On en a decouvert un con- tenant deux squelettes. A la parlie superieure on y observe le plus souvent une petite ban- quette , ou chevet, pour supporter la tete du ca- davre. II y en a^ mais en petit nombre^ en forme ( 209 ) de parallellpipedes. Un d'eux offioit line sinj^u- larlte reniarquable : le couvercle eloit d'une seule piece et de lerre cuite, d'un grain ires fin et d'une belle couleur rouge. Un autre etoitfait de pierre arlificielle, qui semble etre composee de cliaux et de tuf pulverise. On en a vu garnis de bandes de fer. lis sont generalenient fails d'une pierre calcaire blanche et pen dure. Leur longueur commune est de 6 pieds , leur profon- deur de 9 ponces , leur largeur de 2 pieds 6 a 8 ponces, I'epaisseur de la paroi de 3 ponces. Matiere. La pierre calcaire y domine 5 on en voit en pierre lenticulaire, en breche , etc. JEtat des Cadavres. On en a observe un en- tierement reconvert de cliaux 5 d'autres en- toures d'une terre coraprimee avec soin ; ce fait est precieux en ce qu'il suppose des connoissan- ces chimiques, qui n'ont point encore ele attri- buees aux Anciens. Un tombeau, enfoui sous deux couches d'autres cercueils, a presente une singularite reniarquable : il renfermoit un sqne- lette d'homme 5 a ses pieds etoient deux tetes dont une de femme; a cote du cercueil on a irouve les deux squelettes dont les tetes etoient dans le tombeau. On a observe que les osse- niens, trouves entbuis dans la lerre, etoient mienx conserves que ceuxenfernies dans les tombeaux. La tailie commune des squelettes trouves, sup- H ( ^lo ) pose line genera lion d'liommes clc 5 picds 7 a 8 ponces. Objets trouves dans les tombeaux. On y a tronve des lames d'epees, des plaques de fer, des fibules, des poignards , des bouelcs et agrafes oinees de pelits morceaux de veire colorie, des hraeelelsen forme de serpens, des anneaux,des styles , des ornemens en metal blanc ressemblant au tond)ac moderne, des grains de collier, des bulies de substance vitreuse, des vases en terre cuite, deslacrymatoires, des medailles des Empereurs Romains, des casques, des fers de lance et de javelots, I'inscriplion : INIYOI, que M. Lemaislre traduit par Infra illustris viri ossa jacent y on Intra illustris vir optimus jacet ; une urne en bronze, des liacbes eu silex, etc. Autres Memoircs adresscs a la Commission et lus dans ses seances. X. Notice sur le cbapcron de la Mere-Folle, parM. Baudot. Seance du i3 aout 1826. XI. Note sur les mines de Pompei, par le meme. 3i Decendjre 1826. XII. Lcttre sur un coffret arabe Irouve dans les ruines de Latiscon , par M. Bourree. 25 Jan- vier 1827. XIII. Sur les fossilcs trouves dans les fouilles (21, ) de la 43^ ecliise da canal de Bourgogne , par M. Baudot. 2,2 Mars 1827. XIV. Menioire sur les jelons de rancieniie province de Bourgogne, par le meme. 22 Fe- vrier 1827. XY. Notice sur la reliure des anciens manus- crits , par le nienie. 5 Juillel 1827. XYI. Note sur Tanciennele des moulins a montarde, parle nieme. 26 Juillet 1827. XVII. Memoire sur le culte rendu a sainle Heine par les habitans d'Alise et sur le proces auquel il donna lieu j par M. Maillard de Cham- bure. 26 Juillet 1827. XVIII. Me'moire sur les lois et les etablisse- niens de Saint Louis, par le meme. 9 Aout 1827. XIX. Note sur nn fer de clieval , trouve a Alise , par M. Baudot. 9 Aout 1827. XX. Note sur Vincent de Beauvais , par le tneme. 9 Aout 1827. Tels ont ete, Messieurs, depuis la derniere Seance publicpie, les travaux de la Commission des antiquites. Elle s'estime heureuse d'avoir ete protegee par les Autoiites et secondee par le zele des particuliers. C'est a ce genereuxconcours d'in- tentions et d'efforls qu'cUedoil la plu[)art de ses innocentes conquetes. Elle espere a I'aide des memes inoyens pouvoir en couiinuer le cours. ( 212 ) Apresle Rapport cleM. Maillard dc Cliamljurc, M.Pei^not,Secrelaire,presentele resume suivant des objels sonmisa rAcadejiiiedcpuisdeux ans. Dans la seance dii 7 decembie 1826, vous aviez decide que M. voire President soUiciteroit par I'enlremise de S. S. M^ le Due dc Brissac, nienibre associe non residant, la permission de deposer au pied du Trone un exemplaire du Comple rendu de vos travaux, et qu'un second exemplaire seroit adresseaS, A.R. Monseij^ueur le Due de Bourbon, prolecteur de TAcademie. M. le Due de Brissac, dont rempressemeut a se- conder les voeux de TAcademie a , dans tons les temps, excite voire reconnoissance, vous a an- nonce, par sa letlre du 2 fevrier 1826, qu'apres avoir obtenu la permission sollicitee, il a eu riionneur de presenter au Roi le Compte rendu de vos travaux 5 que Sa Majeste a daigne accueil- lir avec sa bonte ordinaire, cet hommage de I'Academie, ainsi que Texpression de ses seuti- niens et de ses vceuxj et que Sa Majeste a bien \oulu le charger de vous en lemoigner sa satis- faction. S, A. R. Monscigneur le Due de Bourbon a honore du meme accueil I'exemplaire qui lui a eie presente. Au moment ou TAcademic venoit de s'occu- ( 21^ ) per du sujet de prix d'eloqnence, ponr le con- cours de 1826, (le parallelede S. Bernard etde Bossuel), line person ne qni n'a pasvoulu se faire connoUre, a adresse a M. le President, une no- tice sur saint Bernard. La lecture de cette piece historique a ete cntendue avec nn vif interet. La piete et les grandes actions de saint Bernard ont ete presentees par I'auteur dans toutleur eclat. II etoit difficile de rendre un plus belliommageaux talens et aux vertus de I'illustre Bourguignon, du saint fondateur de Clairvaux. L' Academic eut desire que ce morceau interessant fut depose dans ses archives 5 niais la niodestie de I'auteur le lui a fail retirer. M. Patris de Brenil, membre correspon- dant, a fait hommage a 1' Academic de Re mar- ques sur le xxxi^ livre de l^Histoire de Venise par M. le comte Daru. Ces remarques ties inte- ressantes sont relatives aux conjectures qu'a fait iiaitre un evenement terrible qui s'est passe a Venise an niois de niai 1618, et qui consiste en executions publiques d'un grand nombre d'hommes inconnus qui tons, le meme jour, ont ete, les uns attaches au gibet, et les autres jetes a la mer, sans qu'on ait jamais pu decou- vrir ni par la tradition , ni par les registres du Conseil desclix, ill clans Ics pieces tlu temps, les motifs d'lin acte dont la scveiile a atteiiit siiiiul- taneiueiit tant de personnes. L'abbe de Saint-Real a fait de cet evencment le sujet d'un livie ties connu , parce qn'il est Lien ecrit, sous le tilre de Conjuration des EspagnoLs contre Venise. Son imagination est la source ou il a pnise la ])lnpart des fails acces- soires. Cependant il avoit consuhe quelqnes pieces du temps snr la conduite de Bedmar, am- Lassadenr d'Espagne pies la lepobllqne de Ve- nise, et snr celle du due d'Ossone , Vice-Roi de Naples, qui, dans ces cireonstances critiques, etoient, I'un et Tantre, tres suspecls a la Repu- blique. Le depart subit de Bedmar, oblige de quitter secrctement Yenise, et les menees sour- des du due d'Ossone, forment le pivot de I'bis- toire de Saint-Real 5 les nombreuses executions en sont le denouement ; le reste est une broderie que I'auteur a arrangeea sa maniere sous la de- nomination de Conspiration » Grosley (1) a cherclie a demonlrer ce que le (1) P. J. Grosley, de Troyes, ecrivain distingue , nVst point towt-a-fait etranger a I'Academie de Dijon, quoi- qu'il n'en ait pas ete membre. C'est lui qui, sousle nom de du 6'/5a^5e/a5dcTroyes,aremportelejei accessitaufanieux concours de 1 75oj sur cette question : Le retahUsscmcntdcs recit de Saint-Beal a de roniancsqiie. Sa discus- sion , qui renferme ses conjectures sur Ics canses derevenemenl, a pani en 17665 mais comme il li'avoitpas alors ions les documens necessaires, et qn'il parviul 'a s'en procurer d'autres par la snile, il donna nne seconde edition de sa dis- cussion, beauconp plus ample , dans le quatrienie volume de ses Observations sur Vltalie et sur les Italiens ( seconde edition ) , en 1 770 , et avec un nouveau titre en 1774* M. le comte Daru , noire associe non rcsi- dant, ne ponvoit passer sous silence, dans sa helle et interessante histoire de Venise, I'cvene- inent de 1618. Aussi Fa-t-il raconte avec son talent ordinaire. Mais dans rimmense quanlite Sciences et des Arts a-t-il contribiie a epurer les mcnurs ? Sans J. -J. Rousseau , dont les eloquens paradoxes ont ete couronnes, Grosley eut remporte le prix. Ce savant Troyen , ne eu 1 7 1 8 et mort en 7 785 , a laisse un certain nombre d'ouvrages curieux , interessans , telsqu'liistoires, voyages, memolres, dissertations, etc. , tous marques au coin de Perudition et dont la plupart ont une teinte d'o- riginalile piquante. M. Patris de Breuil , digne compa- triote de I'auteur , en a fait reimprimer plusieurs avec des dissertations, des notes et des additions importantes. On trouvera a la fin du present volume, dans la lisle des ou- vrages envoyes a 1' Academic , ceux dont M. Patris lui a fait hommage. de materiaiiT qu'il a recneillis ponr celle his- toire , il iie s'cst rien Irouve siir la procedure qui a du preceder tant d'execu lions j de sorle qu'il a ete oblige de se livrer aux conjeclnies comnie Saint-Real el Gro^lev. II a ele d'aceord avec ce dernier pour faire juslice de la rclalion roma- nesque de Sainl-Real; niais il n'a point parlage I'opinion du savant Troy en sur les motifs qui out pu engager I'inquisilion d'etat de Venise a ordonner des supplicessinombreux el si subits. Ses conjectures ont ele differentes de celles de Grosley , parce qu'il n'avoit vu que la premiere edition decelui-ci, publiee en 17^6, el qui etoit fort incomplete 5 c'est celle dont il parle dans son histoire de Venise; mais des-lors ayant eu sous les yeux la seconde edition donnee en 1 770 , plus developpee que la premiere et qui lui a etc communiquee par M. Patris de Breuil , il a juge Grosley beaucoup plus favorablement, et s'est rapproche de son opinion. Tel est le resume tres sommaire des remar- ques que M. Patris a adressees a 1' Academic. II entre dans le detail non-sevdement des conjec- tures des savans dont nous venous de parler, mais il rapporte d'autres opinions et discute sa- vammentcepointderhistoiredeYenise, d'autant plus remarquable el d'aulant phis curieux que riuquisitiou d'etat a juge a propos de I'euvelop- ( 217 ) per d*un mystere impenetrable , en supprimani la procedure qni a ordonne les snpplices. Nous ne nous etendrons pas davantage sur cet objet; les remarques de M. Patris devant etre impriniees a la suite du Compte rendu. Un ouvrage important et par son objet et par la maniere dont il est ecrit, a vu le jour a Dijou en 1825 : d e?,\X Histoire duMoyenAge, traitee pour la premiere fois avec une methode et des developpemens qui remplissent en fin I'espece de lacune que Ton remarquoit avec peine entre I'histoire ancienne finissant a I'ecroulement de I'Empire Romaiu , et I'histoire moderne com- mencant a la formation decidee des peoples ac- tuels de I'Europe. Si Ton n'a pas lu ce travail immense , on ne se fera jamais une idee des longues et penibles reclierclies qu'il a necessi- tees. Pour une pareille entreprise, il ne sulfi- soit pas de tirer de nouveaux materiaux de la carriere 5 il falloit encore les clioisir, les compa- rer, les polir, enfin les coordonner et en former un edifice regulier qui prit son alignement na- lurel entre les monumens qui I'avoient precede et ceux qui Font suivi. C'est ce qu'aheureusement execute, dans le silence de la retraite et de la meditation , I'auteur des Annales du moyen dge , que TAcademic compte avec plaisir au ( 2l8 )^ _ nombre dc ses membres resldans. Nous nous empresserious, Messieurs, de vous offrir Taua- lyse de cet ouvrajije, de vous faire remarqucr avee quel ordi e metbodique I'auleur a expose le tableau syiicbrouique de taut de peuples uou- veaux se precipilaut avec fureur siu^ leur proie, sur ce cadavie de rEm[)iie qu'ils deebirent en lambeaux 5 de vous moutrer avec quelle clarle il detaille taut d'evenemens que leur rapidile et rincerlitude des lieux ou ils se sont passes ren- dent quelquefois obscurs et confus ; enfm de vous signaler les parties les plus saillanles de ce beau travail, tels que I'origine et les premiers regnes de noire nionarcbie, lafoudation de I'ls- lamisme, le regue eclatantde Cbarlemagne , etc. Mais, Messieurs, vous avez entendu le Rapport lumineux et profond que vous a fait sur cet ou- vrage, au nom d'une Commission , notre col- legue, M. le Procureur general Nault; vous avezdelibere que ce Rapport seroittextuellemcnt insere dans le Comle rendu 5 il est done siqier- flu de s'etendre davanlage sur cet objel. Nous renvoyons au travail de M. Nault , impj ime dans c^volume. M. le President Riambourg a fait part a I'Aca- deniie d'un morceau de pbilosopbie religicuse, dans lequel il s'applique a demon Irer qu'zY ne ( 219 ) Jhut pas s'etonner qu'il y ait des mysteres dans la Religion, Ce morceau ires profond ii'est qu'un fragment d'lin onvrage nianuscrit du plus hantinteretou raOlenrse propose eleven- ger la Religion dureproche d'absurdile. Dans ce fragment, M. Riambonrg expose d'abord que le penchant a rincredulile resulte de ce que riiomme est parfois moius frappe des preuves de la Religion , qu'il n'est effraye a la vue des profondeurs de sa doctrine 5 ensuite il dit que ce penchant pourroit aisement se rectifier, si rhomme prenoit soin de se convaincre qu'il est une infinite de choses qui sont hors de sa portee 5 puis il ajoute que si cette verite etoit profondement empreinte dans Tesprit, on ap- porteroit plus de reserve dans I'examen refle'chi des dogmes de la Reliiiion , et on recevroit avec plus de docilile ses mysteres. Partant de la, I'auteur s'allache a demontrer, par de noni- breuses applications tres interessanles, la verite en question, c'est-a-dire qu'il existe une foule d'objels dont rhomme nepeut se rendrecompte, et qu'il marche presque continuellement envi- ronne de mysteres. Nous ne suivrons point Tau* tevu^ dans le detail de ses demonstrations , ni dans les consequences tres justes qu'il en tire, parce que TAcademie , penetre'ede I'importance de son travail, ayanl decide qu'il scroit insere ( 220 ) dans le Compte rendu, nous ne pounions que repeler ici succinctement ce qu'on lira ci-apres avec tons les dcveloppemens necessalres dans une matiere anssi imporlante. M. Palris de Breuil a adresse a rAcademte des Reflexions sur une preface des OEuvres completes de J. J. Rousseau , publides en 2.5 vol. in-8^ 5 et incidemment sur la methode employee par certains ecrivains pour criti- quer ce philosophe. Dans ce nianuscrit com- pose de 29 pages , M. Palris combat vivement I'edileur d'un avant-propos qui se trouve en tele du premier tome des Confessions de Rous- seau (17^ vol. de celte edition). Sa critique porte sur deux objets principaux que nous ne pouvons guere qu'indiquer^ car des raisonne- mens serres et etroilement enchaines les uns avec les autres sont peu susceptibles d*analyse. Le premier est relatif aux Confessions elles- memesj on sail que cet ouvrage a ele bien eloi- gne de reunir tous les suffrages : les uns Tout regarde comme un monument d'orgueilj d'au- tres, comme un livre on rauleur s'est avili par les aveux qu'il y fait. Quant au style, les uns reprocbenla Rousseau d'avoir mis du faste dans la peinture de ses moeurs 5 les aulrcs Taccusent au contraire de u'avoir pas le caraclere d'cleva- ( 221 ) don qu'on soiihaiteroit a rhomme qui parle cl Tel eloit le sujet du coucours; et il semble iS ( ii6 ) qu'il seroit difficile d'en irouver un pins grand ^ plus iiiiposanl, etqiii prelatdavantage aux niou- \emens de reloqucnce , aux developpemens de grandcs scenes hisloriques , et qui fut plus digne d'etre propose par nnc Acadeniie , sur-lont par ime Acadt'mie placee prcs du Lerceau de ces deux grands honimcs. Et , Messieurs, chose ctonnanle! un seul Me'molre, comme nous Ta- vons dit, vous est parvenu. Est-ce I'etendue et la majeste du sujet qui auroit effraye Icsconcur- rens? Ou bien ratmospliere du sieele present, disons-le avec peine, un peu nebuleuse sous cer- tains rapports, auroit-elle eu une nialhenrense influence sur ceux que leurs talens anroient ap- peles dans la lice? Ou en fin , quelques fatales circonstances iniprevues et inconnues auroient- elles mis des enlraves a I'arrivee du programme du concovirs, dans la plupart des lieux ou il a ete adresse ? Nous preferons nous arreter a cette derniere consideration, qui, si elle est fondee, nous fait \ivement partager les regrets de ceux qui anroient desire coucourir. Cependant, Messieurs, nous trouverons un certain dedommagement dans le Memoire en- voye , puisqu'il a ete juge digne de fixer voire attention. Voire Commission y a reconnule ger- me deja developpe d'un vrai talent. On y voit que Tauieur, fort insiruit et anime de principes ( 227 ) dolkles , a senti la dignile dii sujet ; mais il n^etl a pas mesure toute retendue. L'enseniLle de son travail ne remplit pas enderement le plan qui avoit ete trace. Pins occiipe du portrait des deux personnages qnedu tableau de leur siecle, I'auteur n'a pas donne une idee suffisaiite de rinflueiice extraordinaire que Tun et I'autre out exercee snr leurs couteniporains. On a remar- qne aussi dans son discours quelques expres- sions un peu hasardees, quelques phrases dont le tour eut puetre plus lieureux, quelques tran- sitions peu menagees j mais ces taclies, en petit nombre, sont rachetees par un style soutenu et par des niorceaux qui prouvent que I'auteur s'est nourri et bien penetre des grands modeles, Yoyons si quelques passages exlraits de ce tra- vail iQteressant confirmerontce que nous venous d'avancer. Apres un exorde simple, noble et ap- proprie au sujet, Tauleur s'ecrie : cc Bossuet , saint Bernard ! Quels noms I Plus loin I'auteur caracterise ainsi les illustres personnages dont il doit developper les grandes actions. cc Tons deux ont ce coup-d'oeil d'aigle, qui cc perce les plus profonds abimes des cboses liu- « niaincs, et cetle force de raison qui aneantit cc toutes les resistances^ tons deux, a une in- cc croyable energie , temperee par les charmes cc de la douceur evangelique, joignent une sa- cc gesse melee d'audace qui rend leur trionq^lie cc infaillible ; tous deux ont une piele e'gale a « leur genie, une ardeur devorante pour tous cc les travaux utiles a la Foi,et une telle eleva- cc tion de pensees, qu'au milieu des merveilles c<; qu'ils operoicnt de toutes parts, ils n'ont pas ( 229 ) cc dalgne songer un instant a la gloire. Que dis- cc je ? Amoureux de rol)scurite, de ki solitude^ « du silence, ils eussent trouve leur bonheur a cc s'y ensevelir, si Dieu lui-nieme ne leur cut cc fait violence pour les placer au rang de ses cc docteurs et de ses proplictes. cc Mais quand , a la voix de TEternel , ils s'e- cc lancent de la vie cachee dans la vie publique, cc quelle autorite! quelle energie! comme I'ins- cc piration eclale en eux ! On diroit que le Mailre cc du monde a mis les ccjeurs entre leurs mains cc pour en disposer a leur gre. Ils apparoissent cc aux peuples avec la majesle et I'ascendant de cc Mo'ise, lorsque, venant de s'entretenir avec cc leTresHaut, il rap[X)rtoit aux enfans d'ls- cc rael, sur des tables de pierre, leurs devoirs et cc leursdestinees^ comme lui aussi ils semblent cc avoir recu cette baguette merveilleuse qui cc du sein des rocs les plus arides fait jaillir les cc eaux les plus vives. cc Placez le solitaire de Clairvaux au milieu cc des miracles du grand siecle, ou il sera lui- cc meme un miracle encore plus grand 5 que les cc chcfs-d'ceuvre de Rome et d'Aihenes aieut cc feconde son genie, et que des rivaux dignes cc de lui aient anime son essor 5 la France ad- cc mirera en lui le plus grand de ses orateurs et lic de ses liistoricns, un auteur plus antique cc peul-etre que runliqiihe memc. A sa voix, cc Turenne aLjnrera rerreur, cl Condc Tiii- cc difference ; I'hcresie se dcballra en vain sous cc ses foudi es j et ceux qn'il anra vaincns, heu- cc reux de leur defaile , couvriront de bai- cc sers et de laimes la main qui les a fiappcs. cc Saint Bernard sera Bossuel. cc Placez I'eveque de Meaux au milieu de la ^c rustique energie du moyen age , a Taurore de cc la civilisation renaissanle, dans un temps ou cc I'Eglise seiile offre aux penples une protection cc que le pouvoir royal , trop foible encore, ne cc peut leur assurer, ou elle etend de tons cotes cc son mysterieux empire, ou Ton ne connoit cc d'autres delassemens que ses fetes, d'autres cc spectacles que ses ceremonies , d'autres lu- ce mieres que ses enseignemens,d'autre legisla- cc tion que ses decrets ; il ne laissera pas a l;i pos- cc terite des modeles classiques; mais son in- cc culte eloquence fera la deslinee de son siecle, cc et il verra les Rois et les Empereurs s'honorer cc de placer en croix sur Tor et la pour[)re qui cc les decorent, les precieux lambeaux de ses ve- cc lemens. Bossuet sera saint Bernard. cc Ainsi la vie, les ecrits, le caractcre de ces cc deux grands liommes, tout en influant sur ec Tage qui les a vus naitre, en ont rccu rincvi- cc table eraprcinie, jj ( 23i ) L'orateur trace en suite a grands traits Ic siecle que saint Bernard a illustre par tant d'ac- tions sublimes. Au milieu de ce tableau admi- rable J il presente des reflexions tres jusles sur la puissance sans bornes qu'exercoit son beros par la seule influence de ses verlus et de son elo- quence cbretienne. cc Arretons un moment uos regards, dir.-il, « sur ce spectacle, le plus imposantpeut-etre qui cc puisse etre offert a I'liomme, Tempirede I'e- « loquence unie a la verLu. cc Get enfant dii desert a fui le pouvoir, et le cc pouvoir vieut le cbercber. Ses paroles sont des cc oracles, sa vie est un regne. II est sans cour c< et sans suite ; mais Teclatde ses vertus I'envi- « ronne d'une aureole de gloire plus brillante cc que le diademe et toute sa splendeur. II com- cc mande , et il n'eprouve aucune de ces re'sis- Mais nous croyons avoir suffisamment de- (Ho) liiontre par les passages rapporles cl-dessns, que le Menioire envoyc an concours pour Ic prix d'e- loquence inerite, a plusleurs cgards , les suffra- ges do 1' Academic. Si I'auteur se rapprochant davantage du plan trace, cut donne aux deux siecles qu'il avoil a peindre, un developpeuient proporlionne aux portrails de saint Bernard et de Bossuet J s'il cut fait disparoiLre quelques le- geres taclies dans la diction ; si sa conclusion eut ete un peu nioins brusque, et sa peroraison plus enharmonic avec la grandeur du sujet, voire Commission n'eut point hesite a vous proposer de lui decerner le prix, quoiqu'il se fut pre- sente seul dans la lice; car le defaut de con- currens ne pent alterer en rien ni le merile, ni par consequent les droils d'un excellent ou- vraije diijne d'etre couronne ; mais votre Com- mission a pense , Messieurs , que si la plus scru- puleuse equile ne lui permettoit pas d'opiner pour le prix , elle lui faisoit un devoir de decla- rer que le travail de Tauteur lui paroit digne d'un temoignage de satisfaction et d'encouragement de votre part pour les beautes qu'il renferme. En consequence voire Commission vous propose d'accorder une medaille d'or de moindre valeur que celle du prix, a Tautour du Memoire eu question ;et en outre de proroger le concours pour 1827, dans I'cspoir d'un succes plus com- ► ■■• ( 2.fl ) pletsoit Je la parlde nouveaux alliletes, solt de la part de I'auteur lui-nieme, dont le iioiu les- tera inconnu jusqu'a Tissue du concours. L'Academie ayant adopte les conclusions de la Commission, une medaille d'or en valeur de cent francs, a etc decernee, a tltre d'encoura- gement, a I'auteur du Memoire envoyeen 1826; et le meme sujet de prix d'eloquence a ete remis au concours pour 1827, avecquelques modifica- tions dans le plan indiqueprecedemment.L*enon- ce du nouveau programme eloit ainsi concu : cc Saint Bernard et Bossuet les deux plus grands hommesderEglisegallicane^ quel a eteleur genie, leur caractere , et leur influence sur leur siecle ? ^^ Malgre cette modification qui reduisoit a de moindres dimensions le cadre que ron avoit a. remplir, aucun Memoire n'est parvenu a I'Aca- demie dans le delai fixe pour I'envoi des ouvra- ges. Alors le sujet a e'le retire ; puis le cachet du Lillet joint a Tunique Memoire envoye en 1826, ayant eie brise en pleine seance le 11 juillet 1827, M. le President a trouve inscrit le nom suivant: M. Barrau ( Theodore-Henri) ^ proj'esseur de Khetorique au college de Niort ( Deux- Sevres) , auteur de I'Eloge de Lesage qui a obtenu un accessit a I' Academie J'rancaise . M. Barrau a recu la medaille que I'Academiclui avoit decernee. 16 E.^!Pl?©2iT SUR LES ANNALES DL MOYEN AGE 5 PAR M. NAULT. (lu dans la seance du 24 MAI 1826.) JM ESSIEURS, Ce u'est pas sans un sentiment cle defiance de nous-meme qne nous avons eutrepris de rem- pUr I'lionorable mission dont vous nous avez c^harge. Le vif interet que nous a inspire la pu- Llicalion d'un ouvrage a la composition duquci nous avons pour ainsi dire assiste , pouvoit-il nous permettre d'apporter dans son examen toute la liberte de jugement que vous avez le droit d'atlendre d'un rapporteur et d'un juge ? Pour repondre a la conliance que vous nous avez don- nee, n'avions-nous pas a nous defendre de qucl- que illusion ? Toutefois uue consideration nous a rassure : c'est que I'ouvrage dont nous avons * 8 vol. in-80. (243) a vous enlreteiiir vous est connii. A son appari* lion dans le monde lltteraire , il a ele honoie de Vos suffrages. Cette approbation flatteuse de compatriotes renomnies par la purete de leur goutetl'etendue de leurs lumieres aete anx yens de I'auteur la premiere recompense de ses tra- vanx , comme anx notres nn presage assure du succes qu'ils doivent obtenir. En donnant aux Annales du nioyen dge les eloges que nous leur croyons dus j nous avons pu nous dire que nous n'elions encore que les interpretes de vos seniimens et de vos pensees. S- En considerant, Messieurs, la societe hu- inaine d'une seulevue, deux grandes periodcs s*offrent a I'espritpourservirdematiere aux etu- des historiques : les temps anciens, et par la j'entends ceux qui precedent I'etablissement du Cbristianisme 3 et les ages modernes oul'on voit les mceurs et les institutions des peuples em- preintes de I'influence de la religion du Christ. Une epoqne intermediairesepare ces deux gran- des periodes : c'est le passage de la civilisation antique a la civilisation moderne. Durant cette epoque , les habitudes et les moeurs du poly- theisme tombentdevant les moeurs chretiennes; le peuple romain qui remplissoit alors presque lout I'univers connu, Cede I'einpire etlepouvoif' ( 244 ) p^iLlic a des peuplcs nonveaux appeles a le rem- placer. De mauicre que selon I'ordre de la Pro- vidence, tout dans la sociele ,les hommes etles clios€S, siibit a-la-fois une transformation nou- velle. L'epoque durant laquelle se prepare et se consomme ce grand changenient est le nioyen age. Les Grecs et les Romains , nos maitres dans la vie civile et dans les arts de I'esprit , ne nous ont rien laisse a faire pour ce qui regarde I'liis- toire des temps anciens. lis ont eux-memesecrit leurhistoire et celledes peuples contemporains, et leurs ouvragessonten meme temps pour nous les sources de la tradition liistorique et les nio- deles du genre. D'un autre cote, depuis la re- naissance des lettres en Europe , toutes les gran-, des epoques de la civilisation moderne ont ete decrites avec plus ou moins de talent etde verile selon la force et le genie des ecrivains qui ont parcouru la carriere de riiisloire. Les Anglais se sont parliculierement siguales dans ce genre decomposition qui suppose un esprit patient, judicieux , etendu. II restoit les temps interme- diaires mal eclaircis et peu connus , parce qu'ils exigeoient de I'liistorien des recherches plus la- Lorieuses et qu'ds offroient moins d'attrait aux Jecteurs. Et pourtant, Messieurs , s'il est naturel que nos yeux s'arretcnt de preference sur les siecles civilises que le geuie de i'homme a mar- ( 245 ) ques de son empreinte , coinbien n'est-il point necessaire a notre instruction de Jeter un regard scrutateur sur celle epoque triste sansdoute, ou la societe humaine a ete dans une sorte de crise ponr renailre a une vie nouvelle et s'asseoir sur de plus solides fondemens ! Nos origines , nos institutions , nos lois, nos moeurs,decoulent du moyen age; et Je ne crains point d'affirmer que celui qui aura neglige d'^acqvierir la connoissance de ces temps, n'aura jamais qu'une intelligence imparfaite et confuse de I'histoire moderne. It semble done qu*un homme , ne avec le talent d'ecrire, qui avoit dirige ses etudes et ses medi- tations sur les recherches historiques, devoit s'emparer de ce sujet presque neuf encore de nos jours. C'etoit rendre un utile service aux etudes et aux lettres. Voila ce qu'a tente I'auteur des Annates du moyen cfge. Nous passerons rapidement, Messieurs, sur l^s deux premiers volumes de cet important ou- vrage , qui comprennentla suite de la decadence des Romains , jnsqu'a I'extinction de I'Empire dans rOccident. L'auleur a subordonne cette premiere partie de son sujet a deux vues princi- pales : la licence despotique des gens de guerre qui estun principe de dissolution au-dedans de rEtat,et les aggressions des Barbaresqui sout an dehors une autre cause deruine. Cette partie d'er ( Md ) rouvrage, si Ton en exccpte le regnc Je Julien, est ecrite avec plusde rapidile que tie ileveloppemcnt, parce que I'auteur s'est moiiis propose de de-* crire la decadence de Rome que d'exposer le recit dela fondalion et des progres des Etals nioderncs. On pent remaiquerau second volume un tableau des nioeurs des Germainsqui nous fait connoitre ces peuples Barbares destines a renouveler dans rOccident la societe civile. Ce tableau pre'pare encore la venue des Francs preis a s'emparer de la scene pour ne plus la quitter. Mais Clovis a paru sur le sol des Romains. II a dans une bataille mine pour jamais leur do' mination dans les Gaules. Non moins politique que guerrier, il a sii faconner a I'obeissance scs Francs qui n'avoient point oublie la liberie lu- inultueuse de la Germanic. Nouveau Constan- tin J il a place sur le trone la Religion qui doit humaniser ses sujels enleurouvrant les sources de la morale et dissipant a-la-fois les tenebres de Tiii norance, Desormais cette nation des Francs est immobile sur le sol qu'ellc a conquis, et son histoire commence. Car les peuples ne comptent pour Thisloire de la societe humainequedu mo- ment ouilsse policent a leur tour. Ici, Messieurs, rautenr se trouve pleinement dans son sujet; il le developpe scion ses divers points de vue.Nous allons nous-memcs le consjderer plus a fond. ( H7 ) §. Jusqu'a present I'histoire cle la nation fran- caise , sous les rois Merovingiens , n'a pu se lire sans fatigue. C'est moins une dislraciion que Ton se donne qu'un devoir auslere que Ton entend remplir, lorsqu'on se livre a I'etude de celle partie de nos annales. Ilfaul convenir que ceux qui ont iraile Thisloire de cette epoque Tout ecrite sans elevation , sans genie , sans vues generaies. Mais le defaut d'interet de leur com- position ne doit point etre attribue seulement a I'insuffisancede leur talent; le sujeten lui-meme est in^rat et difficile. L'ancienne coutume des Francs attachant la succession du pouvoir a la transmission du sang royal dans tons ses canaux directs , tousles freres succedoient a la couronne qui etoit divisee entre eux comme I'heritage pateruel; d'ou il arrivoil, selon I'expression energique de Montesquieu , que cc ce que la loi separoit sanscesse, lacrainte, cc I'ambition et la cruaute vouloientle reunir.ij De la un etat d'hosiilite perpetuelle cnlre les parlies d'un meme peuple. Des querellcs de f\i- mille engendrentdesguerres nationales dont on lie veil pas leterme. Tableau pen fait pourexciler la curiosite etl'interet. Tel est I'aspect sous lequel se presente la monarchie de Clovis , des la mort de ce prince. La posteritedeTbierrietanteteinte, et Cbildebert elant mort sans enfans mules , le ( =4« ) vieuxClotalre, dernier filsdeClovis, reunlt pour nil temps sons ses lois les niciiibres epars de la monarchie. Maisala niorlde ce roi,lc royaume des Francs est de nouveau partage entre sesqua- tre (lis. De la le spectacle sans cesse renaissant de discordessanglanles que viennent encore at- trister les passions sonibres et cruelles de Cliil- peric et les fureurs de Fredegonde. D'un autre cote, cette dissention des princes favorisant I'anibition des Grands et I'indocilite des sujels , il en resulte dans I'Etat une succes- sion continuelle de troubles obscurs, de crimes sans fruit , d'entreprises sans eclat, qui signa- lent la lutte longue et penible de I'autorite des Grands contre la prerogative royale. « Je n'i» cc gnore pas, dit I'auteur des Annales en re- cc tracant ccs faits , qu'une telle scene offre a « Tesprit un interet mediocre , qu'elle ne lui rofitla sagesse de son aieul et la gloire de son pere, se fit declarer roi, la revolution etoit consommee. Ce ne fut , selon le inot de Montesquieu , qu'un fan tome de moins. Toute cette periode de I'histoire des Francs, qui est a propremcnt parler I'liisloire de leurs maires , est traitee dans les Annates avec autant d'elevalion que de chaleur et d'inte-' 17 ( 258 ) ret. 11 nous a paru que raiUeur avoit salsi avcc une verite remarquable le jeu complique cles pas- sions que ces temps de revolutions et de crises font sortir du coeur huniain. Charles Martcl avoit fait des biens ecclesias- liqnes le mobile de sa politique et la proie deses capitaines. Les premiers benefices etantdevenus hereditaires avoient epuise le fisc. II fallut eii creerde nouveauxquifussentle ressortdela nou- velle puissance qui s'etablissoit. La spoliation du palrimoinederEgliseenfournitlesmoyens. Telle fut I'origine des seconds fiefs. Le conquerant donna la forme a cettc institution. II dislribua aux liens de i^uerre les domaines dont il s'eloit cmpaie, sous la condition de services militaires et domes liqnes dont le refus ou le manquement aniiulloit la donation. A ces concessions etoit attache le droit de justice inherent alors a toutcs les terres fiscales, par la raison que Icsamendes etant I'un des emolumens de la terre, le droit deles percevoir avoit emporte la justice, qui ne s'exercoit que par des compositions aux parens et des emolumens aux Seigneurs. Ainsi la plus l)elle prerogative du pouvoir royal etoit tombee en la main des sujcts. Du reste I'institution des seconds tiefs n'en admit point riieredile, piinci- pededissolulion ramene plus tard par la foiblesse des descendans du fondaieur , et qui ayant ( 259 ) dememhre la souveralnete , comme rhercdlte des premiers benefices avoit demembre le fisc , perdit la seconde race , faillit miner la troisienie , perpetna cette anarcbie armee, violente et sans f'rein, qui pendant des siecles couvritrEuropede confusion et de lenebres. On irouve au livre vlfcgt-troisieme des Annates une dissertation approfondiesur cette institution qui domine tout le nioyen age et les siecles suivans. Elle est sui- vie d'une autre dissertation non nioius curieuse sur la servitude de laglebeetses origines.Celle- ci complete le tableau du droit public etdomes- tique de I'epoque. Cepcndantdans le cours d'un regne de vingt- septannees, Pepin-le-Bref avoit consolidele pou- voir supreme dans sa maison. Digne heritier de la grandeur de son pere et de son aieul, ce prin- ce , qui joignit la force des conseils a celle des armes , avoit niontre une egale capacite dans la politique et dans la guerre. Les Grands et les prelats francais etoient unis autourde son trone. Apres plusieurs campagnes laborieuses , il avoit reunil'Aquitaine a ses Etatsetdepossedede cette province la brancbe ducalemerovingienne. Dans plusieurs combats, il avoit reprime la turbulence de ces Saxons qui devoient trouver apres lui uii adversaire plus formidable encore. De la Saxe a la frontiere des Sarrasins , auxquels il avoit en- ( 26o ) leve la Sepiimanie , lout respecioit son autorite. Eufin il avoil monlre plnsieurs fois a I'llalie ses annesviciorieusesj etle don de I'exarchat, fruit de sa conquele, avoit revetu la cliaiie de saint Pierre de cet eclat temporel et exlerieur , dont le roi des Francs voulut decorer le chef de la Re- liiiion et le nioderateurdes nations cliretieniii*. A la niort de ce roi , tout dans I'Occident sem- Lloit tendre a prendre une assietle fixe. « Apres « avoir vu, dit I'auleur des^^/z/z^/^^^lestristes cc effets des passions des homnies el du besoiu cc aveuglequientrainoit lespeiiples,ilfautmain- cc tenant examiner Toeuvre de leur sagesse, c'est- cc a-dire la nouvelle foruie morale qui en a re- cc suite pour la societe civile. C'est dans la na- cc lion qui a soumis les autres a ses amies etqui cc a impose ce moment derepos a I'Occident, que cc la civilisation presque eteinte se reproduit. >» Ce grand cjeuvredevoitetre accompli par Cliailcs, fils de Pepin. Nous avousnomme Charlemagne, I'honneur du noni francais, le fondateur de la Germanie, le seul des conquerans dont I'histoire a garde le souvenir, qui rattache aux idees de force et de puissance ccUesde moderation , de justice etd'a- nielioration dans le sort des peuples. Charlema- gne comhattit la meme nation pendant trentc- irois ans. Su longue carriere fut une suite d'cx- ( 26i ) _ peditlons giieri ieres , ou raclivlte la plus prodi- gieuseeut alutter sansrelaclie contre la resistance la plus obsdnee. Mais ce fut pour dompter iiiie barbarie lurbuleiite, cruelle, aggressive; forcer des peuples feroces a se soumettre an double joug de la Religion et de la vie civile , et terminer en faveur de la societe huniaine cette Intte entre la civilisation et la barbarie qui duroit depuis six siecles. Les bornes de ce rapport ne nous permettent pas, Messieurs, deconside'rer afondcette bellepar- tiedes Annales. Le regne de Charlemagne guer- rier etle'gislateuroccupe sixlivres del'ouvrageet seroit a lui seul la niaticre d'un rapport etendu. L'auteur en expliquant les iravaux du reforma- teur de la societe civile en Occident, approfon- dit ces institutions qui ont ete la source du droit public de I'Europe moderne, et dont plusieurs modifiees par le temps subsistent encore de nos jours. II en decouvre I'esprit, la suite, etmet a jour les ressorts du gouvernement de ce grand prince. Dans les Grands et dans le clerge residoitalors tout ce qui constitue la societe civile, je veux dire la force qui la soutient et les lumieres qui la dirigent. Aussi ces deux corps sont-ils Fob jet constant des soUicitudes du legislateur et de la vigilance de ses reformes. Charles maintintrins- ( 262 ) titiition Jcs fiefs a laquelle se ratlachoit la gran- tleiir tie sa iiuiisoii, el en cela il fit ce rju^exi- geoienl la iiecessile elles mceurs dela nalion.Ce prineipal ressort dii Goiivernenieiil lirok son ori- gine des forels de la Gcrnianie. Mais il reprinia pour un lemps le principe de dissolution inhe- rent alanaturenieiue decetteinslilulion , en te- nant les fiefs dans ladependancc de la Couronne eten s'opposanta I'hereditedeja une fois arrachee a la foiblesse des Merovingiens. Le clerge, par I'effet des spoliations et des violences de Charles Martel, etoit tombe dans une degradation pro- foude. La doctrine et la morale etoient corroni- pnesdansleurssources. Charles sanva la Relii^ion C]ui perissoit, en tirantle clerge dc I'oppression. II assura son existence parlesdhncs , il I'exenipta de la juridiction laique. Ponr qu'il ne fut pas opprinie,illefitindependant. Si, dans lessiecles qui snivirent, I'Eglise abusa des concessions du Prince, on ne sauroit I'imputer an legislalcur ^ dont la sagesse et la prevoyance ne pouvoient entierement niaitriser le cours des choses. cc Les cc reformes de Charlemagne, dit judicieusement cc notre hislorien , appartinrent a son genie : leur « courle duree on I'erreur du resultat fut le tort « de son siecle. » Yous pensez , Messieurs , qu'en retracant la vie de Charlemagne, I'auleur n'omet point d'cx- ( 263 ) poser ce qii'il fit pour les letlres, dont 11 f'nl a- la-fois le sauveur et le sonlien dans rOccident, C'est la niatiere d'un episode plein d'inleret dansle vingt-sixiemelivredes Annales* On y voit I'histoire de la decadence successive des lellres depuis les invasions desBarbaresjnsqu'an milieu du huilieme siecle qui f'ut le temps des tene- bres les plus epaisses comme des plus graudes calamites qui peserent sur I'Occident. Cetoit Tepoque des guerres de Charles Martel , des in- vasions des Sarrasins , de I'entiere subversion des nioeurs du clerije. Mais en relevant ce clerire qui etoit I'unique refuge des lettres, en fondant en tons lieux des ecoles, en donnant lui-meme Fexemple de I'ardeur pour I'etude , Charles ranima cette etincelle sacree : cc De sorte, dit cc rhistorien, que le meme siecle vit a-la-f'ois le c< dernier terme de la barbaric et des plusepais- cc ses tenebres, et I'aurore qui devoit les dis- cc si per. Le trentieme livredes Annales(}^\\.^xm\w^ ce regne et qui comprend avec un tableau de la le'- gislation de Charlemagne, la peinture du carac- tere etdesmeeurs de ce grand personnage, nous paroit ce que Ton a ecrit jusqu'a ce jom^le plus iuminenx et sur I'epoque et sur le prince qui la domina. Pour ne point interrompre la suite de This- ( 264 ) tolre Je la France et des vicissitudes dc son gou- vernenient , nous n'avons point voulu encore appeler votre attention snr les autres parties de ce grand ouvrage. Mais le vaste plan que I'auteur s'est trace lui ouvre nne autre source d'instruc- tion et d'inleret J car bien que les affaires des Francs soient I'objet de son travail le plus ap- profondi , il ne neglige rien dans les annales con- temporaines de ce qui fut digue de menioire ou d'attention. Le long declin de I'empire roniain qui s'affaisse en Orient sous sa propre corrup- tion , presente un contrastefrappantavec la l>ar- barie vigoureuse des peiiples de la Gennanie. D'autreshonimeSjd'autresmoeurs, d'autres pas- sions, occupent la scene lour a tour. De la une variete dans le recit qui plait a I'esprit en le dis- t ray ant. §. Les expeditions de Belisairc etdeNarses en Italic, qui ne produisent que des tropliees pour cesdeux grands capitaines sans aucun fruit pour FEmpire ; les Lombards disputant aux exarques le dernier refuge que s'etoit clioisi la puissance romaine dans I'Occident j plus tard leurs debats avec les Ponlifes remains, qui amenent la mine de leur monarchic par les amies francaises ; les travanx du grand pape Gregoire, qui parl'ascen- dant de scs vertus ct de ses services fonde dans ( :2.65 ) Tavenir la puissance temporelle de son siege : dans rOiient, la lutle achaiiiee de I'empire ro- niain et de celui des Pei ses , qui ne doit se ter- miner que par la ruine de Fun d'eux sous les coups d'un autre ennemi : ces tableaux sont di- gues d'inte'retsansdoute. Mais c'est au conimen- cenient du septieme siecle, etlorsque notreOc- eident devenu bar bare n'offroit plus au dehors que le spectacle d'obscurs bouleversemens, que I'Orient etoit le theatre des plus grands evene- mens qui aient occupe la niemoiredes hommes. Heraclius vienl de monter sur le trone de Cons- tantinople, et avec lui va paroitre le dernier re- flet de la grandeur roniaine. Mahomet est ne , et du sein d'un peuple jusques-la sans gloire d(3it sortir la revolution la plus prodigieuse qui ait change la face du monde. L'auteur des Annales fait preceder I'avene- ment de Mahomet d'un tableau des nioeurs des Arabes. II considere ce peuple a son origine qui louche au berceau du monde. II fait voir qu'ils avoient conserve le type de leurs moeurs primi- tives a travers la succession des temps , et les traditions patriarcales sur I'unite de Dieu et son culte, nonobstantla division des tribus et la con- fusion des opinions et des sectes. Ce tableau pre- pare la venue de Mahomet en eclairant la scene sur laquelle il doit agir. L'historien y retrouve ( 266 ) pour lui-meme rcxplication nalurcUe de la for- tune dcmesuree de Tapolre de 1' Arable. II nous la niontre fondee sur les opinions, les mcBurs, les piejuf^es , les superstitions , la vanite memo et la i^loiredes Arabes, sur les souvenirs de leurs peres et des premiers ages du nionde. Mais a peine le propliete , devenu pontife el roi dans sa nation , a cesse de vivre , que ces peu- plades obscures subitementtransformeesenune nation de lieros, vont s'elancer aux plus bril- lantes conquctes. Arnies d'un courage neuf et tout pleins de I'ardeur de renthousiasme reli- gieux, les Arabes attaquentd'abord deux Etats qui languissoient et penchoient vers leur ruiue, ]eS Grecs etles Perses. lis entrent dansla Syrie, etlabatailled'Yermouck livre pour janiaisrOrient ella cite sain te aux enneniis du nom chretien. Uii lieutenant du Calife penetre dans TEgypte et cette province estdetacliee de I'Empire. Les disciples du Goran prennent possession de cetteterreclas- siqueenlivrantauxflanuTiesletresordesconnois- sances humaines. Yers le nienie temps, ils enva- hissent la Perse, et la batailledeCadesie les rend maitres de cet empire mine pardes divisions in tes- tines.Moinsdevinglanneesleuravoientsuffipour renverser sur leur passage Tune des dominations les pliiscelebres du nionde , et demanteler de ton- ics parts rempiredes Grecs qui devoit un jour lui- ( 267 ) meme snccomber SOUS les coups d'nn peuple assO" cie a leur enthouslasnie ela leur valeur. ccTantle « fanalisnie , cUtriiislorieu, avoiteleve leurs cou- cc rages! Ce feu nouveau et cette aideur invin- « cible , repandus dans toute la nation , commu- cc niquoient de plus vives lumieres aux esprils. cc Ces chefs de tiibus dont toute la gloire s'eioit cc bornee jusques-laaupdlageetaubulin ,etoient cc devenus d'illustres capitaines et de grands « hommes d'etat. 5> Cependant des guerres civlles s'elevent entre ces conquerans. Deux iribus rivales se disputent la cbaire et le sceptre de Mahomet. Ilstournent sureux-memes leurs amies ensanglantees, etles nations chreliennes respirent un moment alafa- veur de cesdissentions . Mais bientotles cotes d'A- frique et la Mauritanie se rangent sous leurs lois. La trahison les appelle en Espagne. Les Goths , deslong-tempsen proie aux factions etlivres a la inollesse,etoient arrives ace point dedeclin oules destinees d'un peuple dependent d'une bataille. La bataille de Xeres estlivree. Le roi disparoit dansla melee, la monarchied'Alaricestdetruite , etl'iinedesplusvastescoutreesderOccidenttom- be sous le joug des Infideles. Ce torrent deborde inonde les provinces des Gaules. La France est ra- vageedesbouchesdu Rhone aux rives de la Seine. En (in les Arabes viennent irouver le terme de ( 268 ) lenrs prosperiies en Occident dans les plaines de Poitiers, ou la Providence se sert du bras de Charles Martel ponr preserver ces rei^ions du trlompliederislamismequinienacoitd'iincruine egale les dominations du siecle et la croix du Sauveur des honinies. Dans une matiere anssi vaste et aussi variee, sur ce theatre immense oiise passent tant d'eve- iiemens et ou se meuvcnt tant de person nages , I'auteur asngarder constamment, ce nons sem- hle, les jnstes proportions que demandoit I'im- portance des faits ou des personnages qu'il met en scene. Ce n'eloit point une mediocre enlre- prise que d'eviter la confusion etl'obscurite dans ce drame qui comprend I'histoire de la societe liumaine pendant huit siecles.Ettoutefois, sans s'ecarter de I'ordre chronologique , I'auteur a su grouper les faits et les annales de chaque peu- ple , de maniereajeterdel'interet et de la diver- sitedansle recit, sans eniravcrla marche gcnerale de I'histoire et sans nuire jamais a la clarte. II y a un merite reel dans la conception de ce plan et dans son execution . Appele comme historien a juger les hommes et les choses, il s'est tenu en garde contre les preventions qui pouvoient alte- rer son jugement. Je puis dire que le mouvement des passions si diverses qui ont agite notre epo- que a ete sans influence sur la composition d^ ( 2<59 ) ^ cet ouvrage. Libre de tout systeme, rauteurvoiC les choses comme ellessont, seloniaveiite^ eten toule matiere, il les rapporte comme 11 les voit , avec siDcerite et candeur. C'est la ce qui distin- gue le livre des Annales d'un grand nombre de compositions bistoriques modernes trop souvent dictees sous I'influence d'une opinion qui mai- trise I'ecrivain plus curieux de flatter les passions de ses contemporains que de transmettre de ve- ritables lumieres a la posterite. Grave et profon- dement moral, comme doit I'etre tout ecrivain qui veut attacber le sceau de la duree a ses ou- vrages , il fletrit le crime et le vice par-tout et sous quelque forme qu'ils se montrent a ses yeux. On reconnoit alors que ce que I'ecrivain exprime il le sent vivement. L'indignation de riiomme de bien anime les tableaux de I'bisto- rien. Le reclt de la tyrannic d'Ebroin , les pein- tures energiques de la corruption des Grecs du Bas Empire , sont des exemples frappans de ce caractere imprime a tout I'ouvrage. Quant au style de cette grande composition historique , il nous semble que la gravite, la sim- plicite et relevalion sont les qualiles qui le dis- tinguent. On sent que les bons modelesdeTan- tiquite latine , dont le style des Annales repro- duit souvent les tours et les formes, ontdu etre I'objet favori des etudes de I'auteur. Dans les ( ^7^ ) belles parties de son livre, il s'cleve avec son sujet, mais sans pretention comme sans effort, et ton jours si naturellement que ce n'est par- fois qu'a I'aide de la reflexion que le lecteur est frappe Ini-meme de la force ou de I'elevation dc la pensee. Cettemaniered'ccrire estproprejnent celie qui convient a I'histoire , dont le nierite avant lout est d'etre grave et digne. Mais, di- sons-le 5 Messieurs , cette allure franche et na- tnrelle doit se retrouver dans tout ouvrage des- tine a vivre. Car si la recherche dans la pensee el le faux eclat du style peuvent surprendre des applaudisseniens nsurpes, les causes qui Bivo- risent cette disposition dans les esprits sont pas- sageres. Tandls que le gout dn simple et dii vrai est imperissable , parce qu'il a sa source dansle fond de noire nature qu'un jugement per- verti pent meconnoitre pour uu temps sans la changer jamais. D'LN OUVRAGE IMEDIT DE M. RIAMBOURG. IL KE FAUT PAS s'eTONNER QU'iL Y AIT DES MYSTERES DAKS LA RELIGION. -®« |A Religion chrelienne est aiissi etoiinanle dans ses verites , qu'elle est forte et puissante dans ses preuves ; or il arrive quelquefois que nous sommes moins frappes de Teclat de ses preuves , que ncus ne somnies effrayes a la vue des profondeurs de sa doctrine : notre esprit alors cliancelle, etnous penchons vers rincredulite. Cette disposition pourroit se rectifier, si nous prenions avant tout le soin de nous convaincre qu'il est bien des choses qui sont hors de notre portee ; car, une fois cette verite profondement empreinte dans I'esprit , nous apporterions plus de reserve dans I'exanien reflechi des dogmes de la Religion, et nous recevrions avec plus de docilite ses mysteres. N'est-il pas etrange en effet que le meme homme qui denieure confondu quand il ne s'agit encore que de scruter la nature d'uu atome , s'etonne de ne pas concevoir I'essence ( 272 ) divine ! Avant que dc s'elever si haul , il seroit bon peul-elre qu'il connut les proprictcs dc ce grain de poussiere qu'il foule aux pieds, et qu'il flit dans le cas d'expliquer , par exemple , ce que c'est que celte imp enetrabi lite par laquelle ce corpuscule resisle, ce mouvement qui Ic fait passer d'un lieu dans un autre , celte attrac- tion par laquelle il attire et il est allire , ccs ajjinites qui le portent a se combiner. En efTet , tout corps a de Tctendne , et en cela il se confond avec I'espace \ mais il s'en distingue en ce que I'espace se laisse pcnelrer , tandis que le corps reste impenetrable^ oii un corps existe, il est impossible qu'un autre corps se place : or, qui fera sentir la raison de celte difference ? Qui fera connoilre la cause d'ou procede pour les corps la faculte de n'eire pas penetres ? La mobilite est une autre qualite des corps ; ainsi le corps qui est en repos , peut etre mis en mouvement; ce mouvement est recu, conserve et transmis suivant des lois qu'on connoit. Mais le mouvement en lui-meme, ce mouvement qui Iransporte les corps , qui passe de ce corps-ci dans celui-la , qui prend sa source dans un acle de la volonte , qui subsiste ensuitc indepcndam- xnent de celte volonte, qu'est-il ? Les lois de la irravitalion soul cifalcment con- ( 273 ) niips , et avec le sccours de ces lols on croit pouvo'ir expliquer Ic mouvement des planeles et rendre raison des phenomenes celestes 5 niais cetle cause qui fait que les corps gravilent, celte pesanlenr qui fait qu'iine pierre se precipite en cherchant le centre de la terre , qui I'expliquera ? De plus , les corps senibleroient avoir des an- tipathies, des sympathies 5 ils se cherchent ou se fiiient , ils se rapprochent ou se separent, suivant certaines conditions et par I'effet de oertaines causes anxqiielles on a donne le noni, ^ affinites . Ces causes existent , on n'en pent douter , pulsque les effets en sont scnsibles ; inais on cherche et on chcrchera long-temps ce qu'ellcs sont et comment elles operent. Ainsi les effets sont a notre portee; tandis que les causes ordinairement se cachent. II en est cependant qui n'ont point echappe a notre pe- netration 3 niais, a niesure que I'esprit les de- cou\re , il s'assnre que ces causes elles-memes se rattachent a d'aulres plus relcvees qui s'en- veloppent d'nn nuage impenetrable. Bien loin done qne riiomme puisse se flatter de connoitre a fond la nature et ses lois , il est sans cesse dans le cas d'avouer son ignorance sur les choscs qui se passent autour de Ini, et meme sur les choses qui se passent en lui. Car il n'y a pas d'homme qui se rendroit; i6 raison de la maniere dont son corps s'est forme ^ les savans, depuis long-temps, se livrent a des recherches pour expUquer le phenomene de la rcpi odiiclion des elres en general , et celui de la generation des hommes en parUculler ; ils au- rolent vouki surprendre le secret de la nature ; mais la nature s'est mocpiee de leurs efforts, et souvent s'est indii^nee de leurs ess'ais : ainsi ce grand probleme est encore a resoudre. Si nous ignorons comment le corps liumain se forme, nous ne savons guere mieux comment sou accroissement se fait : en vain les ressorts de celte admirable machine sont-ils mis a de- convert , on devine a peine le jeu de quelques- ims d'eux. Que de pheuomenes a concevoir ! Que de clioses encore a decouvrir ! Ce pain qui va me servir d'aliment, deviendra bientot mon corps et mon sang 5 il fera partie de mon indi- vidujqu'on le rompe , qu'on le coupe, qu'oii le broie main tenant , il n'en resultera pjour moi aucune sensation j mais des qu'il aura servi a me sustenter , le moindre desordre dans ses par- lies pent m'occasionner des douleurs horribles. J'ai done non-seulement a concevoir comment ce pain , qui cut subi, s'il etit fait la palure de mon chien , une transformation toute diffe- rente , va prendre les formes de la nature liu- niaine^ mais en outre , il faut que jc m'explique I comment il se fera que cette mallere etrangera devienne pailie de moi-meme , et s'incorpore tellement avec ce qu'il y a de materiel en moi , que je sois sensible desormais a la moindre le- sion qui lui sera faite. Ainsi le corps s'accroit par des moyens qu'il seroit difficile d'expliquer 5 cet accioissement au reste n'a qu'un temps ; arrive a un certain lerme , il s'arrete; de ce moment le corps com- mence a perdre , il decline tons les jours, enfiii il cesse d'exister. Quel est done ce principe d'organisalion qui produit, en se developpant , des eifets si diff'ereus 5 ce ressort qui agit sans relaclie et qui prepare deja la mort , le jour nieme qu'il engendre la vie ? Et cet etat miloyen entre la vie et la mort, cet etat qui interrompt lous les mouvemens ex- terieurs, meme les principales operations de I'interieur, pour ne laisser en action que celles qui se referent a la respiration , a la circulation , a la digestion j ce sommeil , en un mot , qui semble etre I'iniage de la mort , et qui bien loin de la est la source d'une nouvelle vie, le rap- porlera-t-on au meme principe? Non , s'il faut en croire ceux qui se piquent d'etre plus instruits que les autres en ces ma- tieresj car il y a dans tout ceci, disent-ils , des causes diverses qui agissent. Et d'abord il y a en (0.76) nous une espece de mouveincnt rL'«j;nlicr qui a till rapport a la vegetation ; les operations qui s'y referent s'executent sans le concours de la volonte , et nc sont jamais interrompues. D'lm autre cole , et comnie ces operations n'eussent pas suffi pour assurer la conservation de notre elrc corporel, nous avons etc pourvus de sens et doues de facultcs qui se rapporlent a la nienie fin , et qui agissent avee interruption sous la di- rection de la volonte. Ainsi la vie s'entretient en nous par la com- Linaisonde deux sortesde mouvemens; les pre- miers, qui sont involontaires, continus, et qui s'executent a notre inscu 5 les seconds, qui sont volonlaires , disconlinus , et qui ont lieu par I'effet du jeu de nos facultes. La respiration, la circulation , la digestion , sont des operations qui se rapportent a la premiere maniere d'etre , en constituant ce qu'on pent appeler la vie ve- getative ; marcher, crier, saisir, pousser, etc. , sont des acles qui appartiennent a la seconde , et qui constituent ce qu'on est convenu de de'si- gner sous Ic nom de vie animale ; or, ces deux manieres d'etre elant cnlre elles fort distinctcs, il n'est point a croire qu'elles e'manent dumeme prlncipe. Ces explications qui tcndent a faire distinguer des operations qu'on auroit pu confondrc, et a faire discerner deux causes ou Ton seroit tente de n'en voir qu'une , peuvent paroitre satisfai- santes sous un certain point de vuej mais du reste, elles ne nous apprennent ricn sur la na- ture de ces causes; au contraire, elles ne font qu'ouvrir un cliamp plus vaste aux questions que Ton pent faire a ce sujet. Car il ne s'agit plus seulement , pour arriver a la source de la vie, de de'couvrir un seid prin- cipe, et d'expliquer, pour rendre raison des plie- nomenes qu'elle offre , comment ce principe unique agit; mais il faut remonter successive- ment a la cause primitive de la vie vegetative et au principe de la vie animate , puis tacher de soulever le voile epals qui derobe a tons les yeux les voies par lesquelles ces deux causes diffe- rentes agissent. Or , ce n'est pas seulement Taction du prin- cipe externe d'oii resulte la vie vegetative, qui sera difficile a concevoir; mais Taction du prin- cipe interne lui-meme, c'est-a-dire Taction de la volonte sur le corps qu'elle gouverne , ne pre- sente pas moins d'embarras a Tesprit. Cepen- dant on a le sentiment que Tame agit sur le corps, et qu'il sufiit que Tame veuille que le corps se meuve, pour que le corps soit mu sur- le-cliamp ; mais de dire comment la chose sg fait , comment il arrive que saus connoitre au- cnn (les moyens qui serolent necessaires a Vac- coniplissenient de I'effet; que sans avoir prcala- l)lenient clieiche a distinguer quels neris, quels muscles , doivent etie mis en mouvement j que sans savoir meme s'il exisle des muscles et des nerfs susceptibles d'etre mis en action , le desir ayant lieu, le mouvement s'opere sans hesita- tion et sans retard 5 c'est ce qui n'est nulle- ment facile. L'homme est d'autant plusembarrasse des'ex- pliquer a lui-meme ce qui se passe alors en lui , que lorsqu'il veut appliquer sa volonte a un autre corps que le sien , elle reste impuissante et ne pent plus agir immediatenient ; en sorte que , pour operer dans ce cas , il fautque cette volonte cherclie des detours , eludie la meilleure ma- niere de parvenir a ses fins , et emploie pour y arriver la mediation du seul corps dont il lui est permis de disposer a son gre. II est bien cer- tain que si je veux deplacer cette pierre , il ne me suffit pas de le vouloir , puisque cet acta de ma volonte s'epuiseroit en vains desirs , et que la pierre ne bougeroit pas ; mais je suis oblige de metlre mon propre corps en action , de saisir uu Icvier , de donner a ce levier un point d'appui, d'user de combinaisons , de re- courir a I'art pour parvenir a mes flnsj or, il n'y» ( ^19 ) a rien de semblaLle quand il s'agit de deplacer moil corps ou de remuer nion bras 5 je veiix , et la chose se fait d'elle-meme. II y a done iiiie liaison aussi inlinie qu'inexplicaLle enlre la sub- stance qui pense et la substance mateiielle qui luiestuuie, dont Feffet est de ])lacer le corps sons la dependance immediate de Fame , et de donner a celle-ci la faculte d'en mouvoir les dif- ferens ressorts , sans employer d'antre moyen que de vouloir qu'ils soient mus. Et ce n'est point la le seul effet de cette union 5 il en est un autre qui n'est pas moins inconcevable : c'estderendre Tame sensible aux diverses modifications que le corps eprouve; car lorsque uos sens sont frappes, I'ame de suite est ebranlee et eprouve des sensations , en sorte qu'il sembleroit que les mouvemens du corps se communiquent a Fame. Cependant , comme il est certain qu'une substance inima- terielle ne sauroit avoir avec un corps le moin- dre point de contact 5 comme il est d'ailleurs visible qu'un mouvement, en se communiquant , ne sauroit devenir une pensee , il en resulte que I'effet ici ne repond nullement a la cause. Quoi qu'il en soit, il est reconnu que I'ame eprouve des sensations toutes les fois que le corps recoit des impressions, et que c'cst a I'occasion ( 28o ) de ces sensations qne se clcveloppcnt dnns Tame ces adniirablcs facullcsquirelonncnt elle-nicnie qiiand elle y applique son allenlion. L'une de scs premieres operations , quand elle arecnquelqnes sensations, c'esl de lesrapporter a des objetsqu'elie suppose existerhors d'elle et dans lesquels elle imagine qnelque cliose d'ana- logue aux impressions qn'elleaepronvees. Elle se forme ainsil'idee des qnalites sensibles des corps, et elle n'hesite point a prononcer qne ces qna- lites, de meme que les corps dans lesquels elle croit qu'elles se trouvent, existent Lien reelle- ment. Cepeudant cette supposition est tres bar- die ; car les sensations ne sont que dans Tame ; et si elles donnent a celui qui les eprouve, une preuve certaine de sa propve existence, elles ne lui fournlsscnt pas, a beaucoup pres, la preuve qu'il existe des corps liors de lui. Dans nos reves ne croyons-nous pas voir, entendre et toucber une foule d'objets exterieurs ? Cepeudant il n'y a de reel dans cette vision que la sensation : les objets eux-memes n'existent pas : il n'y a done pas une liaison intime entre I'existence des sensa- tions et I'existence des etres corporelsj celle-ci ne pent pas etre considcree comme etant la consequence necessaire de celle-la ; toutefois nous avons nne conviction intime que les etres corporels existent, D'ou nous pent venii* cette ( 2B, ) convlcllon qui ne prend sa source ni clans la rai- son qui n'admct de demonstration parfaile qne celle qui se deduit rigoureusenient, ni dans le senlimcnt interieur qui ne nous averlit que de notre propre sensation ? Si notre ame , en reflechissant sur ses pro- pres operations , rencontre ce premier plieno- mene, elle est bicnlot frappee d'un second. Non seulementrame recoil des sensations j mais elle a la faculte de les retenir, et de les mettre en depot pour les retrouver dans I'occasion. Ainsi la plupart des sensations qu'on a eprou- vees, des idees qu'on a recucs, sont suscepti- Lles d'etre reproduites, sans pour cela etre re- nouvelees ; car elles sont tout a la fois presentes et non presentes a VesY^rit ', presentes , puisque I'esprit a la puissance de les reveiller sans I'in- tervention des qualites sensibles qui les avoient excilees, ce qui prouve qu'elles n'eloient pas sorties enlierement de I'ame 5 non presentes y puisque I'esprit est oblige de les cliercber, et souvent de les clierclier long-temps , avant qu'elles soientreproduitcs, cequiprouve qu'elles eloient retirees quelque part. En outre, elles sont me flies et elles sont autres ; car je puis renouveler par le souvenir les sensations agrea- bles quej'ai ressenties ily a vingt ans, et ces sen- sations reviennent alorsavec toulesleurs circons- ( 282 ) tances; mais elles dc soiit plus les memes, et dans plus crua cas elles se reproduisent sans me causer aucun plaisir : d'un autre cole ma memoire me retrace d'anciennes peines, je les apercois distinctement idles qu'elles furent jadis; mais elles ne sont plus les memes, elles ne ni'affli<5ent plus , et quelquefois an contraire le souvenir m'en est agreaLle. Ainsi ce ne soul pas de nouvelles sensations, comme aussi ce ne sont pas les anciennes. Tout est done prodige dans la memoire , et le nombre incroyable des idees qu'elle renferme , et I'ordre qui regne entre elles,ella facon dontelles s'y conservent, et la maniere dont elles en sont extraites. Ce- pendant cette faculte n'est point encore celle qui donne le plus matiere a reflechir. 11 en est une autre qui distingue eminemment rhomme, je veux parler de la faculte qu'il a recue de comparer ses propres idees, de juger de leur convenance ou disconvenance , de for- mer des raisonnemens. Or, comment juge-t-il de cette convenance ou de cette disconvenance ? II en jwge par une lumiere naturelle qui I'eclaire sur certaines verites primordiales dontil se sert comme d'un point d'appui pour arriver jus- qu'aux autres. Cependant cet instrument pre- cieux qu'on appclle la raison est par lui-meme compllque^ en sorie que les pliilosoplies ne s'ac- ( ^83 ) cordent pas tonjonrs quand ils entreprenncnt d'cn faire la desciiptioii : ainsi la raison s'em- barrasse elle-nieme dans la recherche de ce qu'elle est. En outre, quand elle s'avise de creu- ser pour s'assurer de la solidite de la base sur laquelle elle porte , elle commence a s'inquieter ; car toules ces notions premieres sur lesquelles I'esprits'appuiepour elever Fedifice des sciences et asseoir ses connoissances en tous les genres , n'ont elles-memes d'autre garantie de leur cer- titude que la conviction pleine et en tiere qu'elles laissenl a la premiere vuedans I'espritju'y ayant ni deduction , ni raisonnement quipuisse servir a etablirqu'il n'yapoint d'effet sans cause, que le tout est plus grand que la partie, que la ligne droite est la plus coiute des lignesj or, il peut paroitre douteux a certains esprilsquecette con- viction soil une preuve complete de verite , puisqu'il est possible de I'avoiren ne Fattachant qu'a des illusions. Ecoulez, diront-ils , ce fou qui perore^ il compare, il juge , et il raisonne; il posedes principes, ilen lire des consequences; vous diles qu'il n'est pas dans son bon sens et quejjGsdiscours nesont qu'absurdite ; cependant sa conviction est aussi entiere que la votre , ses principes lui paroissent aussi certains, ses con- sequences aussi justes qu'a vous les votres; tout est egal enlre vous du cote de la conviction : il (284) pcut done y avoir une evidence qui Irompe ; I'e- vidence n'cstdonc pas loujonrs une marque cer- laine, une marque infaillible de verite. Et comme cc qui se dit ici de la vcrile pent se dire ausside la juslice, en appliquant au sen- timent naturel que nous avons du jusle et de rinjuste, ce qui ne s'appliquoit d'abord qu'au sentiment naturel que nous avons du vrai et du faux 3 il s'ensuitquc I'homme a grandenienl de quoi s'elonner en lui-meme , quand bien mcme il evileroit de s'engager dans les labyrintbes du libre arbitre, et qu'il n'a pas besoin , pour ctre embarrasse dans I'etude de son etre, d'arrivcr jusqu'aux contradictions du coeur humain. Ainsi riiomme trouve dans son propre fonds de quoi convaincre sa raison qu'elle est foible et ires bornee; car il I'interroge en vain depuis long-temps sur la nature et le jeu des elemens dont le corps se compose : il n'en recoit que des notions fort incertaines sur la maniere dont ces elemens sont disposes et mus. L'homme ignore d'un autre cote quelle est I'essence de son amc, etil n 'est point encore parvenu a se rendre compte des diverses faeultes dont cet etre immateriel est pourvu. En fin il lui reste a decouvrir par quel lien secret cette ame et ce corps de natures bieu differentes, sontunis si fortement que lorsque Tcsprit le desire, les mcmbrcs du corps se met- ( 285 ) tent en mouvement, et que lorsque le corps recoit dii dehors des impressions, I'esprit a son tour est presque loujours force a penser. Voila done que I'liomme , sans sorlir de lui-meme , sans francliir les bornes du fini, se voit con- traint de reconnoitre et d'avouer qu'il y a bien des chosesquisont au-dessus de sa porteej niais conibien cette verite ne devient-elle pas encore plus nianifeste , quand rhomiue s'eleve jusqu'a la consideration de Finfini, puisque c'est alors qu'il entre dans le champ des mysleres. II est certain que I'infini exisle, et que ce n'est point nn mot vide de sens. Eneffet,de quelque cote que Thomme se tourne, c'est tou- jours rimmensile qui se presenle a lui. En vain chercheroit-on une duree qui seroit le terme de toute duree j un espace qui seroit la derniere li- mite de I'espace : apres s'etre epuisedans ces re- cherches , I'esprit retrouveroit au-dela des li- mites qu'il auroit posees , une nouvelle duree et un nouvel espace. Oui, ces deux idees d'espace et de duree sont de telle nature qu'elles ne peu- vent jamais etre aneanties , quelques supposi- tions que Ton I'asse. On pent aller jusqu'a ima- giner que le mouvement a cesse , que toute chaleur est eteinte , que les elres vivans ont peri, que la nature entiere est dissoute, que la maliere n'existe plus 5 mais quand il s'aj^it ( 286 ) lie passer outre, quand ii s'aglt do snpposer que la place qii'occupoicnt cos clioses a die- memedisparu, Tesprit s'arrete tout court; parce qu'eu effct il ue lui seroit pas possible Jc cou- cevoir que I'espace s'aneaniisse. De menie on peut supposer que le soleil n'cclaire plus , que lesetoilesse sont eclipsees, qu'uue uuit sombre s'est eteudue sur Tuuivers, et que la nature est entree dans un sommcil letbarjjjique ; il est seu- siblequedanscetteliypothese,les teuq:)sneseront plus marques, et que les lieuies ne seront plus compteesjmaisde penserque laduree puisseelre par la interrompue , que son cours en aucun cas puisseetre suspendu, et que dansle cas par- liculier , la nature se reveillant, il faille tenir poiir constant qu'ellen'a jamais somiiieille,c'e&t a quoi I'esprit liuniain n'arrivera pas. II est done bien reconnu que Tespace ainsi que la duree ne se preteront jamais a aucune espece de supposition par laquelle rimaginalioa de riiomme, si puissante qu'ellc soit d'ailleurs, cssaieroit de les aneantir; or, comme on ne sauroitlimiter que ce qui peut etre aneanli, puis- que la liniite est le commencement du non etre , il s'ensuit que I'espace et la duree ne peuvent pas etre bornes. L'inilni existe done ; niais il nous est impos- sible d*en sonder les profondeurs : car aulaul i! ( 2«7 ) <'st facile a riiommedes'assurer que rinfiniexiste, aiitant il lui est difficile ensuite de concevoir pleinemenlce qu'il est. Ainsl la raison humaine peut bien s'elever jusqu'a I'idee de rinfini^ mais elle s'elourdit quand elle veut y penetrer 5 et ce n'est pas seulement dans la contemplation de Tin fmiment grand qu'elle s'eblouit : la vue de I'in- fminicnt pelitla confond egalement. L'liomme done rcsserre entrecesdeuxlimiles^ rinfininient grand d'une partjl'infiniment petit de I'autre , n'embrasse dans sa sphere que les choses finies , lesqnelles lui echappent elles- niemes par niille endroits. La verite cependant n'est point restreinte a ce point , car elle s'etend a toutce qui est^ or I'inQni existeaussi bien que le fini '• il y a done des verites d'un certain ordre que rhomme est incapable de concevoir pleine- nienlj ce sont celles qui se rattachent a rinfini., Des-lors quand la raison les rencontre ces hautes verites, elle ne peut que se soumettre. Les rejeter faute de les comprendre, ce seroit presomption 3 les scruter pour les concevoir, cq seroit folic. Ainsi lorsque le geometre nous montrant nn© llgne courbe placee entre deux lignes droites(i), nous aunonce et nous demonlre que la ligne ya/f;.C'estprol)ablement a eel te occupation qu'est due Tidee de son Histoire de la Conjuration contra y'.'"{sc, qu'il publia quelques annees apres (en 1674)' (295) Ce fnt Grosley, de rAcademie des Inscrip- tions et Belles-Leltres , qui concut le premier I'idee de cet examen , et cpii s'y livra apres la lecture des auteurs orimnaux et des docnmens consultes par Saint-Real. II alia meme sur les lieux pour en faire la verification ', mais le meme mystere qui enveloppa revenement des plus epaisses tenebres, rej^noit encore a Venise, lors- qu'il vint en cette ville vers 1760 j et il ne put parvenir a les Jissiper entierement, la tradi- tion ne lui ayant rieii appris de plus positif que ce cju'il savoit deja. La discussion qu'il entreprit parut pour la premiere fois en 1766, mais incomplete, faute d'avoir pu se procurer les renseii^nemens dont il avoit besoin. Cefut plus tard qu'elle recut les developpemens et I'etendue qu'elle a mainte- nant (1). (1) Cette dissertation complete estinseree dans le 4^ vo- lume de la seconde edition des Observations sur I'ltalie €t les Italiens , impriraee en 1770, et qui , dans certains exemplaires , porte la date de 1774? fjuoique ce soit la meme edition a laquelle on a donne un nouveau titre. Elle occupe iiS pages in-i3, non compris I'Instructlon itallenne du marquis de Bedmar a son successeur dans i'ambassade de Venise ; Instruction dont Grosley parle, torn. 11*^, page 66 de son voyage, comme venant de bonne source , mais que M. Daru a rejelee comnie non autlieiitlque et piece supposee. (296) Lorsqne M. Dam coniposa son hisloire, il n'avoii sous les yeux que Ic premier travail du savant Troyen , qn'il qualifie d'academicien de Chalons, seul titre acadeniique qu'il eut encore obteuu en iy56, Grosley s'etoit adresse d'abord a M. Melot , garde des mannscrits de la Bibliolliequc royale a cette epoque, pour obtcnir copie des pieces que Saint-Real annonce y avoir puisces. Les soins de M. Melot ayant etc infructueux, el ce Libliothecaire etant niort quelques annees apres (en 1761 ), il revint a la charge aupres de M. Bejot, son successeur, qui fut plus heureux dans ses recherches. Grosley n'avoit done fait qu'un essai , et ne put faire mention , dans sa premiere discussion , que de I'inutilite de ses efforts. II en rapporta lapreuvedans la reponse que le garde des ma- nuscrils de la bibliotheque du Roi avoit faite a sa demande. L'original de cette reponse a passe sous mes yeux. Si Grosley avoit cite la phrase qui la lermine et qui en etoit le complement necessaire, il cut epargne a M. Melot le re- proche que, sur la foi de I'extrait de sa letlre , M. Daru eloit fonde a lui faire et qu'il lui a fait, d'avoir nie I'existence a la bi])liotheque du Roi de pieces qui y etoient deposees , sans s'eire assure dc Texaclitude de ses recherches. ( 297 ) Car apres ces mots : cc Je n'ai pn decoiivrir jus- qu'ici line seule des pieces cilees par Saint- Real , M M. Melot ajoutoit dans sa lettre ceux- ci qui en moditient le sens : « Car je n'ai pas tout vu ; 33 et par cet aveu , en meme temps qu'il se juslifioit de n'avoir pas salisfait entie- rement aux vues de celin qui le consulioit, il ne lui otoit pas tout espoir de les remplir un jour. D'un autre cote M. Daru se seroit aussi pro- bablement dispense de reproclier aux critiques de Saint-Real « d'avoir apporte dans leurs re- cc cherclies la legerele dont ils ont accuse cet cc hislorien J w ou du moins ce reproclie ne se- roit pas tombe sur Grosley, si M. Daru avoit connu le complement de la discussion de ce savant ou sont citees, analysees el approfondies dans le plus grand detail et avec beaucoup d'exaclilude , non seulement les pieces inedites dont I'auteur de la Conjuration contre Venise a declare avoir fait usage et dont il n'a fait qu'abuser, mais d'aulres encore qui lui ont ete inconnues et qui repandent de la lumiere sur I'evenement dont il s'agit. En effet le nouvel bistorien de la Republique de Venise ne cite dans ses notes que I'edition de la dissertation du savant Troyen qui a paru en 1766, et ou se fait sentir le manque des pieces qu'il a depuis (=98) rassemWces et insfcrees dans rediiion de 1770 , a laqnclle M. Darn se seroit infailliblcment arrete, comme etant la derniere, et preferable a la premiere. Car d'aillenrs, cet ecrivain, en- core que le premier travail de Grosley laissat beanconp a dc'sirer , paroit I'avoir justenient apprecie en prenant sa defense contrc un jour- iialiste qui Tavoit critique. Yoici comment il s'est exprime a ce snjet : cc L'abbe de Saint-Real a trouve nn zele cc defenseur dans le journal de Verdun , oii cc M. Dreux du Radier a entrepris d'accabler cc de lemoiqnages , qu'd croit irrecnsables , cc I'auteur dela dissertation imprimee en 17^6, cc contre I'existence de la conjuration. Cette cc refutation des doutes de Grosley n'est fondee cc ni sur Ics fails ni sur le raisonnement. Elle cc se reduit a des citations qui meme ne sup- cc posent pas des recbercbes bien etendues. cc L'auteur oppose an pyrrbonisme de Tacade- ou il dit (cliapitre 186), que Saint Real a mele a son recit quel- ques embellissemens de roman , tels que la harangue de Renaut aux conjures , la pelnture des remords de Jaffier, etc.,maisquelefbnd enesttresvrai. II expose de plus dans la meme lettre, les motifs qui fondent son opinion, et que Ton ne trouve point indiques dans son Essai historique. ( 301 ) n*a fait qu'un roman siiperieuremeiit ecrlt 5 qu'il a ramasse de lous coles, sans clioix et sans en cUscuter la valeur, tous les materiaux qui lui ont paru propres a son recit^ et qu'il les y a fait quadrer au gre de son imagination, dans la vue d'obtenir I'effet qu'en habile roniancier il se proposoit de produire. lis demontient d'une nianieie incontestable que la pretendue conju- ration n'a pas exisle : niais lorsqu'ils arrivent a rexplicalion des motifs qui ont pu determiner la Republique de Yenise a faire les executions sanglantes qui ont eu lieu et qui ont fait sup- poser I'existence d'une conjuration , les deux adversaircs de Saint Real se divisent sur ce point. Grosley avoit adopte et developpe I'opi- nion enoncee tres succinctement dans les Coups d^etat(\e Naude',lequel avoit recueillile bruit qui etoit a cet egard le plus repandu en Italic. M. Daru a combattu non seulement cette opinion , mais encore toutes les explica- tions que les liistoriens ont donnees de I'evene- ment, et il a employe la majeure partie du 3i^ livre de son histoire a exposer les faits d'a- pres lesquels il a forme I'opinion qu'il presentea, son tour. La conjuration etoit attribuee au Due d'Os- sone (lequel gouvernoit le Royaume de Naples, en qualite de Vice-Roi , depuis quelque temps , lorsque revenement eclata ) , aussi bien qu'au ( 302 ) Marqnis de Bedmar, ambassadeiir d*Espagne pres la Republique de Venisc. Qnoique cello Re'publique ne fut pas en guerre avec cctle Cou- ronne, le Vice-Roi de Naples enlrelenoit dans lacapitale des intelligences qui fonderenl,ainsi que les armeniens dont il la nienacoit , le soup- con eleve conlre lui. Mais, dans ces armeniens, dans la conslruclion des barques ou bateaux plats, dans la levee des cartes des lagunes par ses emissaires , dans les enroleniens qui se fai- soient en son nom, dans les nienees de ses agens, et parliculierenient du capilaine Pierre , qui iut jeledans la niersans forme de proces, M. Darn n'a vu que des bostilites apparenles , que des attaques simulees , des feintes concertees avec le Conseil des dix , pour tromper le Gouverne- nient espagnol sur les projels ambitieuxdu Due d'Ossone , que le Gouvernement venilien favo- risoitj cela suppose, il etoit inqiossible , seloii lui , que ce Ministre , conspirant conlre I'Es- pagne d'accord avec la Republique de Venise , conspirat en meme temps conlre cette Repu- blique pourl'Espagne qu'il irabissoil. Le Conseil des dix seconda done ses projels, lant qu'ils pa- rurenl reussir; mais des que ce Gouvernement, non moins penetrant que soupconneux, se ini apercudii mauvais succes desestentatives, avant 'que le Gouvernement espagnol en ful inslruit. ( 3o3 ) il crut prudent d'effacer jusqu'au molndre ves- tige de sa connivence avec ce grand coupable de trahison , etd'etouffer dans le sang de ses affides les runieuis et les revelations qui auroient pu compromettre la Republique. Telle est , selon M. Daru , Fexplication la plus vraisemblable de ce niysterieuxevenenient, celle qui ressort de la conduite respective du Due d'Ossone et du Conseil des dix dans ces circons*- tances, et celle enfm qui dissipe tons les doutes que laissent planer toutes les autres. Voici de quelle nianiere il les a refutees : «c Quelques esprils italiens, ton jours disposes , «c dit-il , a trouver dans la politique des raffine- «c mens dignes de leur propre sublilite, imagi- ne nerent que tons ces bruits de conspiration tra- ce niee par les Espagnols, avoient ete re'pandus cc sans avoir rien de reel. Mais quel etoit done , €c selon eux, Fobjet d'une imputation odieuse e< et denuee de preuves? Quel fruit en tirer, cc lorsqu'on evitoit si soigneusenient de donner cc a cette imputation un caractere officiel ? Le « voici. La presence du Marquis de Bedmar «c etoit , dit-on , importune au Gouvernemeut « venilien. Ne pouvant obtenir son rappel , on cc voulut le forcer a quitter la place , en lui sus- cc citant une affaire qui compromettoit son ca- «: raclere et nieme sa surete personnelle j et ce ( 3o4 ) « coup d'etat leur parnt si heureusemenl iiiia- « gine , qii'ils insinuerent que la Repiibliqnc cc pouvoit bien en avoir ele redevable a Paul « Sarpi, lant ils avoieut de vcne'raliou pour ce cc grand politique ! Mais il faut convenir que Elle « ordonne qu'on apporte le second service. Les cc officiers qui etoient prevenus ne placerent cc devant elle qu'un vase plein de vinaigre. Elle cc avoit a ses oreilles deux perles, nierveille in- Terminons par un dernier trait qui prouve combien Cleopatre etoit attachce a Antoine. Cependant celui - ci avoit toujonrs quelques craintes qu'elle ne I'empoisonnat. Lorsqu'il maugeoit avec elle , il avoit coutume de faire fairel'essai des niels qu'on lui servoit. Cleopatre se joua de ses frayeurs et de ses precautions. Un jour, dans un repas, elle se mit sur la tele une couronne (1) dont les fleurs etoient empoi- (i)CliezlesRomains, dans les repasd'appareil, les con- "vives se couronnoient de fleurs, Dans le prIncipe , on. n'en mettoit qu'une sur la tete 5 mais par la suite on en passa une seconde au cou et sur ia poitrine pour mieux jouir de I'odeur des fleurs. Cli. Pascbal, dans son traite de Coronis f Lutet. 1610, in-/{^^p. 43, donne deux raisons de I'usage des couronnes : 1° Quod iliac primae vincula erant , caput adstringehant ; 2" quod nectebantur ex herbis etjloribus in hoc lectis ut linivim mojoii vi coni" ( 342 ) sonnees par Ics extremiles. Vers la fin cln sou- per, elle invite Antoine a boire les conronncs (i)j il y consent et prend la conronne de Cleopatre dont il effeuillc les flenrs dans sa propre conpe 5 deja il la porloit a sa bouche , lorsqne la Reine lui saisissant le bras , I'arrete el Ini dit : cc Con- iioissez celle contre lacpielle vons nonrrissez d'injustes soupcons ; si je ponvois vivre sans .vous, Seigneur, manquerois-je d'occasions et de pescerent , certe aut refrigerabant , ant alia quapiam na^ turali facultate ebrietatis impetus repriinchant , turn ca- pitis dolores mitigabant.laes couronnes convivialeseloient composeesde toutes sortes de fleurs , parliculierement de roses ; il y en avoit aussi en or et enricliies de pierreries. Cetoientdejeunesesclavesqui distribuoientles couronnes au commencement du repas. Paschal, p. 66, rapporte un passage d'Atlienee , liv, xxiv, ou il est dit : Post maims lautas in convivio , e duobus pueris alteram tiilisse un- guentum ( les parfums ) , alteram omnibas dedisse coroiias dextr^ et ingeniose. (j) Boire les couronnes, equivaloit cliez les Anciens a ce que les modernes appellent porter un toast y porter une sante. On effeuilloit les fleurs de sa couronne dans une coupe remplie de "vin, et on la passoit aux convives qui en buvoient quelques gouttes successivement, apres avoir prononce les voeux d'lieureuse sante ou de Lonheur. Youloit-on saluer particulierement un convive, on met- toit du vin dans sa coupe, on la portoit a ses levres, et apves en avoir goiile j on la lui euvoyoit pour qu'il raclievut. ( 343 ) moyens ? » En meme temps elle fait venir utx esclave, luioidonnedeboire la coupe d'Anloine; le malheuieux avale la fatale liqueur et expire a I'instant. Je ne m'etendrai pas davantage, Messieurs, sur le luxe et la somptuosite d'Anloiue et de Cleopatre dans leurs repas. Je crois avoir reuni ce que Tantiquite nous a laisse de plus essenliel a ce sujet^ j'en ai fait autant pour les Roniains de dislinclion quiont precede Antoine, et pour les empereurs depuis Auguste jusqu'a Helioga- bale inclusivement. Ce travail est assez conside- rable, et ce seroit abuser de votre patience que d'essayer d'en nieltre d'autres fragniens sous vos yeux. Je vous pricrai seulenient de nie per- mettre de finir celui-ci par une note tres suc- cincte sur la fin d'Antoine et de Clcopatre, et sur le sort de I'Egypte depuis la mort de cetle Keine. Ces deux personnages terminerent leur car- riere par le suicide 5 fin digne de couronner une vie agitee par les tourmens de ranibilion et souilk'e de mille crimes. lis avoient elouffe le remolds sous le poids des delices , des voluples et des plaisirs en lous genres. Ce tragique eve- nement eut lieu le meme jour a Alexandiie, I'an 724 de Rome, 3o avant J.-C. Antoine flnit ses jours par le fer, a I'age de 53 ans.. ( 344 ) Cleopatre lermina les siens par la piqure d'lin aspic, scion la tradition commune, et par le poison selon craulres^ nee en 685, ellc ctoit agee de 89 ans. Apres leur mort, I'Egyptedevoit appartenir a Cesarion , fils de Jules Cesar et de Cleopatre; mais Auguste, sur I'avis du philosophe Arius , fit perir le jeune Cesarion, age de 18 ans; et I'Egypte fut reduite en province romainc (1). (1) Des-lors ou vit le ^ort de cette riclie et celebre con- tree aller toujours en declinant, a part Alexandrle, qui, dans les premiers siecles de I'ere vulgaire, conserva une cer- taine reputation a raison de son commerce etdeses ecoles. En 609, les Califes sarrasins s'emparerent de I'Egypte et en jouirent jusqu'en 1171 5 que Saladin y etablit I'em- pire des Mamelucks. En i5j7, Selini, empereur des Turcs, en fit la con- quetej et depnis ce temps I'Egypte est une province de I'empire Ottoman , gouvernee par un paclia , sous la do- mination du sultan. Le ler juillet 1798, les Fran^ais y debarquerent sous le commandement du general Bonaparte. Ce general quitta TEgypte le 23 aout 1799 j et laissa le commandement au general Kleber. Celui-ci fut assassine le i4juin 1800; et le commandement de I'armee passa au general Menou, Les Fran^ais evacuerent I'Egypte le 2 septembre 1801 , apres Tavoir occupee pendant trois ans et deu:^ mois. ^ WIM-^ PAR M. BRESSIER. Hindi. Favorite de sa maitresse, MInette, cliatte de bon ton, Au vieux Cesar , gardien de la maison , De savoir-faire et de finesse Voulut un jour donner lecon. Mon ami, lui dit-elle , excuse ma franchise , Tu te crois fort aimable , et tu n'es qu'importun 5 Tu fais sottise sur sottise , Et meme en caressant tu fatigues cliacun. Notre maitresse est courroucee , Et la scene de I'autre jour Sera long-temps presente a sa pensee : Tu veux lui prouver ton amour, Et ton ardeur malencontreuse Par mille bonds froisse les plis D'une robe delicieuse Que devoit le soir meme admirer tout Paris. Un tel crime est impardonnablej Aussi depuis ce jour Madame est d'une liumeur.... Elle gronde ses gens , elle est inabordable , Et dans tout le logis je suis seule en faveur, Modere a I'avenir ce fbugueux caractere j ( 346 ) Et pour faire la cour choisis mieux les instans ) On risque souvent de deplaire Quand on vent plaire a contre-temps. Grains les jours de migraine et les nuits d'insomnie , Et sur-tout, mon ami, ces entretiens faclieux, Oil, son budget en main , un epoux ennuyeux Vient nous preclier I'economie 5 Le moment qui les suit est toujours dangereux, Imite-moi ; discrete et sage , Je me tiens a I'ecart tant que dure I'orage : Si le calme renait, quand je vois la gaite Briller dans le regard de ma jeune maitresse, Je m'approclie a pas lents, avec delicatesse j Les yeux fermes , le dos voute , De ma queue ondoyante exergant la souplesse, Je feins de caresser afin qu^on me caresse. Ce manege lui plait, un geste familier Bientot sur ses genoux m'invite a prendre place ; Et je m'endors en paix aupres d'un bon foyer, Tandis que du salon d'un air brusque on te cliasse. Quelle ditTerence entre nous ! Olsive, je jouis du destin le plus doux Dans la mollesse et I'abondance 5 Bon chasseur , bon gardien , tu n'as pour recompense Qu'un clienil en plein air, des rebuts et des coups. Ell bien! je souffrirai , dit le cliien, sans me plaindre 5 Et quoi (ju'il m'en puisse couter , Je n'apprendrai jamais a feindre : Tu possedes I'art de flatter , Je me contente d'etre utile ; Arrive a la faveur par ta conduite habile, Si je ne I'obtiens pas , je veux la meriter. (^^ />z-8o. — Rapporteur, M. Gueneau-d'Aumont. State of tlie trade of Great Britain with all parts of the world, by M. Caesar Moreau. London, 1824) large in-fol. — Rapporteur , IM. Gueneau-d'Aumont. Le meme ouvrage en franrais. East India Company's records founded on official documents, shewing , etc. 5 by Caesar Moreau. London y x8'2.5 ^ in-fol. , lithographie. — Rapporteur , M. Foisset. Plusieurs feuilles ofirant le resume des jugemens emis par les journaux d'Angleterre sur les ouvrages pre- cedens. Rise and progress of the silk trade in England from the earliest period to the present time ^ by Coesar Moreau. In-fol. — Rapporteur , M. Foisset. British and Irish produce and manufactures expor- ted from Great Britain 5 avec la traduction francaise en regard 5 par M. Cesar Moreau. In-fol. , lithographie* — Rapporteur , M. Foisset. Observations surquehjues cas dcphlegmasles de I'esto- mach, du foie et de la rate j par M. Amabic Chtze, />/-8o. ( 36i ) Opinion de M. le due de Brissac sur la lol de Tin- demnile en faveur des colons de Saint-Domingue 5 m-80. Lettressur trois Lyonnois, premiers presidens au Parle- mentde Bourgognedansle xvie sieclej par M. Amanton. Lyon , 1826 , ///-80. Annales du Moyen Age , par M. Frantin. Dijon , 1826 , 8 vol. in-^o. — Rapporteur f M. Nault. Lexicon graeco prosodiae , etc. 5 autore T. Morel et Edward Maltby. Londini , 1824 , in-/^°. Ouvrage oftert par Lord Holland. Considerations sur les services que les Grecs onl ren- dus aux Lettres, par M. Cliasle de La Toviclie. In-S^. — Rapporteurs J MM. Peignot et Frantin. Recherclies sur une Reponse attribuee A Sully , et Re- marques sur quelques Lettres inedites de ce Miuistre , parM. Berriat-Saint-Prix. Paris, 1825, /n-8o. Coup-dVil sur I'emploi de la langue latine dans les actes anciens , etc. 5 par le meme 5 z/z-S". Observations sur une Note de M. Moreau de Jonnes , par M. Segaud; in-d>o. — Rapporteur y M. Antoine. Precis liistorique sur Franc. -Felix Girault deMartigny, colonel de dragons 5 par M. Girault, Z^o/e^ 1826, in-b^, >>— Rapporteur f M. A:\ianton. Rapport sur le projet de loi relatif a la fixation du Budget de 1827 , par M. de Brissac, z/z-8°. Manuscrit de M- Patris de Breuil , relatif a une edi- tion de J. -J. Rousseau 5 petit in-4^. — - Rapporteur, M. Amanton. Des Dragons et des Serpens monstrueux qui figurent dans un grand nombre de recits fabuleux ou liistoriques , par M. Salverte. Paris, 1826, //z-8o. — Rapporteur, M. Yallot, ( 362 ) Dlscoiirs de M. Briffaut a sa reception a I'Academie francaise ; in-^ , Memoire medico-legnl , sur la vlabilite de I'enfant Jiouveau-ne, par M. Chaussier. Paris 3 a 826 , //i-S^. — • Kapporteur, ]VI. Antoine. Table synoptiqne de la Litliolomie et de la Litlio- jnyedej par le merae ; xine feidlle in-fol. Itineraire descriptif de la France 5 route de Paris en Espagne 5 par M. Waisse de Williers. Paris, 1823, e/;-8o. Nouveau Voyage dans I'interieur de I'Afrlqiie , par Robert Adams 5 traduit par M. de Frasans. Paris , ^/z-8^ Itineraire descriptif des routes de Paris a Reims j par M. Waisse de Williers. Versailles , 1825 , //z-iS. Precede pour enlever de la garance le principe colo- rant que les auteurs appellent Alizarine ; par MM. Colin et Robiquet. Maniiscrit. Observations sur le principe philosopliique de M. de La Mennais toucliant le fondement de la certitude ; par M. Raymond 5 in-3°. — Rapporteurs , MM. Riambourg et FoissET. Reponse de M. Deluc a une critique sur un Memoire intitule : Considerations sur les anciens peuples supposes sauvages ; manuscrit. Histoire medicale des marais , et Traite des fievres intermittentes , par M. Montfalcon; 1^ edition. Paris, 1826 , i/z-8o. — Rapporteur , M. Antoine. Precis de Pliistoire de la Medecine et de la Bibliogra- pliie medicale, par le meme. Paris, 1826, //i-i8. — Rapporteur , M. Antoine. Fvecherclics stalistiques sur la ville de Paris et le de- ( 363 ) partement de la Seine, par M. Villot. Paris , i8a6, //z-4^. — Rapporteurs , MM. Peignot et Amanton. Voyage en Italic fait en I'annee 18205 2^ edition, augmentee d'un Voyage fait en 1824 , par M. Valentin. Paris , 1826 , //z-8o. — Rapporteur , M. Antoine. Discours sur la certitude de la Medecine 5 par M. de Haldat. Nancy y 1826 ,//i-8'^. — Rapporteur , M. ValloIt. Piemarques sur le 3ie livre de I'Histoire de Venise par M. Daru 5 par M. Patris de Breuil. Manuscrit. — * Rapporteurs f MM. Amanton et Peignot. On eletric and magnetic rotations , by Cli. Babbage. London, 1826, //z-4*'. — Rap., M. Gueneau-d'Aumont. Memoire sur les Antiquites du departement de I'Aisne , par M. Leinaistre 5 in-fol. , fig. Alanuscrit. — > Rapporteur , M. Maileard de Chameure. Notice sur M. Gaillac, par M. Tournon. Toulouse ^ 3807 , in-?i°. Memoire sur la mortalite parmi les habitans du Puy , etc. ; 1827 , /;z-8°. — P^^apporteur , M. Vallot. Saint Francois de Sales , considere conime ecrivain j par M. Raymond. Chamhery, 1827, //z-8o. — Rappor^ teur , M. Peignot. Cliapelle ducale de Nancy , par M. de Vilieneuve j zn-So. — Rapporteur , M. Bressier. Lettres Lyonnaises , par M. Bregliot du Lut 5 in-S^. ■— Rapporteur , M. Maillard de Chambure. Notice sur CIi. Emmanuel de Savoie, par M. Peri- caud 5 in-S°. — Rapporteur , M. Frantin. Annualre de la Cote-d'Or , par M. Amanton. Dijon f 1827 , in-\ 2. Notice sur I'liistoire du Roi Rene, par M. Guillaume 5 iVz-80. ( 364 ) Panorama d'Angleterre , par M. CK. Malo. Paris, 2 vol. in-^o. — Rapporteur , M. Dressier. HIstoire des Juifs , par le ineme j i vol. in-S'^. — Happorteur , M. d'Aumont. Histoire d'Haiti , par le meme 5 in-^o. — Rapporteur, M. Amanton. ^Dictionnaire de Medecine et de Cliirurgie veterinaire , par M. Hurtel d'Arboval. Paris, 1825-1827, //z-8'' , torn. I , II et III. Essai clironologique sur lesmceurs , coutumes et usages anciens les plus remarquables dans la Bourgogne ( par M. Peignot ). Dijon , Janvier 1827. Conjectures sur I'oiigine et I'etyiuologie du nom de la maladie connue dans les clievaux sous le nom defourbure; par M. Huzard 5 //z-8o. — Rapporteur, M. Antoine. Memoire sur le plienomene des grandes plerres primi- tives alpines distribuees par groupes dans le bassin du lac de Geneve et dans les vallees de I'Arve 5 par J. -A. Deluc, neveu. Geneve, i^ij ^ in-/^<^. Memoire sur la maniere d'etudier et d'enseigner I'Agri- culture, par M. Francois de Neufcliateau. Blois , 1827 , Rapport sur le budget de 1828, par M. le due de Brissac 5 //z-S^. Voyage a Saint-Leger , campagne de M. de Boufflers , par M. de Labouisse 5 in-^^. Flore de Toulouse , ou description des plantes qui croissent aux environs de cette ville , par M. Tournon, ancien professeur de botanique au Jardin des Plantes. Toulouse , ) 8 1 1 , 1 vol. inS^ . Notice liistoriqiie et statistique du canton de Saint- Sympliorlen-le-Cluteau , arrondissemcnt de Lyon 5 par ( 365 ) M. Cocliard. Lyon y 1817, in-Z^, — Rapporteur y M. Gueneau-d'Aumont. Tableau descriplif, liistorique et pittoresque de lat ville , du chateau et du pare de Versailles , compris les deux Trianons, par M. Waysse de Yilliers. Paris, 1827^ i"«-i8. — Rapporteur y M. Amanton. Bibliotlieque dramatique , ou Repertoire universe! dii Theatre francals, par M. Lepeintre 5 2 ^'. m-80 , I'un re- latif a Crebillon,l'autreaMarivaux. — Rap.yM.. Lorain-. Supplement a la Bibliograpliie de I'liistoire medicale des marais , par M. Montfalcon 5 1827 , in-S°. — Rap-f porteur, M. Antoine. Histoire et description de Provins , suivies d'une piece, intitulee : Les Eaiix minerales de Provins , comedie ea un acte ; par M. Opoix. Paris, 1824, i/i-3o ^ portr. Droits d'usufruit , d'usage , d'liabitatjon et de superfi- cie , parM. Proudhon, doyen de la Faculte de droit d^ Dijon. Dijon , 1827 , 9 vol. in-8<^. Skander, nouvelle grecqueduxye siecle , parM. Th.-H< Barrau. Paris, 1825 , in-12.. Le Neant , discours en vers , par M. Cli. Malo. Paris, 1827, broch. in-\3. Observations sur I'liistoire de Napoleon , d'apres lui- meme , publiee par M. Leonard Gallois } par M. C.-N* Amanton. Paris, 1827 , in-Qo, Lettre a M. Amanton , par M. N.-F. Cocliard. Lyon ^ 1827 , in-So. Eloge de P. Guerin , etc. ; par M. Glntrac , D. M. Bordeaux:, 1827 , i'/z-S". Discours sur Tancien et le uouveau Barreau , par M. Nault , procureur general pr^s la Cour royale de Dijon. Dijon f 1827 , />i-8o. ( 366 ) Flore lyonnalse , par M. Balbis, D. M. , olr. T,ynji , 1827 , torn. 1 et 3 , //z-8o. —Rapport. , M. Morland. ENVOIS DES SOCIETES CORRESPOADAXTES. Journal d'agriculture , lettres et arts de la Socltle d'emulation de I'Ain, 1825 , n^s 11, 12 , //^-8'\ — 1826 , Nos 1,2 , 7-13, in-^^. — i 827 , N'>s 2,3, 4 , 5 , 6 , 7 et 8 , in-8^. — Rapporteur, M. de Gouvenain. Seance publique de ]a Societe des Amis des sciences, des lettres , de I'agriculture et des arts d'Aix , 1 1 juirt 1835 , inS'^. — Rapporteur , M. Amanton. Seance publique de la Societe acadciuique d'Aix, tenue le i4juillet 1827. ^Lv, 1827, //z-8o. — Programme des sujets de prix proposes par cette Societe pour les annees 1828 et 18295 ^/^-8". — Rapporteur , M. Amanton, Societe royale d'Arras pour I'encouragement des sciences , des lettres et des arts. Seance publique du 23 aoiit 1834. Arras f i835 , in-8<^. — Rapporteur, M. Vallot. Journal de la Soclele d'a^rlculture etarls de I'Arrlese. Foix , torn. 4 ? n° 26, in?i^ 5 — 1836 , torn. 5, no 2, in-S^. — Rapporteur , M. de Gouvenain. Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland. 1836 , in-4.0. List ol llie members. Transactions of the same Society. London, 1834, ire et 1^ part. , in-/^ . — 1836 , i^e et oS^ part. , in-/^^ , planch. Pvegulations of the same , 1833.-— Committee of Cor- respondance of the same; in-fol. — Rapporteurs , MM. Gueneau-d'Aumont et Maillard de Cuambvre. (367) Memoirs of tlie astronomical Society of London. Lort" don, 1826 , m-4° -)pl- — Rapporteur , M. d'Aumont. Memolres de la Societe d'agriciilture du departemenE de rAiibe. Troyes , 1825, no 16, /«-8o. — 1826, nos 1^-22 , //z-8o. — Idem, 3^ trimestre 1827,31 aout. Troyes , 1827 , //z-8o. — Rapporteur , M. de Gouvenain, Journal de la Societe des sciences du Bas-Rliln. Stras^ hourg, 1825, 11° 4? in-^"^ . — 1826, n° 2 , inSo. — » 1827, nos 1-2, in-Qo. — Rapporteur, M. Gueneau- d'Aumont. Programme des Prix proposes pour I'annee 1 828 , par la Societe des sciences j agriculture et arts de Strasbourg j J 827 , //z-8o. Proces-verLal de la Seance du 28 Janvier 1826 de 1' Aca- demic des sciences , belles-lettres et arts de Besan^on j in-Qo • — idem , du 24 aout 1826 5 — idem , 29 Janvier 1827, z«-8o 5 — idem, du 20 aout 1827. — - Rappoi^ teur, M. Amanton. Academic des sciences, belles-lettres et arts de Bor- deaux 5 Seance publique du 10 mai 1825. Bordeaux p 1825 , in-3^. — r IdefTi , 1826 , /;z-8o. — Rapporteur p, M. MORLAND. Programme des Prix de la Societe royale de medecine de Bordeaux 5 1826 , in-Zi^^. Notice des travaux de la meme Academic , par M. Du- pucb-Lepointe. ^o/z/eawo: , 1826, in-^o ^ ,.„ Xd^jji ^ ^^^ le memo. Bordeaux y 1827 , lu-Qo, »_ Rapporteur ^ M. Y ALLOT. Proces-verbal de la Seance publique de la Societe d'a- gviculture , du commerce et des arts de Boulogne-sur- iner, 10 octobre 1825 \ inS^. — ^ Rapporteur, M. de- RjEJJLLE, ( 368 ) Meinoires de la Soclete Linneenne du Calvados , 1824 9 1825, />^-8" f avec atlas ///-4°. — Rapporteurs , MM. .VaLLOT et MORLAND. Precis des travaux de la Soclete royale d'agriculture et de commerce de Caen, depxiis 1801 jusqu'en 18105 par M. P.-A. Lair, secretaire. Caen, 1827, 2 t'o/. in-So. — Rapporteur, MM. Morland et Maillard de Chambure. Memoires de la Societe d'emxilalion de Cambrai , annee 1826. Cambrai, 1826, in-S^. — Rapporteur, M. Maillard de Ciiambure. Annales de la Societe d'agriculture , arts et commerce du departement de la Cliarente. Angoulenie , 1 825 , in-80^ torn. 7 , nos 7-1 2 J torn. 8 , nos 1-125 to/n. 9 , no* 1,2, 3, )4- "-~ Rapporteur, M. de Gouvenain. Memoires et Rapports de la Societe d'agriculture du Doubs , 1824 J 1825. Besancon , in-S^^. Transactions of tlie Society for the encouragement of arts, manufactures and commerce, etc. London, 1825, i'7z-8f, vol. 43. — Proemiums offered in the session 1825. London, 1825, in-^o, _« Idem , 1826, torn. 44* ~" Rapporteur , M. Sene. Journal d'aoriculture , de medecine et des sciences ac- cessoires , par les raembres de la Societe d'agriculture , sciences et arts du departement de I'Eure. Evreux, 1825 , no 8 5 — 1826 , nos 1 1 , 22 , 23 5 — 1827 , nos 14 ^ i5 ^ 16 , />z-8o. — Rapporteur , M. Vallot. Annales de la Societe d'agriculture , sciences , arts et belles-lettres d'lndre-et-Loire. Tours, 1825, torn. 4> nos 6-11; torn. 5, nos 2-12 5 — 1827 , tom. 6 , n^s 1-6 j inSo. — Rapporteur, M. Morland. Precis de la Constitution mcdicale observee dans le de- (369) partement d'lndre-et-Loire , pendant les if*-, 2^, 3e eC 4^ trhnestres de 1826 , par la Societe medicale de Tours, //z-8o 5 — 'idem, pendant les i^r^ 2e et 3^ trimestres de 1827. Tours , 1827 , z/z-S". — ' Rapporteur, M. Antoine. Seances publiques de laSocie te d'emulatlon du Jura , etc. JLons-le-Saulnier , 1823-1826, 5 broch. in-^^.—^Rap~ porteur , M. Salgues. Piecueil des travaux de la Societe d'Amateurs des sciences , de I'agriculture et des arts de Lille , annees 1823 et 1824. Lille , 1824 et i825 , 2 vol. //z-8°. — » Rapporteur , M. de Gouvenain. Proces-verbal de la Societe d'agrlculture de Lolr-et- Cher. Blots , 1825 , i/i-80. Proces-verbal de la Seance generale du 1 er septembre 1826, de la Societe d'agriculture de Loir-et-Cker. Blois , in-%^. Journal de la section de medecine de la Societe aca- demique de la Loire-Inferieure , 4e livraison. Nantes , dec. 18255 — 5e livraison; — idem, 1826, 'j^ livraison 5 — idem , 1827 , 6^ livraison , in-h^ ; — idem , lo^ li- vraison. Nantes, septembre 1827, in-S^. •-- Rappor-* teur , M. Antoine. Exposition des produits de I'industrie de la Loire-Infe- rieure. Nantes, 1827, //z-8o. — Rapporteur, M. Maillard de Chambure. Compte rendu des travaux de FAcademie royale des sciences , belles-lettres et arts de Lyon , par MM. de la Prade et Breghot du Lut, 1825 , 1826 ; //z-8°5 — idem, 1826 , 1827 ; par MM. Poupar et Bailois. Lyon, 1827 , z«-8o. — Rapporteurs , MM. Morland et Amanton. Rapport sur I'etablissenient pastoral de M. le Baron de Stael , a Coppetj lu u la Societe d'agriculture, Lis* 24 (V) toire natin'elle et arts utiles de Lyon , par M. Grognler ^ secretaire de cette Soclete. Lyon , 1827 , in-S'*. Compte rendu des travaux de la Societe d'agricul- ture, sciences et belles-lettres de Macon , pendant I'annee 1825 , par M. Mottin j — idem , par le meme , pendant I'annee 1826. Macon ^ '^^7 > in-^° , -'— Rapporteur p M. DE GOUVENAIN. Seance publique de la Societe d'agriculture , com- merce , sciences et arts du departement de la Marne. Chdlons-sur-Marne y 1826, z>z-8°. — Idem, 1826, in-%'^ \ ^-^ idem f 1827, inS^, An oration delivered before the medico-botanical So- ciety of London 5 by Jolin Frost. London, 1825 , in-\^^ — Rapporteur , M. Vallot. Societe des lettres, sciences, arts et agriculture de Metz. Seance du \5 mai. Aletz , 1826 , m-8"^ — vm® annee , 1826-1827, mai. Metz, 1827 , z«-8o. Precis des travaux de la Societe royale des sciences y lettres et arts de Nancy , de 1819 a. 1820. iVa/zcy, 1825, /n-80. — Rapporteur , M. Frantin. Memoires de la Societe centrale d'agriculture, sciences et arts du departement du Nord. Douai , 1826, z/i-8*' j ^— i3 juillet 1827 , //i-8o. Journal de la Societe d'agriculture d'Orleans; inS^, Annales de la Societe royale des sciences , belles- lettres et arts d'Orleans. Orleans, torn. 7 , no 6 ^ et tom» 8 , n°* 2,3,4? 5 7 in-So. — Rapporteur , M. Yallot. Annales de I'agriculture frangaise, par MM. Tessier et Bosc. Paris, 1825 et suiv. , torn. 3i a 39, 2^ serie^ 3o septembre 18275 in-S°, — ilo^.^ M. de Gouvenain. Circulaire dela Societe royale et centrale d'agriculture y contenant des questions sur le depiquage des grains. ( 3/1 ) Pfogramme ^es prIx pour la destruction de la jacliere absolue et la culture des plantes sarclees. Programme de la seance publique du 4 avrll 1826. Rapports Ills a la Societe dans sa seance du 4 avril 1 826, Memoires publics par la Societe royale et centrale d'a- griculture, annee iSaS, 5 hrocli, iji-Z^ . — Idem ^ annee 1826. Paris f 1826, 1 vol. inS'^. Programme de la seance publique de la Societe royale et centrale d'agriculture , du 24 mai 1827. Societe linneenne de Paris. Seance publique j 28 decem- bre 1825. — Idem y 18265 in.-^'^. Rapport sur I'utilite des paragreles , par la Societe lin- neenne de Paris. Paris , 1826, //z-8o. -^Rapporteurs, MM. MoRLAND et Gueneau-d'Au^iont. Annales de la Societe d'liorticulture de Paris, Journal special de I'etat et des progres du Jardinage ; torn, i , J re llvraison , septembre i^ij. Paris, 1827, z/z-8o. — « Rapporteur , M. de Gouvenain. Bulletin de la Societe de geograpliie. Paris, 1825 et ^uiv. , nos 28-56 5 In-8°. — Reglemens de la Societe ; //z-8o. — Rapporteur, M. Gueneau-d'Aumont. Societe d'amelioratlon des laines. Paris, 1825, in-80, '—Rapporteur, M. de Gouvenain. Programme des prix proposes par la Societe d'encoura- gement pour I'industrie nationale. Paris, 1826 , /'/z-4°. Bulletin de la Societe d'agriculture, belles-lettres, sciences et arts de Poitiers. Poitiers , 1825, no 20, in-8°. Annales de la Societe d'agriculture , sciences , arts et commerce du Pay, pour 182.6 '^ iri-S°. — Rapporteur, M. Yallot. Precis analylique des travaux de I'AcademIe royale des sciences J belles-lettres et arts de Rouen , pendant I'annee (372) iS'i.S] in^?t^.-^Idcjn, 18265 in-?t^. — Rapporteur, M. .Vallot. Seance puLlique de la Soclete llbre d'emulatlon de Rouen , 9 juin 1 835. Rouen , 1 825 , /«-8" ^/ig. — Idettif juin 1826 J in-So. — Rapporteur, M. Morland. Seance puLlique de la Societe centrale d'agriculture du departement de la Seiue-Inferieure , 22 octoLre 1825. Rouen, in-8°. — Idem, 1826 5 in-3<^. — Idem, 22 fe- vrier 1827 5 in-b^, Extrait des travaux de la meme Societe. Rouen , 1825, caliiers 1 ()-i?>-i5 , et table des matieres du 3« volume. — * Rapporteur, M. Morland. Meiiioires de la Societe centrale d'agriculture et des arts du depart, de Seine-et-Oise, 26^ annee. Versailles, 1826, in-ii°. '-'Idem, 27^ annee. Versailles, 1827, //z-8o. Recueil agronomlque puLlie par la Societe des sciences, agriculture et belles-lettres de Tarn-et-Garonne. Mon- tauhan, 1825-1827, torn. 6e, nos 10-14 ? torn. 76, nos 3-5-7-10-125 torn, 8, nos 1-^5 //i-8o. — Rapport., M. de GOUVENAIN. Recueil de I'Academie des Jeux floraux. Toulouse ^ a 826 , i//-8o. — Rapport. , M. de Reulle. Recueil de I'Academie des Jeux floraux. Toulouse,, J 827 , //^-8°. — Rapport., M. Amanton. Journal des proprietaires ruraux pour le midi de la France. Toulouse, tom. 21 , n" 11 5 torn. 22, n^s 2-12 j torn. 23, nos 1 -3-6-7-8 •, /w-80. Seance publique do la Societe royale d'agriculture du departement de la Haute-Garonne , 24 juin 1826. Tou- louse, 1826, i!Vz-8o. — Seance publique de 1827. Tou- louse, 1827 , in-^'^ . "^ Rapport. , M. de GouvenaixX. ( 3/3 ) Academie royale des sciences, inscriptions et Lelles- lettres de Toulouse. Seance publique , 26 aout i825, Toulouse, 1825, in-Z'^ .—-Kapport.y M. Peignot. Journal de la Societe de medecine, cliirurgie et pliar- macie de Toulouse. Toulouse, 1826, torn. 1, nos 3,6,8- 14? "— 1S27 , /o/;z. 2, nos i5-23 5 z«-8*^. — Seance pu- blique du 1 1 mai 1826. Toulouse , 1826 , in-80. — Idem, du 17 mai 1827. Toulouse, i^iT-j^in-^t^.— 'Rapporteurs, MM. AnTOINE et TiLLOY. Recueil agronomique publie par la Societe centrale d'agrlculture du departenient de la Haute-Saone ; torn, 2, 7^-106 llvralsons. Vesoul, 1827, 1 vol. in-So. Journal de la Societe d'emulation du departenient des Noshes. Epinal, 1826, nos 3,5,6, 4*^ trimestre ; no 7, 3827, ler trimestrej //z-8°. — Zloppor/. , M. Gueneau- b'Aumont. Western lltterary and scientific institution, etc, 5 juin 18265 broch. m-^'^. '—Rapporteur,^. Maillard de Chambure. EIVVOIS DIVERS. Description des macliines et precedes specifies dans Jes brevets d'invention, etc., par M. CLrlstin. Paris, 3824) torn. 9, 10, 11, 12 J in-/^'^ ^planch.— -Rapporteur, M. DE GOUVENAIN. Yllle de Lille. Fete du Roi. Lille , \?>i5 , //z-4°. Dissertation sur les medecins poetes , par Etienne Sainte-Marie. Paris, 1825, in-^^. -^ Rapport. , MM. ForssET et Peignot. Annales europeennes et de la Societe de fructification. Paris, 1825, torn. 95 34^, 35^, 36^ et 37^ livraisons 5 i/z-8o. — Rapport., M. Morland. Notice sur Tabbe Merinetj par M. D. Monnier. Dole , i2>i5 ^ in-^°. -^ Rapporteur, M. Gueneau-d'Aumoitt. Traite des parafoudres et paragreles en cordesde paille; troisieme supplement, parM. LapostoUe.^OT/cvw, 1826 , 2>/-8«. — Rapport., M. Gueneau-d'Aumont. Lettre impriinee sur la ■vinification. Limoges, 1825, in-^^.'— Rapport. , ]M. de Gouvenain. Prospectus du JVl usee des auticjues^ in-8°j 1 1 pages,— ^ Happort. , M. DE Reulle. Notice sur la vie et les ouvrages de Francois Doublet y par S. Doublet. Paris , i826,/«-8o. — 7l^-8°. — Pvapport., M. Antoine. ( 376 ) Extralt du Journal de la Somme, 2 septembrc 1826, relatif aux para£;reles en cordes de pallle 5 par M. Lapostolle. Amiens , 1826, in-3^. — Rapporteur , M. b'Aumont. De la cause de riiybernation cliez les animaux dor- tneurs, par M. Pastre 5 in-^'^. Prospectus de la Sociele de fructification generale ea commandite par actions 5 in-^^. Sur les propriet^s nutritives et sur la digestiLilite des alimens, par diaries Londe; m-8°. — Rap., M.Vallot. Piece de vers couronnee aux Jeux floraux, par M. de B-ivesaltes; m-80. On tlie determination of the general term of a new class of infinite series. London , 1824? in-^^. — Rap., M. Gueneau-d'Aumont. Prospectus d'une Bible polyglotte en dix langues. Jjondres , in-fol. Considerations sur Fliumidite, par L. E. Piborel 5 1 827, i/i-8o. — Rap., MM. Antoine , Salgues et Vallot. Propositions physiques , anatomiques et physiologlques sur I'organe de la vision , par M. Peyron 5 /«-4". Theses sur la folie. Paris , 1819, in-/[(^. — These sur la Jurisprudence medicale relative aux alienes. Paris , 1826. — - Observation sur un casrare chirurgicalj par M. Bonfils de Nancy. Observations sur quelques monumens rellgieux du moyen age des bords du Rhin , par M. Schweighausen j in-Z^.— Rapport. , M. Amanton. De Tinfiuence du traitementmercuriel sur les fonctions de I'uterus, par M. Alph. Colson 5 z>/.-8o. Essai sur le lichen d'lslande , par J. Tapie. Bordeaux f 1827. (377) Annualre du departement du DouLs , par M. Laurent. Sesancon, 1827, 1 njol. in-11. Histoire du Daupliine,par M.le baron de Chapuis-Mont- laville. Paris el Lyon, 1827 (ire et aelivrais.)? //i-8'>. »— Rapport. MM. Amanton, Riambourg etPEiGNox. Pieces de poesie latine et francaise '.Draco et elephas } la Vierge mourante 5 traduction latine de la 2.1^ lable du livre I de La Fontaine 5 traduction francaise de I'ode j 9 du livre I d'Horace; par M. Renaud , maitre de pension a Flavigny 5 majiuscrit. — Rapport. , M. Bressier. Memoire sur plusieurs monstres Lumains , par J. F.' Bonfils, D. M. P. a Nancy 5 /w-8''. Considerations medico-legales sur des accusations d'em- poisonneraent par le verre pile 5 these soutenue par M. Franck Cliaussier de Paris. MontpelUer , 1827, m-80. Catherine, roman , par M"ie p..., Paris , 1827, in-iz. Le petit Producteur fran^ais, etc., par M. Charles Dupin. Paris f 1827, 2 vol. in-i8. Discours sur I'union des sciences medicales et leur in- dependance reciproque, par M. R. de la Prade. Lyon, 1827, //z-8o. Description succincte d'une maladle grave et rare de la partie superieure de I'humerus , par M- Bonfils aine. ISlancy, 1 827 , in-8^^Jig. Reflexions sur la non existence du virus rahique,etc.^ par M. G. Girard , D. M. Lyon, 1827, in-b^. -^Rap., M. Antoine. Memoires surquelques cas d'imperforatlon congenitale du rectum 5 par M. Colson, D. M. ; 1827, //z-S".— ila/?.^ MM. Antoine, Morland et Yallot. ^^^mt DBS ACADEMIES ET SOCIETES SAVAKTES AVEC LESQl'ELLES l'aCADEMIE DE DIJON EST EN RELATION*, IMPRIMEE PAR DECISION DU x5 NOVEMBRE 1827. Aix en Provence ( Bouclies du Pilione ), Sociele des Amis des sciences. Angouleme (Charente) , Societe d'agriculture , arts et commerce. Arras (Pas de Calais) , Societe royale pour Tencourage- ment des sciences , lettres et arts. Besancon (Doubs), lo Academic des sciences, telles- lettres et arts 5 2° Societe d'agriculture et arts. Blois (Loir et Cher) , Societe d'agriculture. Bordeaux, (Gironde) , 1'' Societe royale de medeclne ; 2° Ecole royale secondaire de medecine ; 3o Societe lin- neenne d'emulation. Boulogne (Pas-de-Calais), Sociele d'agriculture, de com- merce et arts. BouRG ( Ain) , Societe d'emulation et d'agriculture. Caen (Calvados), lo Academic des sciences, arts et belles- lettres 5 20 Societe linneenne. Chalons-sur-Marne (Marne), Societe d'agriculture, commerce, sciences et arts. Chateauroux (Indre), Societe d'agriculture. Dole (Doubs), Societe d'agriculture. DouAi (Nord), Societe d'agriculture , sciences et arts. Epinal (Vosges) , Societe d'agriculture. EvREUx (Eure), Societe d'agriculture, de medecine et des sciences accessoires. ( 3/9 ) Foix ( AiTKge) , Soclete d'agriculture et des arts. Lille (Nord) , Societe d'araateurs des sciences. Limoges (Haute-Yienne) , Socle te royale d'agriculture j sciences , etc. LoNDRES ( Angleterre ) , i " Societe pour I'encouragement des arts, manufactures et commerce 5 20 Societe astro- iiomique^ 3o Societe royale asiatique d'Angleterre et d'Irlande. Lons-le-Saulniek. (Jura), Societe d'emulatlon. Lyon (Rhone) , 1" Academic des sciences , arts et belles- lettres ; 1^ Societe royale d'agriculture , histoire natu- relle et arts utiles. Macon (Saone-et-Loire), Academic des sciences, arts et Lelles-lettres. Mans ( Le ) (Sartlie ) , Societe royale des arts. Metz (Moselle), i" Societe des lettres, sciences etarts j 3° Societe des sciences medicales. MoNTAUEAN , ( Taru et Garonne ) , Societe des sciences et agriculture. MoNTPELLiER (Hcrault ), Soclctc de medeclne pratique. Nancy (Meurtlie), Academic des sciences et belles- lettres. Nantes (Loire-Inferieure) , Societe academique. NisMES ( Gard ) , Academic royale. Orleans (Loiret), Societe royale des sciences, arts et belles-lettres. Paris (Seine), !« Societe royale et centrale d'agriculture; 20 Academic royale de medeclne 5 3o Societe medicale d'emulatlon ; 4° Societe de geographic ; 5° Societe lin- neenne 5 6° Societe d'horticultui'e. Perpignan (Pyrenees orientales), Societe royale d'agri- culture , arts et commerce. ( 38o ) Poitiehs (YIenne), Soclete academiquc d'agrlcultnre. Rouen (Seine-In(erieure) , i « Academie royale des scien- ces 5 2° Societe ceutrale d'agiiculturej 3» Societe librc d'emulation. Saint-Etienne ( Loire ) , Societe d'agriculture , arts et commerce. Strasbourg (Bas-Rhin), Societe des sciences, agricul- ture , lettres et arts. Toulouse ( Haule-Garonne ) , i " Academie des Jeux flo- raux ; 2° Societe royale d'agriculture ; 3o Societe royale de medecine , chirurgie et pliarmacie. Tours (Indre et Loire ) j i° Societe d'agriculture, scien- ces , arts et belles-lettres 5 20 Societe medicale. Troyes ( Aube) , Societe d'agriculture , sciences et arts. Versailles (Seine-et-Oise), Societe centrale d'agricul- ture et des arts. Yesoul (Haute-Saone ) , Societe centrale d'agriculture. ( ill BES IIEMBRES DE l'acADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. (DecemSitJ 48*7 (1). PROTECTEUR. SON ALTESSE ROYALE MONSEIGNEUR LE DUG DE BOURBON, PRINCE DE CONDE. BUREAU. Tresident : M. Bressier. yice-P resident : M. Barbier de Reulle. Secretaire : M. Maillard de Chambure. Secretaire-Adjoint : M. Vallot. Bibliothecaire : M. Peignot. Garde des medailles et des antiquites : M. Baudot, Conservateiir des Collections d'Histoire naturelle : Tresorier : M. Guichard. (l) SIGKES POUR LES DECORATIONS. Ordre royal et inilitaire de Saint-Louis, (C. i|i), Commandeur. ^ , Chevalier. Ordre royal de la Legion d'honneur, (G. C. *), Grand'Croix. (O. ^), Officier. (G. ^), Grand-Ofacier. ^, Chevalier. (C. ^), Commaudeiu-, ( 3H2 ) CONSEIL D'ADMUslSTRATION. President ; M. Durande. M. RlAMBOURG. M. DE GoUVENAIN. M. Antoine. Secretaire : M. Gueneau-d'Aumont. COMMISSION PERMANENTE D' AGRICULTURE, FORMEE DANS LE SEIN DE l'aCADEMIE. President : M. Gr asset. M. Ranfer , baron de Breteniere. M. le marquis de Courtivron. M. DE Charrey. M. Sene. M. Morland. M. Guichard. M. V ALLOT. M. TiLLOY. Secretaire ; M. de Gouvenaik, COMMISSION PERMANENTE DES ANTIQUITIES, FORMEE DANS LE SEIN DE l'aCADEMIE. President : M. Baudot. M. le marquis de Courtivron. M. DE Charrey. M. Febvret de Saint-MesmijST. M. Peignot. Secretaire : M. Gueneau-d'Aumont. Secretaire-Adjoint : M. Maillard de Chambure. ACADEMICIENS HONORAIRES RESIDANS. M. Le Compasseur , marquis de Courtivron * * , ( 383 ) anclen colonel de cavalerie , maire de Dijon. \^Mafs 1782. M. Ranfer, Bo" deBreteni£:re ( O.^), conseiller d'Etat, premier president de la Coiir royale. 24 Janvier 1816. M. RiAMBOURG 4i: , president de cliambrealaCourroyale. 24 Janvier 1816. M. le chevalier de Berbis # , depute de la Cote-d'Or a la Cliambre des Deputes des departem. 12 Mai 1822. M . E ARB lER DE Reulle ^ j president de cliambre a la Cour royale. 5 Juin 1822. ACADEMICIENS HONORAIRES REGNICOLES. S. Em. M.g>^ le cardinal deLafare, archeveque de Sens et d'Auxerre, commandeur de I'Ordre du Saint-Esprit, premier aumonier de M."^^ la Daupliine , a Paris. 24 Janvier 1779. M. le comte de Tocqueville (O. ^ ), commandeur d& rOrdre du Merite civil , dit de la Couronne de Baviere; de I'Ordre de I'Aigle-Rouge de Prusse , de seconde classe 5 ancien prefet de la Cote-d'Or , Pair de France* 6 Mars 1816. ACADEMICIENS HONORAIRES ETRANGERS. S. A. R. le Prince Auguste-Frederic d'Angleterre. DUC DE SUSSEX, a Londres. i3AZa/i8i8. M. le baron de Zach , de la Societe royale de Londres, correspondant de I'Institut royal de France ( Academie des sciences), a Genes. 16 Decembre 1784. Lord Holland, a Londres. 6 Mai 1818. ACADEMICIENS RESIDANS. M. Renaud , Inspecteur de 1' Academie royale univer$i» taire. (CI. des Sciences). 16 Juillct J 778. ( 384 ) M. DuRANDE ^ , clievalier de TOrdre de St. -Michel f docteur en medecine , niembre de la Commission admi- nistrative des hospices et de I'administration du Mont-de-Piete. (CI. des Sciences et CI. des Belles- Lettres). \6 Jui/i \yS5. M. Antoine , docteur en medecine , profcsseiir a I'Ecole secondaire de medecine, medecin consultant de la Chambre des pauvres. (CI. des Sciences). 21 Decern- hre J 786. M. Vallot , docteur en medecine, professeur-adjoint d'histoire naturelle a la Faculte des sciences de FAcademie royale de Dijon 5 directeur du service des epideraies du departement de la Cote-d'Or , char- ge de I'arrondissement de Dijon 5 medecin en chef du Grand-Hopital 5 professeur a I'Ecole secondaire de medecine, et de botanique au Jardin des Plantes. ( Cl« des Sciences ). 26 Janvier i'j^'2.. M. DE GouvENAiN, (CI. dcs Scieuccs). 3 Juillct\'JC)^. M. MoRLAND , docteur en medecine, professeur d'his- toire naturelle a la Faculte des sciences , et de botani- que au Jardin des Plantes 5 professeur a I'Ecole secon- daire de medecine. (CI. des Sciences et CI. des Belles- Lettres). 3o Noveinbre 1798. M. Charbonnier. (CI. des Sciences). 3o Novemhre 1798. M. C.-N. Amanton #, avocat a la Cour royale, con- seiller de Prefecture du departement de la Cote-d'Or, juge suppleantau Tribunal de premiere instance. (CI. des Belles-Lettres ). 2 Deccmbre 1799- M. PoNCET, avocat a la Cour royale, professeur a la Faculte de Droit. (CI. des Belles-Lettres). 22t/«/7. 1802, M. Naigeon , professeur de dessin a I'Ecole des beaux- arts. (CI. des Beaux-arts). 2 Decembrc 1802. ( 385 ) M. lecouite Chahbonnel (C. ii), (G. *), lieutenant-' general des armees duRoi. (CI. des Sciences). iiAviit i8o3. M. Berthot ^ , inspecteur-general de I'Universite de France , recteur de I'Academie royale de Dijon, doyen dela Faculte des sciences, prof'esseur de matliematicjues a la meme Faculte. (CI. des Sciences;. 7 Juillet i8o3. M. Protat, docteur en medecine. (CI. des Sciences et CI. des Belles-Lettres). 7 Juillet i8o3. M. Devosge, directeur de I'Ecole des beaux-arts, et professeur de peinture a la meme ecole. (CI. des Beaux- Arts ). 1 1 Mars 1 806. M. GuiCHARD, pliarmacien. (CI. des Sciences). 21 Jan.' vier 1807. M. Proudhon, ancien bfitonnier de I'Ordre des avocats, doyen et professeur de la Faculte de droit. (CI. des Belles-Lettres). \'j Juln 1807. M. Peignot, inspecteur de I'Academie royale de Dijon. (CI. des Belles-Lettres). 8 Decembre i8i3. M. BoRNiER, professeur de sculpture a I'Ecole des beaux- arts. (CI. des Beaux-Arts). 6 Septembre i8i5. M. Gueneau-d'Aumont , secretaire de la Faculte des sciences , professeur de physique a la meme Faculte et au College royal. (CI. des Sciences et CI. des Belles- Lettres. ) "2.^ Janvier i8i6. M. GuENEAu DE MussY ^, doyen de la Faculte des lettres , professeur de litterature grecque a la memo Faculte. (CI. des Belles-Lettres). 3i Janvier i8i6. M. Nault(0. <^), procureur-general en la Cour royale. (CI. des Belles-Lettres). 21 Fevrier 1816. M. GrasseTj (CI. des Sciences), "do Decembre 1818, 25 ( 38^ ) M. FoissET, avocat a la Cour royale. (CI. des Belles* Lettres). 28 Juin 1820. M. Perrenet de Charrey. (CI. des Belles-Lettres etCl. des Beaux-Arts). 8 Mai 1822. M. TiLEOY, pliarmacien, membre du Jury medical du departementdelaCote-d'Or. (CI. des Sciences). 3 1/////. 1822. M. Lorain, avocat a la Cour royale. (CI. des Belles- Lettres). i^Juillet 1822. M. Saloues , docteur en medecine. (CI. des Sciences), 24 Juillet 1822. M. Sene , docteur en medecine, professeurde cliimie a la Faculte des sciences. (CI. des Sciences). 7 Aoiit 1822. M. le marquis d'Arbaud-Jouques ^ (O.*), decore de la plaque de I'Ordre de diaries III d'Espagne , con- . seiller d'etat, prefet du departement de la Cote-d'Or. (CI. des Belles-Lettres). 7 AfaM- 182.3. M. Baudot, juge au Tribunal de premiere instance, (CI. des Belles-Lettres). 1^ Janvier 1824. M. ToussAiNT, conservateur de la Bibliotlieque publlque de la \ille de Dijon. (CI. des Belles-Lettres). 19 Mai 1824. M. Bressier ^ , directeur de I'enregistrement et des domaines. (CI. des Belles-Lettres). 3 Decembre 1824. M. Febvret de Saint-Mesjnun , conservateur du Musee. (CI. des Beaux-Arts). 29 Decembre 1824. M.Maillard de Chambure fils, avocat. (CI. des Belles-^ Lettres ). 3o Novenibre 1825, M. Frantin aine. ( CI. des Belles-Lettres). 24-^^^ 1826, ACADEMICIENS NON RESIDANS. M. Adelon , docteur en medecine , agrege a la Faculte de medecine de Paris, membre litulaire de TAcademie (387) I'oyale de medecine, a Paris, i^r Decemhre 1824* M, Ancelot ^ , liomrae de lettres , pensionnairedu Roi j a Paris. 26 Decembre 1821 . M. Cli. Babbage, de la Societe royale de Londres et de celle d'Edimbourg , secretaire de la Societe astronomi- que de Londres, etc. ^ a Londres. 7 Aout 1 822. M. Balbis, docteur en medecine , ancien professeur de botanique a la Faculte de medecine de Turin , etc. , ^ Lyon. 8 Avril 1807. M. le due de Bassano (G. C. #) , grand'croix de I'Ordre de Saint-Etienne de Hongrie, grand'croix de I'Ordre de la Fidelite de Bade 5 de I'Ordre de Saint' Andre de Baviere, de I'Elephant de Danemark, du Soleil de Perse, et de I'Aigle noir de Prusse ; de I'Ordre royal de Saxe et de I'Aigle d'or de Wurtemberg , anciea ministre-Secretaire d Etat , a Paris M. Bastard, profes. debotaniq., a Angers. i^Tev. 181 3. M. Bechet , secretaire perpetuel de I'Academie royale des sciences , belles-lettres et arts de Besan^on , etc., a Besancon. i3 Avril 182,5. M. BoiNviJLLiERS , correspondant dePlnstitutCAcademie des inscriptions et belles-lettres) , a Versailles. 24 JuiL 1822. M. Bosc #, membre del'Institut (Academic des sciences, CI. des sciences physiques ) , associe libre de I'Academie royale de medecine, etc. , a Paris. 3 Juillet 1798. M. BouviER ^ ^ medecin du garde-meuble de la Cou- ronne, a Paris. 22 Aout 1798. M. Breghot du Lut, Yice-president du Tribunal de premiere instance de Lyon , membre de I'Academie royale des sciences , belles-lettres et arts et du Cercle litteraire de Lyon , a Lyon. 8 Decembre 1824. ( 388 ) M. BrviFiAUT , menibre de I'AcademIe fran^jalse, a Paris. J 6 Mars j825. S. S. le due DE Brissac (C. ^) , pair de France, cheva- lier des Ordres du Roi, ancien prefet du departement de la Cote-d'Or, a Paris. i^Juin 1812. M . Carnot ^ , conseiller a la Cour de cassation , k Paris. 23 Jui/i 181 3. M. le chevalier Cauchy (O. ^), officier non comman- denr de I'Ordre du Saint-Esprit, garde des archives de cet Ordre,etdes registres de la Chambre des Pairs, etc., ii Paris. i/^Juin 1812. S. S. le comte Chaptal ( G. ^ ) , chevalier de I'Ordre de Saint-Michel, pair de France, membre de I'Institut (Academic des sciences), etc., a Paris. 19 Juln 1784. M. Chaussier ^ , chevalier de TOrdre de St.-Michel , professeur honoraire de la Faculte de medecine de Paris , membre de I'Institut ( Academie des sciences ) , membre titulaire de 1' Academic royale de medecine, etc., a Paris. \/^ Novembre ij-jS. M. le comte Maxime de Choiseul-Daillecourt #^ membre de I'Institut (Academie des Inscriptions et belles-lettres ) , ancien prelet du departement de la Cote-d'Or, a Paris. i3 Septemhre )8i5. M. Colin , professeur de chimie a I'Ecole royale militaire de Saint-Cyr , a. Saint-Cyr. 1 2 Avril 1 820. M. CosTE, de 1' Academie royale des sciences, belles- lettres et arts de Besancon, k Besancon. 26 Juillct 1809. S. S. le comte Daru (G. C. ^^), pair de France j de I'Ordre royal et militaire de I'Aigle-Blanc de Pologne j commandeur de I'Ordre de Saint-Henri de Saxe j mem- ( 389 ) fcre de rinstitut (Academic fian^alse), etc. , a Paris. 1 1 Avril 1 8o4« M. Humphry-Davy, president de la Societe royale de Londres, a Londres. 5 Aout 1824. M. Delcros ^ , capitaine de premiere classe au corps royal des ingenieurs geograplies, employe aux opera- tions de la carte de France, a Paris, ic) Novembre 1820. M. Desfontaines # , membre de I'lnstitut ( Academie des Sciences) , professeur de botanique an Jardin du Roi , a Paris. 3 Juillet 1798. M. le baron des Genettes (C. ^), medecin en chef desarmees, membre du conseil de sante au ministere de la guerre , a Paris. 1 4 Mars 1810. M. Desi'reSj conseiller honoraire de I'Unlversite royale, a Paris, rue de Crenelle , faubourg St.-Germain , no 25. 29 Decembre 1824. M. DE Frazans, conseiller a la Cour royale de Paris, 29 Novembre 1826. M. Fremiet-Monnier, a Bruxelles. ^Alai i8o5. M.GiBELiN, docteur en medecine, secretaire perpetuel de la Societe des Amis des sciences, des lettres, de I'agricul- ture et des arts d'Aix (Bouclies-du-Rli6ne), a Aix. 2 Novembre 1809. M. GuiLLAUME , juge au Tribunal de premiere instance de Besancon, secretaire-adjoint de I'Academie royale des sciences , belles-lettres et arts de la meme ville , a Besangon. 22 Mars 1820. M. Guillemot ^ , ancien ingenieur en cbef des Fonts et Chaussees du departement de Saone-et-Loire , a Paris. 3 Juillet 1798. M, I'abbe Hemmer , secretaire perpetuel de la Societe me- teorologique , etc. j a Manlieim. i3 Novemb. 1783* ( 39° ) M. HernajJdez, professeur a I'Ecole demedeclnenavale, a Toulon. /\ Janvier 1809. Sir Hehschel (J.-Fr.-W.)? de la Societc royale de Londres, de celles d'Ediniboiirg et de Goettingue, se- cretaire de la Societe astronomique de Londres , a LondreS' 7 Aout 1822. M. le chevalier Huzard ^, chevalier de I'Ordre de Saint- Michel , membre de I'lnstitut ( Academie des sciences) , inspecteur-general desEcoles royales veterinaires, etc. ^ a Paris. 22 Aoi/t 1798. M. Jacotot, professeur de litteratnre a I'Universite de Louvain, k Louvairi. 0.1 Aout 1798. M. KuHN , professeur d'anatomie a Leipsick. 26 Janv, 1792. M. Auguste DE Laeouisse, homme de lettres , a Castel- naudary. 26 Mai 1824. M. le chevalier Landriani, a Milan. 21 Juillet 1785. M. de Lasalette ^ , niarechal-de-canip d'artillerie , a Grenoble, i^r Alars 181 5. M. Legrand # (C.#), decorede divers ordresetrangers, marechal-de-camp du corps royal du genie, en retraite, a Vosne pres Nuits. 28 Novemhre 1804. M. le chevalier Lenoir ^, administrateur des monu- mens de I'eglise royale de Saint-Denis , de la Societe royale academique des sciences de Paris , a Paris. 2 Decenibre 1 8 j 8 . M. Lesueur ^, chevalier de I'Ordre de Saint-Michel , surlntendant de la musique de la chapelle du Roi , membre de I'Institut (Academie des beaux-arts), a Paris. 26 Juillet 1809. M. Malo (Charles ), homme de leltres, a Paris.18 1/«//. 1827. ( 391 ) M. Martin , docteur en medecine , ancien president de I'Academie de Lyon, a Paris. 19 Fevrier 1812. JM. Masson-Four , professeur a Tecole royale des Eaux et Forets , a Paris. 12 Avril 1809. M. Masuyer , professeur de cliimie medicaleala Faculte de medecine de Strasbourg. 20 Decembre \']'^^\. JVI. Mollevaut, menihre de I'Institut (Academic des inscriptions et belles-lettres), a Paris...., M. NoDiER (Charles) , bibliotliecaire du Roi , a I'arsenal a Paris. 27 Decemb. 1826. M. Parkes (Sam. ), membre de I'lnstitution royale de la Grande-Bretagne , des Societes linneenne et geolo- giqne de Londres, a Londres. "2./^ Juillet x^i^. IVJ. A.Pericaud, bibliotliec. de la ville de Lyon, membre de I'Acad. royale des sciences, belles-lettres et arts et du Cercle litteraire de Lyon , a Lyon, 4 Mai 1825. M. Persoon , naturaliste, a Paris. 3 Decemb. 1 823. M. Planche, pbarmacien, membre titulaire de I'Acade- mie royale de medecine , a Paris. 24 Fevrier 181 3. M. QuATREMiREDEQuiNCY(0. ^) , clicvalier dc I'Ordre de Saint-Micliel , membre de I'Institut ( Academic des inscriptions et belles-lettres et Academie des beaux- arts), secretaire perpetuel de celle des beaux-arts, a. Paris. 8 Jlout 1821. M. Radet, bonime de letlres, pensionnaire du Roi, a Paris. 18 Novembre 1802. M. le chevalier Riboud pere, (O. #), president hono- raire a la Cour royale de Lyon 5 correspondant de I'Ins- titut (Academie des inscriptions et belles-lettres) , se- cretaire perpetuel de la Societe d'emulation et d'agri- culture de I'Ain , etc. , a Bourg. 18 Janvier 1 781 . M. Rolle , bibliotliec. de la ville de Paris. 2 Mars iSaS. ( 392 ) M. Salgues ( J.-B. ) , homme de lettres, a Paris. 23 Jail. 1823. M. Samoiolowitz , docteur en medeclne, de la Society royale d'Edliubourg , etc., k Cherson. i5 Aoiit 1782. M. Seguier (O. ^), ancien prefet delaCote-d'Or, pre- fet dudepartementde l'Orne,a Alen^on. \iJuin 1822. M. SuREMAiN DE MissERY, ancicn officier au corps royal de I'artillerie , de la Societe royale academlque des sciences de Paris, etc., a Beaune. 23 Juillet 1789. M. le clievalier Tessier # , chevalier de TOrdre de Saint-Michel, membre de I'Institut (Academic des sciences ) , honoraire de I'Academie royale de medecine, etc., a Paris. 3 Juillet 1798. M. Thiebaut de Berneaud, soiis-bibliothecaire a la bi- bliotheque Mazarine, a Paris, i^ Janvier \^\ S . M. Travisini, ancien maitre de la chapelle de la cathe- drale de Dijon ^ maintenant a Milan. 14 Juin 1809. M. le clievalier Valentin t^, chevalier de I'Ordre de Saint-Michel , docteur en medecine , ancien professeur et medecin en chef des hopitaux fran^aisen Amerique, associe non residant de I'Academie royale de medecine, a Nancy. \^ Janvier \^o\. M. VanMons, professeur de chimie, a Bruxelles. 18 Janvier i8o4- M. Vaucher, ministre du Saint-Evangile et professeur de botanique, a Geneve. 6 Decemhre 1809. M. Vauquelin * , chevalier de I'Ordre de St. -Michel, membre de I'Institut ( Academie des sciences) , profes- seur-administrateur du Jardin du Roi , etc., a Paris. 2 Decemhre 1802. M. DE ViLLENEuvE (Francois), homme de lettres, a Nancy. 2 Mai 1827. (393) ASSOCIES CORRESPONDANS. M. AiKiN (Arthur), membre de la Soclete linneeniiej secretaire dela Societe pour I'encouragement des arts^ manufactures et commerce de Londres, kLondres, 18 Mai 1818. M. Arnaud I'aine, docteur en raedecine, au Puy. ler Avril 1818. M. Artaud , directeur du Musee, a Lyon. i3 Janviet 1808. M. Audibert-Caille , docteur en medeclne, a Barge- mont. 28 Juin 1809. M. Balme, docteur en medeclne, a Lyon. 4 -Aout 1819. M. Barrau, professeur de rhetorlque au college de Niort. \() Decemhre 1827. M. Baumes, professeur a la Faculte de medeclne de Montpellier. 23 Janvier 1783. M. Berriat-Saint-Prix , professeur a la Faculte- de droit de Paris. 1 er Mai 1811. M. Bouchareat, ancien professeur aux Ecoles milltaires et a I'Atlienee de Paris , membre de la Societe royale academique des sciences, etc., a Paris. 5 Juillet 1820. M- Brugnatelli , professeur d'liistoire naturelle, aPavie. 29 Novembre 1820. M. Brugnot , professeur d'humanites au college de Troyes. \'j Juillet \^ii. M. Beurard, ancien ingenieur des mines du Palatinat, etc., a Paris. \^ Novembre 1802. M. Cadet de Vaux, associe libre de la Societe royale et centrale d'agriculture , etc. , a Paris. 6 Janv. i8o3. (394) M, Champollion-Figeac , secretaire de la Societe des sciences et des arts de GrenoLle , a Grenoble. 3 Avril 1808. 3VJ. Chasle DE Latoxjche , de la Societe des sciences, arts et belles-lettres de Macon, a Belle-Isle-en-mer. 26 Alai 1824. M. Cheze, docteur en medecine , si Clialon-sur-Saone. 20 Aout 1823. M. CocHARD, avocat, membre de I'Academie de Lyon , a Lyon. 9 Janvier 1828. 3VI. CoiNDET, docteur en medecine, a Geneve. 1 8 Fev. 1818. M. Colby, esq. , membre de la Societe royale, capitaine royal des ingenieurs , a Edimbourg. \ 8 Mai 1818. M. CoLLYER , membre de la Societe philosophique , a Londres. 28 Jancier 1818. M. CoLsoN, chirurgien de I'Hotel-Dieu de Noyon. 23 Janvier 1828. M. CuRWEN, esq., membre du Parlement d'Angleterre, president de la Societe d'agriculture a Workington. 18 Nlai 1818. M. Deluc (J. -A. ), a Geneve. 24 Juin 1818. M. Desgranges, docteur en medecine, a Lyon. \8 Aout vJ79i. M. DisoRMES-DuPLESsis, manufacturier , a Verberie. i4 Juin 1800. BI.Devilly (L.) , membre deplusieursSocietes savantes, a Metz. "^S Janvier \8'2.i. M. DoDVTEL , a Londres. 1 4 Janvier 1818. M. DoNNET (Alexis), ingenieur geograplie, a Paris. 10 Aout 1825. IVI. DuHAMEL * , membre du Conseil general des mines, inspecteur-general, a Paris. 18 Novc/nbre 1802. ( 395 ) M.FERON,docteur en medecine,aParIs. 22 Mars 1816. M. GiNTRAC, docteur en medecine, a Bordeaux. \()Janv. 1825. 3VI. GouLET, arcliitecte , a Paris. iiJuillet i8o3. M. Gov, sculp teur, membredei'Institut, (CI. des beaux- arts). 21 Juillet i8o3. M.Gregory (Olintluis), membre de la Societe pliiloso- pliique de Londres , a Woolvlcli. "x^ Janvier 1812. M. Grognier, professeura I'Ecole royale d'economieru- rale -veterinaire de Lyon 5 secretaire de la Societe royale d'agriculture , liistoire naturelle et arts utiles de la nieme ville , a Lyon. 16 Mars 1821. M. Grunwald , chevalier du Lyon belgique , docteur en medecine, a Bellevaux, pres Bouillon. 12 Avril 1782. M.GuYETANT, docteur en medecine, a Lons-le-Saulnier. a3 Aout 1826. M. DE Haldat, docteur en medecine, professeur de cliiuiie , secretaire de 1' Academic des sciences , lettres et arts de Nancy , a Nancy. 23 Mai i8o4- M. Hazard-Mirauet, secretaire-general de I'Athenee des arts, etc. , a Paris. 27 Janvier 1819. M. Heguin de Gueree, professeur au college de Louis- le-Grand, a Paris. 27 Fevrier 1828. M. HuBAUD , de r Academic dc Marseille , a Marseille. 5 Juillet 1820. M. HurtfcEl d'Arboval , amateur de Part veterinaire , a Montreuil-sur-mer. \^'^ Mai 1816. JVI.Lair, conseiller de prefecture, secretaire perpetuel de PAcademic de Caen, a Caen. 19 Decembre iQo.j. M. Lamoureux (Justin) , sxibstitut du procureiir du Roi pres le Tribunal de premiere instance , a Nancy. 24 Aout 1808. ( 396 ) J^l. Lemaistre ^, anclen inspecleur-gcneral des poudres et salpetres, memtre de la Societe royale des anli- quaires de France, etc. , a la Fere. x^Novemb. 1802. M. Lepeintre, hoiiime de lettres, a Paris. 18 JuLllct 1827. M. Levy, professeur de matliematiques, a Rouen. j3 Avril 1825. M. JVIallet-Butini , liomnie, de lettres, si Geneve. \S Juillet ^'j<)0. M. Marchant, docteur en medecine, membrede I'Aca- demie royale des sciences , belles-lettres et arts de Besan^on. 4 Fevrier j8oo. M. Matthey , secretaire de la Societe de medecine , a Geneve. 23 Mars 1820. M. Montfalcon , docteur en medecine, a Lyon. 16 Avril 1823. M. MoREAu (Cesar), eleve vice-consul de France ea Angleterre, a Londres. 12 Novernbre 1817. M. MoREAU DE JoNNES ^, cori'espondant de I'Inslitut ( Academie des sciences) , etc. , aux Antilles, ou a Paris. 26 Novernbre 1817. ^ M. MoRELOT, docteur en medecine, correspondant de la Commission des antiquites departementales f'ormee dans le sein de I'Academie de Dijon, de la Societe royale des antiquaires de France , etc. , a Beaune. 3 Aout 1825. M. Nayille , docteur en medecine , au Bourgneuf. 20 Aout 1823. M. Opoix , inspccteur des eaux min^rales , a Provins. 9 Avril 1780. ]V1. Patris deBreuil, homme de lettres, juge de paix,a Troyes. 2.0 Avril i^2.5. (397) M. P^ROLLE, professeur d'anatomie, ^Toulouse, i^ Jiiillet 1793. M. Petit (Edoiiard ) , docteur en medeclne , a Corbell. 19 Aout 1818. M. Petitot, statuaire, a Paris. 1?) Decemb. 1802. M. Pettigrew , de la So